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    Vendredi 16 juillet 2010

     

     

    Dialogue des cultures : Pour que cesse le choc des civilisations

     

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    La conférence Internationale de Tunis consacrée au thème: “Les politiques de développement culturel, quelle dynamique des arts?” qui a démarré vendredi à Tunis et qui prend fin aujourd’hui a été marquée par la participation massive de scientifiques et d’hommes de culture tunisiens et étrangers qui ont débattu d’une multitude de sujets relatives à la diversité culturelle et à la place de la culture dans le développement.

     

    Comment promouvoir la diversité culturelle et faire des arts un levier de développement culturel dans un monde où la culture est reléguée souvent au second rang? A cette question et à bien d’autres, une palette d’intellectuels tunisiens et étrangers a tenté de répondre durant la première journée de cette conférence. Inaugurée par M. Ridha Methani, chef de Cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur qui a assuré la lecture de l’allocution du Pr. Lazhar Bououni, ministre de l’Enseignement Supérieur, cette conférence a été une occasion pour dresser une chronologie des politiques culturelles ayant abouti à la mise en place de la Déclaration universelle, puis à la convention internationale sur la diversité culturelle de l’UNESCO, en 2000. Rapportant les propos du ministre de l’Enseignement supérieur, Ridha Methani a noté que: “Le monde est de plus en plus tumultueux: les partisans de la thèse du choc des civilisations s’évertuent à trouver les illustrations et les confirmations dans les symboles, voire même dans le vécu des peuples”. Et d’ajouter: “d’autres, comme par réaction, répliquent par le rejet systématique de l’Autre et se replient sur les référents identitaires les plus fanatiques et sectaires”.
    Sans se réduire à ces faux clichés, les politiques de développement culturel et les arts dans leur dynamique ont aujourd’hui un rôle pionnier dans le rapprochement des cultures et les civilisations. C’est en tout cas l’idée commune qui revient comme un leitmotiv à travers les différentes interventions au cours de cette conférence. Dans son allocution, François de Bernard, professeur, président du groupe d’études et de recherches sur les mondialisations a précisé que les politiques de développement culturel impliquent une réflexion transdisciplinaire. “Elles impliquent le dialogue interculturel et la question de la dynamique des arts et leur contribution au dialogue”.

     

     

     

    Un défi pour la société du savoir

     


    Pour sa part, Mohamed Zinelabidine, directeur de l’Institut supérieur de Musique de Tunis, organisateur de cette manifestation, a explicité les différents mystères liés à la culture et aux politiques du développement. “Les sens de “culture” contradictoires et parfois antinomiques, sans cesse revisités, suscitent à présent un questionnement et facilitent son instrumentalisation”, a noté d’emblée le conférencier. Et d’ajouter: “La culture reste aussi le défi de la “Société du savoir”, acceptation réinventée du droit au civisme, édification du mérite, de la reconnaissance des talents, du plus être, du mieux être. On la conçoit comme vecteur d’avenir, selon les définitions”. Sans se limiter à ces différentes acceptions, cette différence internationale a été une occasion pour établir un forum de discussion entre les différents participants. Une dizaine d’interventions ont permis aux participants de débattre de plusieurs sujets relatifs à l’identification culturelle, à la diversité et au développement culturel.

    Ousmane WAGUE

     

     

     

    http://www.tunisia-today.com/archives/33659

     

     

     

     

     

    Bon à savoir !

     

     

     

    C'est Roger GARAUDY qui  a fondé à Genève, en 1974, L'Institut international pour le dialogue des civilisations

     

     

    http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/07/15/18451716.html


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    Jeudi 8 juillet 2010

     

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    Mosquée d'Iran

     

    Preuve que la tolérance n’est pas un vain mot pour les israéliens, un millionnaire israélien a décidé de construire une mosquée en France .

     

    L’homme d’affaire juif sioniste Robert Harush, qui a grandi à Ashkelon va dépenser une partie de sa fortune personnelle à la construction d’une mosquée à Montereau (77), une ville de banlieue parisienne. Son but: promouvoir la co-existence.

     

    Considéré comme un “ultra-sioniste” par ses voisins, cet homme a fait fortune dans le secteur immobilier européen . Il a décidé de payer une mosquée en France et la construction d’une extension pour cette dernière.

     

    «Je me suis dit voici une occasion de rassembler les gens et j’ai décidé de faire don de l’argent nécessaire », a déclaré Harush.

     

    «Les gens étaient abasourdis. Que vient faire un homme juif-sioniste et israélien dans la rénovation d’une mosquée? La réponse est simple: je suis malade et fatigué de la haine. Une voix saine doit émerger. » ajoute t-il.

     

    Harush a expliqué avoir accepter le financement de ce lieu de culte musulman afin de promouvoir la co-existence. « Ce n’est pas une entreprise à bas prix et j’y mets tout mon coeur. »

     

    Les dirigeants de la communauté musulmane de cette banlieue française en Seine et Marne ont remercié vivement Harush pour ce qu’il fait.

     

    En 2009 à Ashkelon, Harush avait financé une synagogue à la mémoire de son père et il travaille actuellement à mettre en place un mikvé (bain rituel juif) dans cette même ville.

     

    “Je ne suis moi-même pas une personne religieuse, mais je pense que, en l’absence d’hommes politiques respectables, c’est aux hommes d’affaires de rassembler juifs, arabes laïcs et religieux”.

     

    Ce millionnaire israélien, qui se dit sioniste, et construit des mosquées en France est la preuve que la tolérance n’est pas un vain mot pour les israéliens. Comme toujours, aucun média arabe n’a fait Echoc de cette nouvelle (1).Pour eux les sionistes sont forcément méchants.

     

    Aujourd’hui je peux dire que je suis sioniste.

     

    Ftouh Souhail, Tunis

    (1) Source : www.ynet.co.il/english/articles/0,7340,L-3907600,00.html

     

    http://www.juif.org/blogs/26191,un-milliardaire-juif-sioniste-israelien-paye-les-travaux-pour-une.php

     

     

     


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    Lundi 14 juin 2010
     

     

    La trahison des clercs
    Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy, deux propagandistes du « choc des civilisations »
      

    Jadis, la France se flattait de produire de grands intellectuels qui apportaient au monde de nouveaux éléments de réflexion. Aujourd’hui, elle est sous la coupe de prescripteurs d’opinions, qui se donnent la réplique pour mieux imposer un prêt-à-penser, donc pour empêcher toute pensée critique. Parmi eux, Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy, deux figures hautes en couleur qui s’efforcent de monopoliser la parole publique pour promouvoir sans contradicteur la politique de MM. Bush et Sharon. La présidence du festival de Cannes par une de leurs « bêtes noires », Emir Kusturica, devrait être l’occasion d’observer leurs méthodes et leurs relais.

     

    Le festival de Cannes sera-t-il le cadre d’un nouveau règlement de compte médiatique ? Et, si oui, en quoi cela peut-il bien intéresser une revue d’analyse politique internationale ?

    Le 11 mai, s’est ouvert à Cannes le festival international du film. Cette année, le jury sera présidé par le cinéaste bosniaque Emir Kusturica, double vainqueur de la compétition. Or, en France, ce réalisateur baroque a deux adversaires médiatiques de taille : Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy. Ces deux hommes sont connus aussi bien pour leurs prises de positions dans le champ culturel que dans le champ politique et peuvent s’appuyer sur leurs relais médiatiques pour diffuser largement leurs opinions. Or, leurs analyses reflètent de façon récurrentes les politiques du gouvernement Sharon, de l’administration Bush ou, au minimum, un appui aux problématiques du choc des civilisations.
    Il est fort probable que les deux hommes ne laisseront pas passer l’occasion de s’attaquer à leur vieil adversaire et il sera intéressant d’observer sur quels médias ils peuvent s’appuyer. En effet, ce sont ces mêmes médias qui, demain, véhiculeront leur soutien plus ou moins franc à une attaque contre l’Iran, la Syrie où tout autre adversaire désigné. En observant la polémique qui surgira probablement, il sera possible de faire une estimation de l’influence des deux analystes atlantistes et de l’écho de leurs thèses.

    Aux sources de la polémique : la guerre en Yougoslavie

    Le conflit entre Emir Kusturica, Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut a commencé lors de l’éclatement de la Yougoslavie. Les trois hommes ont développé des positions inconciliables entre elles.
    Alain Finkielkraut a pris, dès 1991, position en faveur des nationalistes croates et il sera le principal porte-parole des séparatistes en France [1]. Il rédigera en 1992 un livre intitulé Comment peut-on être croate ? où il fera l’apologie des petites nations qu’il présentera comme garantes de liberté face à des uniformités oppressives. Il se fera alors l’avocat des racines historiques des peuples et des divisions communautaires et religieuses : « Si je n’avais pas été juif moi-même, peut-être n’aurais-je pas mis autant d’ardeur et d’insistance à défendre la Croatie. Mais comme le dit admirablement Péguy dans "Notre jeunesse" : plus nous avons du passé derrière nous, plus justement il faut le défendre, le garder pur » [2]. Bernard Henri Lévy prendra pour sa part fait et cause pour l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine et se fera le porte parole du président musulman bosniaque Alija Izetbegovic [3]. Bien que son engagement soit légèrement plus tardif que celui de Finkielkraut, il aura une retentissement médiatique bien plus important. Sur la Bosnie-Herzégovine, il écrira un livre [4], réalisera un documentaire télévisée [5] et un documentaire pour le cinéma [6]. Il consacrera à la Bosnie-Herzégovine un grand nombre de ses éditoriaux du Point, mènera temporairement une liste « Sarajevo » aux élections européennes de 1994 en France et organisera des tournées en Europe pour Alija Izetbegovic. Contrairement à Alain Finkielkraut, il ne fera pas l’apologie des nationalismes, mais vantera dans la Bosnie d’Izetbegovic un idéal républicain, une « petite Yougoslavie » pluriethnique tandis que les Serbes seront présentés comme peuple coupable de tentative génocidaire.
    Si la base du raisonnement des deux hommes diffère, leur action politique dans ce domaine ira de pair. Les deux intellectuels appelleront à une levée de l’embargo sur les armes en direction des mouvements séparatistes, présenteront leurs adversaires comme des fascistes ou des « Munichois » et brocarderont la « serbophilie » des institutions françaises. Ils populariseront l’image manichéenne de Croates et Musulmans bosniaques démocrates face au fascisme serbe. Pour cela, ils n’hésiteront pas à blanchir les références fascistes du camp qu’ils ont choisi de défendre. Ainsi, Bernard Henri Lévy oubliera consciencieusement le passé pro-nazi et milicien de M. Izetbegovic durant la Seconde Guerre mondiale, tout comme il oubliera ses appels en faveur d’une Bosnie peuplée des seuls musulmans. Il le présentera par contre comme le « De Gaulle bosniaque » et, avec Massoud, comme un modèle de « l’islam modéré ». Alain Finkielkraut pour sa part prendra la défense de l’ancien archevêque croate, Mgr Stepinac [7], malgré ses positions pro-nazis et son soutien au régime oustachi d’Ante Pavelic [8].

    Emir Kusturica avait pour sa part une approche totalement différente de la question. Né à Sarajevo en 1954 dans une famille bosniaque « musulmane », mais agnostique et titiste (son père travaillait au ministère de l’Information de Bosnie Herzégovine), il s’est toujours considéré comme Yougoslave. Il a dénoncé les nationalistes croates et slovènes séparatistes qu’il n’a pas hésité à présenter comme les descendants idéologiques des collaborateurs nazis. En plusieurs occasion, il a sous-entendu une responsabilité des puissances étrangères dans l’éclatement de son pays. Ainsi, en 1992, il écrivit dans Le Monde : « Europe, l’affrontement des musulmans de Bosnie et des Serbes de Bosnie n’est pas authentique, il a été fabriqué, il est apparu sur les décombres des empires déchus laissant derrière eux les cendre. Il est entretenu par les mouvements nationalistes dépourvus de toute raison, c’est TON incendie, c’est à TOI de l’éteindre. » [9]
    Cette vision ne pouvait pas plaire aux deux intellectuels français et ce d’autant plus qu’elle émanait d’un artiste reconnu internationalement et avait donc un certain écho. De même, les positions des deux hommes avaient ulcéré le réalisateur qui les avait pris violemment à partie. Après plusieurs passes d’armes, la polémique éclata véritablement avec l’attribution d’une seconde Palme d’Or [10] au film Underground, hommage mortuaire baroque et onirique à la défunte Yougoslavie. Le réalisateur fait terminer son film par ces mots « C’est avec peine, avec tristesse et joie que nous nous souviendrons de notre pays, lorsque nous raconterons à nos enfants des histoires qui commencent comme tous les contes de fées : il était une fois un pays... ».

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    Alain Finkielkraut en compagnie de l’ambassadeur de Croatie en France

    C’est Alain Finkielkraut qui réagira le premier à cette Palme d’Or dans Le Monde en accusant le jury du Festival d’avoir récompensé un propagandiste nationaliste pan-serbe [11]. Kusturica lui répondit bien plus tard, le 26 octobre 1995, dans le même quotidien pour parodier les excès du philosophe [12]. Peu après, Finkielkraut contre-attaquait, dans Libération cette fois. Obligé d’admettre qu’il n’avait pas vu le film avant d’en faire la critique dans Le Monde, il tentait de se justifier par une nécessité d’urgence : « Le collabo a ainsi empoché la palme du martyr : cette mystification insultante et stupide exigeait d’être dénoncée séance tenante. Ce que j’ai fait. » [13]. Ce que l’opinion retint de cette passe d’arme, c’était que Finkielkraut avait critiqué un film qu’il n’avait pas vu. Un film satirique fut même tourné en se fondant sur cette anecdote peu valorisante comme point de départ [14].
    Cet échange fit passer au second plan l’affrontement BHL-Kusturica. Plus subtil, Bernard Henri Lévy insista régulièrement dans ses Bloc-Notes sur le fait qu’il ne jugerait le film qu’après l’avoir vu tout en présentant régulièrement le réalisateur bosniaque comme un auteur fasciste [15]. Cette appréciation ne se démentit pas une fois le film visionné puisque alors il se mit à comparer Kusturica à Céline : un génie raciste [16].

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    Emir Kusturica

    Blessé par cette polémique, Emir Kusturica prétendra vouloir arrêter le cinéma, mais il reviendra trois ans plus tard à la réalisation avec Chat Noir, Chat blanc. Son retour sera marqué par une nouvelle attaque contre Bernard Henri Lévy puisqu’il affirmera que c’est après avoir vu le film Le Jour et la nuit, réalisé par son adversaire, qu’il s’était décidé à revenir au cinéma, ne pouvant pas laisser cet art à de tels incapables.

    Les rancœurs passées risquent fort de se réveiller à l’occasion de l’actuel festival de Cannes. Reste à savoir, si c’est le cas, quels réseaux médiatiques seront mobilisés.

    Les réseaux médiatiques

    Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut existent principalement grâce à leur capacité à se faire entendre dans les médias. Bien que philosophes de formation et se présentant comme tels, ni l’un ni l’autre ne sont étudiés dans les universités ou n’ont conçu des concepts philosophiques qui leur survivront. Leur légitimité vient de leur omniprésence médiatique et de leur capacité à mobiliser les médias autour de chacune de leurs prises de position, quel que soit le sujet.

    Toutefois, les réseaux médiatiques des deux hommes sont changeants et évoluent avec le temps. Il est difficile de savoir où chacun en est dans ses relations avec tel organe de presse, tel éditorialiste ou tel patron de groupe de presse.

    Les réseaux de Bernard Henri Lévy ont fait l’objet de plusieurs ouvrages récents qui ont permis de recenser ses amitiés et ses liens dans la presse. Parmi les livres sortis sur « le plus grand intellectuel français », c’est l’ouvrage de Jade Lindgaard et Xavier de La Porte, le B.A. BA du BHL [17], qui fournit les meilleurs informations sur ce point. Les auteurs analysent ce qui représente pour eux une illustration parfaite du bon usage des réseaux : l’écho fait autour de la sortie du film de BHL, Le jour et la nuit [18].

    Avant même sa sortie, le film donnera lieu à quantité d’articles et fera même la une de Paris Match [19], du Figaro Magazine [20], du Point [21] et de L’Évènement du Jeudi [22]. Jade Lindgaard et Xavier de La Porte notent qu’à l’époque BHL est lié à Roger Théron patron de Paris Match qu’il a défendu dans l’affaire des photos de Mitterrand sur son lit de mort et il est ami de Jean-Luc Lagardère (dont il prononcera l’éloge funèbre) qui possède alors en partie Paris Match. Les auteurs prétendent que les dirigeants de L’Évènement du jeudi auraient pu décider de donner un grand retentissement à la sortie du film afin de séduire le même Lagardère alors qu’ils espéraient une recapitalisation de leur hebdomadaire. Le journal fera sa « une » sur le film, présentera un carnet de tournage, une interview du réalisateur, une autre de Maurice Jarre, auteur de la Bande originale, et publiera un « Pour/Contre ».

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    Bernard Henri Levy
    réalisateur

    La partie « Pour » est assuré par Yann Moix, auteur Grasset (où M. Lévy est éditeur depuis 1973) qui fera par la suite part de ses carnet de tournage du film Podium dans la Revue la règle du jeu de BHL. En ce qui concerne Le Point, Lévy y est éditorialiste, il a co-scénarisé le film avec Jean-Paul Enthoven (conseiller à la direction de la rédaction de l’hebdomadaire) et le critique de cinéma du journal, Pierre Billard, a rédigé le dossier de presse du film.
    Ces « unes » s’accompagneront des carnets de voyage de Françoise Giroud dans Le Nouvel Observateur [23], du producteur Daniel Toscan du Plantier dans le Figaro Magazine [24], de l’animateur de Canal + Karl Zéro [25] dans le Journal du dimanche [26]. Quant à Bernard-Henri Lévy lui même il en publiera deux, dans L’Express [27] et dans Télé 7 jours. Ces deux journaux appartiennent au groupe Hachette de Jean-Luc Lagardère, lui même propriétaire des Éditions Grasset. À la télévision, le pilonnage fut également important [28]. La FNAC du milliardaire François Pinault, dont il est l’ami, sera co-producteur du film et fera une opération promotionnelle d’ordinaire réservée aux grands concerts sur les ventes de billets.
    Quand, à la sortie du film, les critiques seront, à l’instar du long métrage, très mauvaises, certains de ces amis parleront alors de « cabale » contre le réalisateur.

    Cette étude montre l’étendue des moyens déployables par Bernard Henri Lévy grâce à ses amitiés personnelles dans les milieux médiatiques ou politiques [29], à ses échanges de bons procédés (Le « Bloc Note » du Point est l’occasion de vanter ou d’attaquer le travail d’autres auteurs ou de journalistes) ou à sa position personnelle (Son poste d’éditeur chez Grasset qui lui permet d’éditer ou non certains journalistes ou écrivains [30], il est également membre du conseil de surveillance de la chaîne franco-allemande Arte). Toutefois, ces relations peuvent fluctuer. Néanmoins, on compte ces dernières années un certain nombre de journaux fidèles. Le Point, propriété de François Pinault, est le premier d’entre eux. Il a des liens historiques avec Grasset, BHL y écrit et depuis 1998. Le Monde est également un soutien de longue date, surtout depuis la reprise en main de 1994 par l’équipe Colombani-Plenel-Minc. L’auteur signera treize interventions entre 1998 et 2000 et, compte tenu de la place du quotidien auprès des élites française, il jouera un rôle essentiel dans le processus de re-légitimation de l’intellectuel après l’échec du Jour et la Nuit. Par ailleurs, Jean-Marie Colombani, animant l’émission La rumeur du Monde sur France Culture, et l’ancien directeur délégué, Edwy Plenel, Le Monde des idées sur la chaîne LCI, la proximité avec ce journal permet de disposer d’un grand écho auprès de l’intelligentsia. Bernard Henri Lévy profitera pleinement de ce dispositif lors de la sortie de son livre Qui a tué Daniel Pearl ? [31].

    Les réseaux d’Alain Finkielkraut, moins importants, n’ont pas suscités d’études récentes. Notons qu’il a fréquenté la Fondation Saint-Simon [32] et qu’il dispose d’une émission hebdomadaire sur France Culture, Répliques.
    Entre 1987 et 2003, Alain Finkielkraut a signé, souvent seul et parfois avec d’autres auteurs, 81 articles dans la presse nationale française [33]. Toutefois, aujourd’hui, il semble privilégier l’outil audio-visuel. Il n’a plus signé une seule tribune seul dans la presse depuis 2003, mais il est devenu un habitué des plateaux de télévision [34].

    Ces réseaux servent régulièrement aux deux hommes à valider les orientations et les politiques d’Israël et de Washington. Les deux auteurs participent donc à la diffusion des problématiques sionistes et atlantistes dans l’opinion publique française.

    Diffuser l’atlantisme

    Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut n’ont pas travaillé ensemble ailleurs que dans le création de l’Institut d’études lévinassiennes de Jérusalem, mais leurs interventions ou leur travaux concordent bien souvent.
    Les deux auteurs se sont tous deux illustrés dans la défense de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Il s’agit d’un thème récurrent chez Alain Finkielkraut qui a toujours légitimé les actions de Tsahal contre les populations palestiniennes [35]. Comme souvent, Bernard Henri Lévy s’est montré bien plus subtil que son collègue, mais l’optique défendue est à peu près la même. Il est parvenu à s’immiscer dans les célébrations qui ont entouré la signature de l’Initiative de Genève entre Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo pour en donner la lecture la plus favorable possible à Israël, prétendant que les Palestiniens avaient formellement reconnu leur renoncement au droit au retour alors que cette question est exposé de façon complexe et ménageant tout le monde sur huit pages dans l’accord signé.
    Concernant la guerre d’Irak, Alain Finkielkraut s’est prononcé fortement en faveur de cette guerre, brocardant « l’impuissance européenne » face au « dictateur Saddam Hussein ». Bernard Henri Lévy eut, là encore, une position plus ambiguë, se contredisant de Bloc-Note en Bloc-Note sur son soutien ou non au conflit pour finir par se déclarer opposé à cette guerre pour des raisons tactiques tout en minimisant le crime qu’elle représentait. Le 16 août 2002, Bernard Henri Lévy ne faisait pas dans la nuance : «  Attaquer Saddam Hussein ? Oui, bien sûr. Ce n’est pas ici que l’on défendra ce massacreur de Kurdes et de chiites, ce terroriste, ce mégalomane suicidaire, ce fou, ce Néron actionniste dont, en 1998 déjà, Massoud me confiait qu’il était en possession d’armes chimiques et bactériologiques massives auxquelles il ne manquait que des vecteurs fiables. Reste que cette attaque sera une tragique erreur si elle n’est précédée par deux opérations décisives. Une opération diplomatique, d’abord, assurant les États-Unis, comme avant la guerre du Golfe, de la neutralité, voire du soutien logistique et tactique, d’un ou plusieurs États arabes modérés. Une action proprement politique ensuite, renforçant, comme en Afghanistan, les opposants intérieurs à Saddam, la relève possible, l’alternative, bref l’équivalent irakien de cette Alliance du Nord sans qui l’ordre taliban régnerait toujours sur Kaboul. » [36]. Aucun mot n’était trop fort pour dénoncer l’Irak. Pourtant, cet appel à la guerre avait disparu deux mois plus tard : «  Je maintiens que l’Irak est un leurre. Je maintiens qu’en faisant la guerre à l’Irak l’Amérique se tromperait de cible. » [37], affirmer « je maintiens » dans ces conditions ne manque pas de piquant. Par la suite, l’auteur désigna la Guerre d’Irak comme une guerre « moralement juste », mais étant une « erreur politique » [38] et sa principale inquiétude sera la montée de l’antiaméricanisme que suscite cette guerre [39].
    En ce qui concerne les futurs aventures coloniales de l’administration Bush, notons qu’Alain Finkielkraut est membre du comité de soutien aux étudiants iraniens [40] et qu’il est signataire, avec Bernard Henri Lévy, d’un appel en faveur de la « Révolution du Cèdre » au Liban [41]. Les deux hommes avaient, auparavant, défendu la « révolution » orange en Ukraine

    Cependant les deux auteurs s’illustrent surtout dans la vulgarisation du « Choc des civilisations » pour la société française.
    Dans son livre Qui a tué Daniel Pearl ?, « romanquête » mêlant pseudo-enquête de terrain, commentaires « philosophiques » personnels et invention littéraire (il n’hésite pas à expliquer ce qui est passé par la tête de Daniel Pearl avant sa décapitation, faisant ainsi parler un mort), Bernard Henri Lévy livre une lecture essentialiste de l’islam. Il oppose un islam moderne et occidentalisé à un islam fondamentaliste menaçant, accréditant ainsi la thèse de la conspiration islamiste mondiale. Il affirme dans cette « enquête » que le journaliste du Wall Street Journal Daniel Pearl, assassiné en 2002 à Karachi, a été tué par les services secrets pakistanais car il aurait enquêté sur les liens entre l’ISI et Al Qaïda et une possible vente d’armes nucléaires du Pakistan à l’organisation de Ben Laden. Cette version des faits a été démentie par la rédaction du journal de Daniel Pearl et par le père du journaliste. En outre, bien des éléments factuels de l’enquête apparaissent au mieux comme douteux à la lecture de la contre-enquête que fit William Dalrymple dans la New York Review of Book [42]. Cela n’empêcha pas l’immense majorité de la presse française de rendre hommage à l’ouvrage et de le présenter comme une œuvre incontournable.
    Ce livre n’est pas une œuvre isolée, tout au long d’articles et d’éditoriaux, BHL s’efforce de présenter une opinion arabe regroupant des fanatiques et qu’il convient de vaincre militairement [43]. Plus grave encore, ce point de vue fut développé dans un rapport officiel commandé par le président de la République française Jacques Chirac et le Premier ministre de l’époque Lionel Jospin à l’intellectuel médiatique en février 2002. Selon un membre anonyme du cabinet d’Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères à l’époque, cité par Jade Lindgaard et Xavier de la Porte [44], ce rapport avait été demandé à l’auteur pour qu’il cesse de fustiger l’action de la France en Afghanistan. L’ex-membre du Quai d’Orsay confiait aux auteurs : « Il faut être en lien avec ce petit monde qui a un pouvoir de nuisance et d’agitation. Il faut faire attention, parce qu’il y a un penchant naturel de la presse pour ces discours. On est obligé de composer avec eux ». Ainsi, grâce à ses réseaux, M. Lévy se voyait confier la rédaction d’un document officiel et voyait conférer une légitimité supplémentaire à ses opinions.
    Par la suite, il s’illustrera dans les attaques contre l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Ce dernier sera taxé d’antisémitisme, de double langage voire de liens avec le financement d’Al Qaïda [45].

    De son côté, Alain Finkielkraut a été consulté par la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale lors de la table ronde sur la laïcité à l’école, organisée le 22 mai 2003. Partisan résolu de l’interdiction du voile dans les écoles, il prendra régulièrement position contre les Français d’origine arabe en France. Il déclarera ainsi que la France n’a pas participé à la Guerre d’Irak de l’administration Bush pour calmer cette frange de la population. Ce sont ces mêmes Français d’origine arabe qui se verront présenté comme la cause d’un « nouvel antisémitisme » [46] en France [47] voire d’un « racisme anti-blanc » [48], une expression autrefois réservé au seul Front national.

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    Bernard Henri Levy

    Illustration parfaite de cette optique défendue par les deux auteurs, l’hebdomadaire Le Point dans son dernier numéro (12 mai 2005) propose dans ses pages un débat dans lequel Alain Finkielkraut dénonce à nouveau le « nouvel antisémitisme » et le « racisme anti-blanc » des populations arabes françaises tandis que Bernard Henri Lévy dans son Bloc-Note dénonce la collusion du Pakistan et d’Al Qaïda [49].

    Faites vos jeux

    Dans la probable future cabale contre Emir Kusturica, nous ne savons pas qui dira quoi et quels seront les médias utilisés. Les jeux d’alliance du monde médiatique et culturel parisien sont par trop changeants pour se livrer à des pronostics. Toutefois, pour le citoyen, l’observation de ces alliances offre de précieux renseignements sur les prochaines campagnes médiatiques qui influenceront sans aucun doute bien plus sa vie qu’une querelle mondaine. C’est l’intérêt de l’observation de l’affrontement à venir.

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     Cédric Housez

    Spécialiste français en communication politique, rédacteur en chef de la rubrique « Tribunes et décryptages ».


    Les articles de cet auteur

     


     

    [1] Sur 30 articles recensés par l’ambassade de Croatie sur le soutien des intellectuels français à l’indépendance croate, Alain Finkielkraut est signataire ou co-signataire de 12.

    [2] Alain Finkielkraut, Comment peut-on être croate ? Gallimard, Paris, 1992. P. 51-52

    [3] M. Itzetbegovic, qui avait soutenu le reich nazi durant sa jeunesse, était curieusement devenu la coqueluche des israéliens. Il s’entoura alors de Richard Perle.

    [4] Le Lys et la cendre, journal d’un écrivain en temps de guerre en Bosnie, Grasset, 1996

    [5] Un jour dans la mort de Sarajevo, 1992

    [6] Bosna !, 1994

    [7] « Mgr Stepinac et les deux douleurs de l’Europe », Le Monde, 7 octobre 1998

    [8] « Jean-Paul II béatifiera prochainement le criminel contre l’humanité, Alojzije Stepinac », Note d’information du Réseau Voltaire, juin 1998

    [9] « Europe, ma ville flambe ! », Le Monde, 24 avril 1992.

    [10] Il a obtenu la première en 1985 pour le film Papa est en voyage d’affaire

    [11] « Ce que Kusturica a mis en musique et en images, c’est le discours même que tiennent les assassins pour convaincre et pour se convaincre qu’ils sont en état de légitime défense car ils ont affaire à un ennemi tout-puissant. Ce cinéaste dit de la démesure a donc capitalisé la souffrance de Sarajevo alors qu’il reprend intégralement à son compte l’argumentaire stéréotypé de ses affameurs et de ses assiégeants. Il a symbolisé la Bosnie suppliciée alors qu’il refuse de se dire Bosniaque et qu’il entre dans une sainte colère quand on ose traiter Slobodan Milosevic de fasciste ou les Serbes d’agresseurs.
    En récompensant Undergroud, le jury de Cannes a cru distinguer un créateur à l’imagination foisonnante. En fait, il a honoré un illustrateur servile et tape-à-l’oeil de clichés criminels ; il a porté aux nues la version rock, postmoderne, décoiffante, branchée, américanisée, et tournée à Belgrade, de la propagande serbe la plus radoteuse et la plus mensongère. Le diable lui-même n’aurait pu concevoir un aussi cruel outrage à la Bosnie, ni un épilogue aussi grotesque à la frivolité et à l’incompétence occidentales.
     » ; Alain Finkielkraut, « L’imposture Kusturica », Le Monde, 02 juin 1995

    [12] « Mon imposture », Le Monde, 26 octobre 1995

    [13] « La propagande onirique d’Émir Kusturica », Libération, 30 octobre 1995

    [14] « Rien sur Robert », de Pascal Bonitzer, 1999 avec Patrice Luchini, Sandrine Kiberlain et Michel Piccoli

    [15] Le Point, Bloc Note du 10 juin 1995 et du 21 octobre 1995.

    [16] Le Point, Bloc Note du 4 novembre 1995.

    [17] Édition La Découverte, 2004

    [18] « Le cas d’école du film de BHL, le jour et la nuit », op. cité, p. 92.

    [19] 30 janvier-5 février 1997

    [20] 1er-7 février 1997

    [21] 1er-7 février 1997

    [22] 13-19 février 1997

    [23] 20 juin 1996

    [24] 1er février 1996

    [25] Par ailleurs acteur dans le film

    [26] 15 février 1996

    [27] 13 février 1996

    [28] Alain Delon (acteur principal du film) est le 2 février 1996 à l’émission 7/7 de TF1. Le 9 février, Bernard-Henri Lévy est l’invité du 19/20 de France 3. Quelques minutes plus tard, Arielle Dombasle (actrice principale du film et compagne du réalisateur) est sur France 2 dans Déjà le retour. Le mardi 11, Bernard-Henri Lévy est l’invité de Nulle part ailleurs sur Canal +. Le même soir, Arielle Dombasle participe sur France 2 au Cercle de minuit. Le lendemain matin, Bernard-Henri Lévy est, sur France Inter avant d’être, quelques jours plus tard à nouveau sur France 3 dans l’émission Ligne de mire.

    [29] La constitution de réseaux peut commencer tôt. Dès ses études préparatoires au concours de l’École Normale Supérieure à Louis-le-Grand, il a pour camarade de classe Alexandre Adler (chroniqueur à France Culture et au Figaro), Olivier Cohen (directeur d’édition au Seuil), Roger-Pol Droit (journaliste au monde), Jean-Marie Guéhenno (secrétaire général adjoint des Nations Unies). À la même époque, il rencontre Alain Minc qui est en Math’ sup dans le même établissement.

    [30] Parmi les auteurs publiés, on compte Nicolas Sarkozy qui a publié une biographie de George Mandel dans la prestigieuse maison

    [31] Bernard-Henri Lévy faisait la une du Monde des livres le 25 avril 2004, puis était l’invité le lendemain de La rumeur du Monde à 12 h 45 sur France Culture et du Monde des idées à 17 h 10 sur LCI

    [32] cf. La face cachée de la Fondation Saint-Simon, par Denis Boneau, Voltaire, 10 février 2004

    [33] Ce décompte a été fait par Mathias Reymond, « Les prédications d’Alain Finkielkraut (2) : « Mes opinions sur papier journal » », Acrimed, 12 janvier 2005. L’article recense 61 articles dans Le Monde, 11 dans Libération, 5 dans Le Figaro, 2 dans Le Point, un dans La Croix et un dans L’Express.

    [34] Il est invité régulier de Serge Moati, pour l’émission Ripostes (2 novembre 2003, 30 mai 2004, 7 novembre 2004 et 19 décembre 2004), de Guillaume Durand pour l’émission Campus (12 octobre 2003 et 14 octobre 2004), de Franz-Olivier Giesbert dans Cultures et dépendances (13 mars 2002, 10 septembre 2003, 10 décembre 2003, 4 mai 2005). Source Acrimed, article cité, réactualisé par nous

    [35] « Israël n’avait pas d’autre choix que de tenter de juguler lui-même le terrorisme. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de solution militaire qu’une réaction militaire est frappée d’illégitimité. [...] On ne peut à la fois terrifier les gens et leur demander d’obéir scrupuleusement aux conventions de Genève » La Croix, (17 avril 2002)

    [36] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 16 août 2002

    [37] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 25 octobre 2002 (il ne s’agit pas d’une citation hors contexte, ceux qui connaissent le style décousu des Bloc-Note de BHL dans Le Point savent qu’il lui arrive de mettre une idée de ce type entre deux pensées sur d’autres sujets n’ayant rien à voir. Le passage que nous citons, ne s’appuie sur aucun autre raisonnement, contrairement à sa justification de la guerre en août).

    [38] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 14 février 2003

    [39] « Chirac et Villepin auront-ils le courage de désavouer l’antiaméricanisme qui déferle ?, Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 18 avril 2003

    [40] Les bonnes raisons d’intervenir en Iran, Voltaire, 12 février 2004

    [41] « Vive la Révolution du Cèdre », Le Figaro, 14 mars 2005, traité dans Tribunes Libres Internationales, Voltaire, 15 mars 2005

    [42] « Murder in Karachi », 4 décembre 2003. Ce texte a été traduit en Français par le Monde diplomatique dans le cadre d’un dossier contestant les thèses de l’auteur : « « Romanquête » ou mauvaise enquête », dossier réalisé sous la direction de Serge Halimi, 11 décembre 2003.

    [43] « Les talibans n’ont pas été seulement vaincus. Ils l’ont été sans combattre. Ils l’ont été piteusement, sans même un baroud d’honneur. Et l’image de ces combattants défaits, que, de Damas à Tunis, la rue arabe avait auréolés de tous les prestiges, l’image de ces Saladins qui étaient censés mettre l’Amérique à genoux et qui, au premier coup de feu, ont détalé comme des poulets, n’a pu que stupéfier ceux qui se reconnaissaient en eux. », tiré de Ce que nous avons appris depuis le 11 septembre, par Bernard-Henri Lévy, Le Monde, 21 décembre 2001.

    [44] Le B.A. BA du BHL, op. cité, p. 119

    [45] « L’autre visage de Tariq Ramadan », Le Monde, 1er novembre 2003. Traité dans Tribunes Libres Internationales n°223, 3 novembre 2003.

    [46] cf. « Daniel Pipes, expert de la haine », Voltaire, 5 mai 2004

    [47] « Ce ne sont pas seulement des voyous déstructurés qui transposent le conflit du Moyen-Orient en France : l’élite est, une nouvelle fois, au diapason de la racaille. », Alain Finkielkraut, L’Arche, mai-juin 2002

    [48] C’est la thèse qu’il soutenait face à Tariq Ramadan dans l’émission de télévision Culture et dépendance sur France 3 le 4 mai 2005.

    [49] Chose rare, cet éditorial a été repris le lendemain par le Los Angeles Times : « Pakistan’s Chips in a Shady Game », Los Angeles Times, 13 mai 2005.

     

     

    http://www.voltairenet.org/article17043.html#article17043


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    Jeudi 13 mai 2010

    islamistes-jpeg.jpg 

    Avancer sur deux fronts: 

    Contre l'islamophobie raciste

    et contre l'islam radical
    ,

    par Christian DELARUE

     

    NB Eva: J'ai toujours dénoncé les fondamentalismes religieux,

    les extrémismes, les fanatismes, les intégrismes, les sectarismes,

    les communautarisms - et le racisme haineux, intolérant.

    Les Musulmans ne posent aucun problème à la République,

    comme les citoyens juifs, ils sont parfaitement intégrés.

    Seule une frange, radicale, soulève des questions,

    et cette frange, malheureusement, est stigmatisée, instrumentalisée,

    pour, justement, nous préparer au choc de civilisations intolérable.

       

    Eric Besson le Ministe avance contre burqa et imam mais ne donne guère de gage pour empêcher une dèrive islamophobe. A l'inverse la gauche soucieuse à raison de la montée de l'islamophobie en France et en Europe se tait sur l'islam radical qui sert d'appui à la droite raciste. Il faut rompre le cercle vicieux de ces ignorances.  

     

    1) Eric Besson, ministre, veut contrôler les imams contre l'islam radical

    La montée inquiétante des actes d'agression contre des musulmans ou contre l'islam sur les mosquées incite à renforcer la vigilance contre le racisme anti-musulman. Les musulmans en Europe ne sauraient être inquiété du fait de leur croyance religieuse pas plus d'ailleurs que les autres religions. A ce propos on ne saurait confondre l'Islam radical avec les pratiques courantes de l'islam.

    Le dire ne suffit pas à effacer les craintes puisque des textes tel que celui de Robert Redeker ou des clips tel celui de Geert Wilder laissent entendre pour le premier que tous les musulmans croient en une religion violente et sexiste et pour le second que des hordes de musulmans guerriers envahissent l'Europe. Le premier confond les pratiques réelles des croyants avec les passages à critiquer qu'il a pu trouver dans le Coran à l'instar de Michel Onfray et le second confond l'immense majorité des musulmans ordinaires avec l'activisme de l'islam de conquête. Ces propos sont aujourd'hui rediffusés par Riposte laïque.

    Comme faire ? Du fait de l'existence certaine de l'islam radical, Monsieur Eric Besson a déclaré récemment vouloir favoriser la formation des imams en France (1). On peut voir là une évolution "à la Turque" de la laicité française.  La turquie qui a puisé dans le modèle français de laicité a du l'adapter pour tenir compte de l'isalm comme religion dominante. Cette adaptation a consisté à laïciser l'islam. Il semble qu'Eric Besson penche vers une politique active à l'égard de l'islam plutôt que vers une politique strictement séparative qui laisse l'islam radical libre d'agir en France.

    2) Pour sortir de la configuration "Redeker 2006", il importe de lutter contre l'islamophobie.


    On ne saurait défendre l'islamophobie pour s'en prendre à l'islam radical. Cette voie est une grave erreur. Il importe d'être ferme contre l'islamophobie et contre l'islam radical, contre l'un et l'autre.


    Retour sur la configuration de l'automne 2006. Robert Redeker a publié le 22 septembre 2006 dans le Figaro un article intitulé "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? (2)

    Son texte s'en prend sans nuance à l'islam et retourne ensuite la charge contre tous les musulmans. C'est ce transfert de la critique grossière mais libre contre tout un ensemble de croyants qui a permis au MRAP de caractériser ce texte de raciste. Il ne s'agit plus d'une simple critique de l'islam, ni même d'une islamophobie sans conséquence mais d'une islamophobie raciste . C'est ce que j'ai souligné alors dans mon rapport fait au BE puis au CA du MRAP. On peut remarquer que Geert Wilder a usé dans un clip - Fitna - du même procédé. Il met d'abord en scène le discours haineux, porteur d'un islamofascisme pour le rapporter ensuite en fin de clip, de façon raciste, à l'ensemble des musulmans entrant en Europe. Le procèdé de construction de l'islamophobie raciste est identique derrière deux discours différents.

    Le texte de Robert Redeker a évidemment suscité la riposte des islamistes radicaux qui ont lancé des menaces de mort contre Redeker. Il fallait évidemment s'attendre à ce genre de chose. Cette réplique favorise un affrontement entre les extrêmes ceux de la liberté d'expression absolue contre les intégristes islamistes. On se trouve en présence d'une sorte de guerre entre le camp des racistes anti-musulmans soutenant un provocateur sans nuance et raciste qui déshonore la pensée des Lumières qu'il dit défendre et le camp islamo-faciste de tous les mollahs réactionnaires du monde musulman. Entre les deux camps  la raison majoritaire croyante ou non est doublement critique puisqu'elle critique le racisme anti-musulman et elle critique l'islam radical mais elle a bien de la peine à faire entre sa parole .
    La logique campiste issue du "choc des civilisations" de Samuel Huttington sert de matrice simplificatrice pour la pensée facile et réactionnaire.

    Christian Delarue

    1) Eric Besson annonce de futures formations d'imam à l'université

     

    http:// www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/11/eric-besson-annonce-de-futures-formations-d-imam-a-l-universite_1349990_3224.html

    2) Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?

    http:// www.20minutes.fr/article/111437/Toulouse-Le-texte-de-Robert-Redeker-qui-fait-polemique.php

    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12801

    http://blogdekrisdlr.over-blog.com/article-avancer-sur-deux-fronts-contre-l-islamophobie-raciste-et-contre-l-islam-radical-50352407.html  

     

    islamophobie--banderole-j.jpg

     

    Rappel : Après l'étoile jaune, l'étoile verte ? 

    Par eva R-sistons à l'intolérable
       

      

     

    http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/post/7882784/apres-letoile-jaune-letoile-verte-  


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    Lundi 3 mai 2010

    "En Iran, nos synagogues ne sont pas gardées, elles sont en sécurité."  


     

     
    ciamak.jpgCiamak Morsadegh est le député représentant la minorité juive au Parlement iranien. Il vient d'effectuer une visite en France, où il a participé à un colloque sur les minorités religieuses dans la République islamique.
     

     
     
    Le Figaro : quel est le sens de votre visite en France ?
     
    Ciamak Morsadegh : A titre privé, j’ai rencontré des membres de la communauté juive française pour leur dire que la perception donnée par les médias des minorités religieuses en Iran est erronée. L’Iran a la plus large communauté juive du Moyen-Orient après Israël, avec entre 25 et 30 000 membres. Nous sommes politiquement et socialement intégrés. Nous n’avons pas de problèmes avec les musulmans. Il y a vingt ans, il y avait 35-40000 juifs en Iran. Après la révolution, certains ont émigré surtout aux Etats-Unis, moins de 1% sont allés en Israël. Savez-vous que nous avons l’un des taux d’assimilation et de mariages mixtes les plus faibles des communautés juives à travers le monde, à peine 2%. Nos jeunes n’ont pas de problèmes pour se marier. Nos synagogues ne sont pas gardées, elles sont en sécurité.
     

     
     
    Vous vous considérez d’abord comme juif ou comme Iranien ?Ce sont deux questions différentes. Je suis Iranien de nationalité, mais religieusement, je suis juif. Je prie en hébreu, mais je pense et parle en farsi. Comme près de 90% des juifs iraniens, je respecte le shabbat, je suis observant.
     

     
     
    Quand le président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, met en doute la réalité de l’holocauste ou déclare qu’il veut rayer Israël de la carte, ne vous sentez-vous pas offensé par de telles attaques négationnistes ?
     
    Le président Ahmadinejad a dit qu’Israël, par sa politique agressive, serait tôt ou tard rayé de la carte. Quant à l’Holocauste, c’est une réalité historique que personne ne peut nier. Je sens cette blessure en moi. Des millions de juifs ont été massacrés. Personne ne peut dire le contraire. Mais qui sont les coupables ? Des Européens, et même des Français qui ont collaboré avec les Allemands. En tant que juif, je me sens vraiment attaché au souvenir de l’holocauste. Mais j’ai aussi le devoir d’empêcher que les droits de l’homme soient bafoués ici ou là. La victime ne peut s’arroger le droit de faire ce qu’elle veut, sous prétexte qu’elle a été victime. C’est pourquoi Israël doit cesser d’occuper la terre des Palestiniens. C’est mon devoir de défendre les Palestiniens dans leur combat pour leur indépendance. Il n’y a ni bonne ni mauvaise ségrégation.
     

     
     
    Comment améliorer les relations franco-iraniennes, actuellement exécrables ?
     
    L’Iran et la France ont beaucoup en commun : un passé révolutionnaire, un patrimoine culturel important. Les deux pays peuvent travailler ensemble, surtout aujourd’hui que la domination américaine est remise en question par de nombreux pays à travers le monde. Mais pour cela, les Français doivent définir une nouvelle ligne de conduite qui prenne en compte leurs intérêts propres, et non pas s’aligner derrière tel ou tel pays. Réfléchissez à ce que sont vos intérêts à moyen terme en Iran ? En s’associant à la décision de sanctionner l’Iran à l’ONU, la France va perdre beaucoup d’opportunités d’investissements dans notre pays, qui est un pays riche dans lequel les entreprises françaises avaient une position importante il y a seulement cinq ans de cela.
     

     
     
    En cas de frappes militaires contre l’Iran, comment réagiront vos concitoyens ?
     
    Je n’imagine pas que des militaires occidentaux  mettent à exécution un tel projet. Mais je rappellerai tout de même un point d’histoire. Pendant la guerre que nous déclara l’Irak en 1980, et que beaucoup de pays occidentaux soutenaient dont la France afin de faire pression sur l’Iran révolutionnaire, qu’a fait le peuple à l’époque ? Les Iraniens se sont serrés les coudes. Peu importe les ethnies, peu importe les religions : lorsqu’il s’agit de la défense de l’intégrité territoriale, il n’y a plus de différence entre un juif, un musulman et un chrétien en Iran. Tous les Iraniens seront prêts à sacrifier leur vie pour défendre leur pays.
     

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