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    Jeudi 16 juin 2011

     

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    Islam-Occident : pour une interculturalité

     

     

    COLLES L. Islam-Occident : pour un dialogue interculturel à travers des littératures francophones, Bruxelles, Editions modulaires européennes, 2010, 290 p. ISBN 978-2-87525-049-03.

     

    Monde de l’Islam et Occident. Les voies de l’interculturalité, Sous la direction de GOBILLOT G., Bruxelles, Editions modulaires européennes, 2010, 224 p. ISBN 978-2-87525-072-8. Ont participé à cet ouvrage : DELMAIRE D., PERSYN E., DENOUX P., KASSIS R., NASSAR M. M., PINCHARD B., RACHED R., REDISSI H..

     

    Le deuxième ouvrage réunit, sous la responsabilité de Geneviève Gobillot (Centre de Recherches sur les Idées et les Transferts Inter Culturels : CRITIC), Bruno Pinchard (Centre de Recherches sur la Circulation des Idées : CRCI) et Jean-Jacques Wunenburger (Institut de Recherches Philosophiques de Lyon : IRPHIL, qui intègre les deux centres précités) des contributions à un colloque du 1er au 3 février 2007 qui s’intitulait : « Comment vivre l’interculturel Islam/Occident ? Obstacles et perspectives d’ouverture ».

     

    Les auteurs, chacun dans sa spécialité, proposent des méthodes d’interculturalité, ou des exemples symptomatiques de ses applications. L’islam, dans sa diversité, n’y est pas analysé pour lui-même, mais, en parallèle avec l’Occident, pour la situation complexe que crée leur rencontre historique. Tout part de l’évidence qu’il ne suffit pas de proclamer que l’Occident en général et l’Europe en particulier ne peuvent plus se comporter en « civilisateurs » du monde, mais que l’heure est à la mise en place d’une pédagogie explicite de modestie et d’intelligence, d’un dialogue interculturel de l’Occident avec l’Est et le Sud, dans lequel chacun donne et reçoit.

     

    D’abord repérer les obstacles. Chacun croit volontiers que son point de vue, lors même de l’organisation du dialogue, est le seul concevable. La distinction de Patrick Demoux[1] est très utile pour nous en dissuader : « vivre sans » ou « avec l’interculturel » s’oppose chez lui à « vivre l’interculturel ». Sa petite parabole vaut sur le sujet mieux qu’un long discours. Un enseignant d’une classe pluriculturelle fait étudier le conte. Prend-il un exemple à lire dans sa culture hégémonique (« sans interculturel ») ? Fait-il lire à chaque enfant un conte de sa culture d’origine pour établir des comparaisons (« avec interculturel », selon un relativisme universaliste) ? Ou préfère-t-il, pour « vivre l’interculturel », que sa classe crée un nouveau conte, en commun, à partir des matériaux apportés par ses élèves ?

     

    Attention ! La crise de communication est là, devant nos yeux, au milieu de nos écoles. Son traitement avec notre intelligence attestée et notre mode raisonnable ne la résoudra plus. La distance ethnologique n’est plus de mise. Le chercheur, comme le maître, sont des sujets, à la rencontre d’autres sujets. Tout dialogue repose donc sur « une démarche subjective individuelle », comme l’affirme l’article de Raymond Kassis[2]. Les deux facultés que la conscience possède comme des outils y sont nommées « phantasia » et « empathie ». C’est en étant, écrit-il, « une variante d’un ego essentiel » que l’homme est, dans sa solitude, « ouverture à l’autre ».

     

    Mais dans le même temps et le même recueil, Geneviève Gobillot[3] nous rappelle que la rationalité n’est pas disqualifiée. A-t-elle eu trop tendance à plier l’objet de son étude à la mesure de son regard ? Certes, mais elle n’a pas dit son dernier mot. Elle peut encore éclairer le discours inter-religieux, analyser la confrontation foi/critique historique des textes fondateurs dits « sacrés ». Nous n’avons pas le monopole de la raison, mais c’est bien là, une fois l’outil assoupli, que le dialogue interculturel trouvera un espace.

     

    Cet espace, la raison est sommée de l’inventer. Tiers lieu où aucun des deux partis n’a déjà campé, lieu « neutre » ou « laïque » - en tenant compte de l’usure historiques des termes, lieu de « recréation de la diversité »[4] et « d’héréronomie interculturelle »[5]. Un lieu « métis » fier de l’être, qui a d’abord échappé à l’écueil des « identités meurtrières »[6].

     

    Bruno Pinchard[7], trouve chez René Guénon un de ces lieux, universel, ésotérique, au-delà des diversités religieuses, qui parle le langage de la paix. Ainsi la conversion de Guénon à l’islam n’est pas une conversion : pas de différence entre islam et catholicisme, si on les considère à partir d’Adam primordial. Toute quête initiatique doit, certes, êtres accompagnée par un « exotérisme » religieux traditionnel, mais dans l’ordre universel, chaque pratiquant est proprement « inconvertissable ».

     

    C’est le Liban que Rita Rachid[8] prend comme exemple au Proche-Orient d’un espoir de réconciliation. Dix-huit communautés : onze chrétiennes et trois musulmanes. Emblème longtemps de consensus religieux et culturels. Puis les événements se sont précipités et l’anarchie l’a emporté. Mais l’espoir du pays reste pour elle dans la vertu supérieure du pardon et de l’unité, comme le dit le député Gebran Tweini avant son assassinat en 2005 : « Nous jurons au nom du Dieu tout-puissant, chrétiens et musulmans, de rester unis jusqu’à l’éternité pour défendre le grand Liban »[9].

     

    A propos du conflit voisin entre peuple palestinien et Israël, Danielle Delmaire et Emmanuel Persyn[10] privilégient le regard depuis les communautés religieuses occidentales et spécialement parisiennes. La République risque sa stabilité dans l’instrumentalisation religieuse qui parle d’opposition « juifs/musulmans », là où il ne s’agit que d’un conflit politique. Que l’étude porte sur les opinions des croyants juifs et musulmans vivant en France révèle s’il en était besoin la responsabilité de l’opinion des Français et de l’Occident dans l’affaire.

     

    Le rapprochement qu’analyse Mahmoud Massoud[11] entre les conceptions de la liberté défendues par le Français Lamennais et les Egyptiens Tahtâwî et Afghânî au 19ème siècle est révélateur de l’universalité de cette notion capitale. Pour l’honorer, Lamennais propose une séparation spécifique de l’Eglise et de l’Etat français. Tahtâwî revient de France avec un programme d’éducation pour le citoyen égyptien. Quant à Afghânî, il s’en tient, contre tous les colonialismes,  à une quête de liberté politique, « matrice de toutes libertés dans les société humaines[12] ».

     

    L’article d’Hamadi Redissi[13] se focalise sur le choc provoqué par la rencontre, toujours en Egypte, en 1798, lors du débarquement de Bonaparte, de la modernité occidentale et de la culture musulmane classique . En analysant finement la crise culturelle des pays musulmans qui s’en suivit, il compte aider les milieux intellectuels occidentaux à discerner dans le brouhaha médiatique les paroles musulmanes soucieuses de se guérir de leur « totalité désunie ». Il invite explicitement les musulmans et les Occidentaux à amplifier entre eux un dialogue documenté et intelligent, loin des amalgames et des partis-pris.

     

    Pour conclure sur ce riche recueil d’articles, nous reviendrons sur celui de Geneviève Gobillot[14]. Elle y propose d’adopter pour la lecture du Coran des outils de l’exégèse, que les Occidentaux pratiquent déjà sur la Bible. Que dit le Coran pour le temps de son écriture ? Que dit-il pour les croyants d’aujourd’hui ? Quels versets doivent être « abrogés » ? En parcourant l’histoire de ces questions à l’intérieur de la société des oulémas, elle a l’espoir de remettre ces questions sur le métier, sans arrogance, confiante dans les progrès chez tous de la raison universelle.

    ***

    Ces deux volumes de Geneviève Gobillot et Luc Collès ne paraissent pas par hasard, la même année, chez le même éditeur. Reconnaissons qu’ils sont tout à fait complémentaires. Nul doute que les enseignants, à qui s’adresse explicitement Luc Collès, liront pour leur édification les développements théoriques du recueil de Geneviève Gobillot. Ce sera une excellente introduction à ce qu’ils pourront en exploiter pour leur pédagogie. On pouvait le soupçonner d’ailleurs à propos des thèmes majeurs de l’interprétation du Coran, puisque Luc Collès mise tout sur le cours de littérature ; et des réflexions sur l’empathie, condition spécifique de l’appropriation de cette discipline scolaire.

     

    Le cours de littérature ne propose pas d’abord des connaissances, mais il exerce une capacité à interpréter des formes d’expression humaine. Le premier conseil de Luc Collès à l’enseignant est qu’il n’oublie donc pas l’herméneutique anthropologique. Qu’elle le guide jusque dans le choix des textes qu’il proposera à la classe. Car c’est de là qu’il va faire sourdre les questions interculturelles. On sait bien par ailleurs comment la subjectivité des lecteurs est invitée à rencontrer la subjectivité des auteurs. Cultiver cette empathie est le deuxième conseil au médiateur de cette rencontre.

     

    Les classes concernées par Luc Collès sont spécialement belgo-maghrébines. Cet appel à l’empathie se retrouve donc dans le fait scolaire même. Les conditions de cette mini-société expérimentale possède le caractère idéal de « métissage culturel ». La classe y a la fonction naturelle d’éduquer par l’expérience. Du concret à l’abstrait, de l’observation à l’analyse. Voilà le mode imposé à la pédagogie même : loin du traditionnel cours magistral, c’est le dialogue qui est scolarisé.

     

    La même école est à la fois celle d’une citoyenneté interculturelle et de la construction des identités personnelles. Il n’est certes pas question de préconiser un retour nostalgique aux cultures perdues, pas plus qu’une assimilation méthodique à la culture d’accueil. Mais grâce à un double regard ethnologique, accompagnée d’une double empathie, apprendre à connaître sa culture et l’autre culture, en vivant ensemble – maître et élèves, élèves entre eux - les découvertes explicites et implicites de l’expérience. Comme l’écrit Luc Collès, chacun va refaire ainsi son identité culturelle « sans adéquation totale avec les deux origines fragmentaires. » (p.34)

     

    On peut prudemment définir les caractères stéréotypés de la francité, de la belgitude, de l’islam… à condition de faire la part de la gloriole et de l’envie, à condition surtout de faire droit universel à l’humour. Parcourons de préférence les représentations de la littérature, qui est notre outil documentaire privilégié. Priorité à la littérature maghrébine d’expression française. Elle possède en elle-même – discordance entre la langue et l’objet décrit - les outils d’une distance propre au dialogue interculturel. Luc Collès y ajoute des morceaux choisis des littératures belge et française, quand elles traitent les questions qui nous intéressent. Et il conseille de les accompagner de quelques textes utiles d’analyses anthropologiques, ethnologiques, sociologiques, psychologiques…

     

    Ce livre est donc aussi un manuel littéraire où les textes sont reproduits, étudiés pour aider l’enseignants. L’analyse suit systématiquement les schémas temporel et spatial, public et privé, s’arrête parfois sur l’espace particulier de l’immigration. Un petit détour remarquable dit ce que la notion du temps en France et Belgique, par opposition à celle du Maghreb, doit à la différence des grammaires arabe et française.

     

    Une grande richesse donc, et une ouverture à des notions insoupçonnées. Le livre est adressé comme un outil aux enseignants de classes belgo-maghrébines ? Ils pourront en tirer certes le plus grand profit : pour mettre un peu d’anthropologie dans leur enseignement de la littérature, pour adapter définitivement leur pédagogie au dialogue interculturel, pour procurer à leurs élèves un espace et des méthodes qui les aideront à constituer leur authentique identité, équilibrée et ouverte.

     

     

                                                                           Gérard Gobry, directeur de l’IFER (Dijon)

     


    [1]. Son article porte le titre : « Instruire le contact culturel par la psychologie interculturelle », p.15.

    [2]. « L’intersubjectif comme fondement premier de l’interculturel », p.33.

    [3]. Son article : « Espoir en la pensée, pensée de l’espoir », p.51, fait suite à une conférence :  « La confrontation foi/critique historique des textes fondateurs pourrait-elle donner lieu à une compréhension inter-religieuse ? ».

    [4]. Patrick Demoux, p.31.

    [5]. Ibidem.

    [6]. Amin MAALOUF, Les identités meurtrières, Grasset, Paris, 1998.

    [7]. « Guénon et l’islam. Quelques remarques sur une conversion controversée », p.149.

    [8]. « Identités culturelles et forces politiques au Liban, leur cohabitation », p.195.

    [9]. Ibidem, p216.

    [10]. « Juifs et musulmans de France et Intifada », p.175.

    [11]. « La notion de liberté entre l’Occident et le monde musulman au XIXème siècle (Félicité de Lamennais, Rifâ’a al-Tahtâwî et Jamâl al-Dîn al-Afghânî), p.107.

    [12]. P.11.

    [13]. « Islam et modernité », p.87.

    [14]. « Espoir en la pensée, pensées de l’espoir », p.51.

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    Lundi 4 avril 2011

    Laïcité: les religieux s'unissent pour dire non, Copé défend le débat où Fillon n'ira pas

    Nicolas Sarkozy entouré de GàD de Joseph Sitruk, André Vingt-Trois, Claude Baty et Emmanuel Adamakis le 17 janvier 2008 à l'Elysée Nicolas Sarkozy entouré de GàD de Joseph Sitruk, André Vingt-Trois, Claude Baty et Emmanuel Adamakis le 17 janvier 2008 à l'Elysée
    Nicolas Sarkozy entouré de GàD de Joseph Sitruk, André Vingt-Trois, Claude Baty et Emmanuel Adamakis le 17 janvier 2008 à l'Elysée Christophe Ena AFP/Archives

    Les responsables des cultes en France, déjà opposés au débat du 5 avril sur la laïcité, ont mis en garde ensemble mercredi contre "les confusions préjudiciables", tandis que Jean-François Copé a défendu sa convention à laquelle François Fillon n'ira pas.

    "Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité?" s'interrogent Les représentants des six grandes religions de France (catholique, orthodoxe, musulmane, protestante, juive, bouddhiste), réunis au sein de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF). "Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul?"

    Pour la CRCF, "l'accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l'avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu'être préjudiciables".

    Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a une nouvelle fois justifié la volonté de l'Elysée d'organiser ce débat. "C'est à un grand parti politique de traiter des questions du pacte de la République laïque, à condition que ce ne soit pas dans une logique de stigmatisation", a-t-il expliqué.

    Néanmoins, l'annonce mercredi soir que François Fillon n'irait pas à cette convention risque que relancer les spéculations sur l'unanimité des dirigeants de la majorité brandie par M. Copé. Même si l'entouarge du Premier ministre a précisé que la décision de ne pas s'y rendre avait été prise "en accord avec le président de la République le 17 mars", et cela bien avant l'affrontement entre M. Copé et M. Fillon.

    L'entourage du Premier ministre qui avait marqué quelque peu ses distances avec ce débat, a insisté sur le fait que M. Fillon n'avait "pas assisté aux précédents débats" organisés par l'UMP. M. Copé l'a confirmé à l'AFP, en assurant qu'il n'y avait "aucun problème".

    Les conventions de l'UMP sont à l'initiative du parti et visent à déboucher sur des "propositions concrètes". "Ensuite, il revient au gouvernement de les mettre ou non en oeuvre", avait précisé M. Copé, en fin de matinée mercredi.

    Lundi soir sur Canal +, M. Copé avait provoqué l'émoi au sein de la majorité en reprochant à M. Fillon de ne "pas jouer collectif". Il lui reprochait ses préventions publiques sur ce débat selon lesquelles il s'y opposerait s'il conduisait "à stigmatiser les musulmans".

    Mardi, les deux hommes avaient affirmé, après avoir été reçus par le président Nicolas Sarkozy, que l'incident était "clos". Toutefois, M. Copé avait maintenu ses propos sur le fond.

    Les préventions des religieux étaient connues, Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, ayant déclaré la semaine dernière que "depuis le début, notre impression est que ce débat est comme trop marqué du sceau d'un calendrier électoral".

    Impression partagée par le pasteur Claude Baty: "On voit bien que le grand souci d'un certain nombre, ce n'est pas la laïcité, mais comment utiliser les religions à leur profit dans une période électorale. Dès le départ, j'ai souligné que ce débat était malsain".

    "Malsain", a également dit le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, pour qualifier le climat ambiant d'une société "très malade" qui cherche des "boucs émissaires".

    Dans les milieux confessionnels, certains n'hésitent pas à qualifier de "course à l'échalotte" entre l'UMP et le Front national la récupération de thèmes sécuritaires et identitaires et refusent de s'y associer.

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    http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/29/1047310-Debat-sur-la-laicite-les-representants-des-religions-de-France-desapprouvent.html#xtor=RSS-6

     

     

    Vidéo :

    http://www.itele.fr/video/toutes-les-religions-sopposent-au-debat-sur-la-laicite

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    http://oumma.com/Islam-le-debat-de-trop?debut_signatures=500

     

    Laïcité : Appel de responsables musulmans contre "le débat de trop" sur l'islam

     

    Des responsables du culte musulman en France lancent un appel, dans Le Monde, contre la tenue du débat sur l'islam le 5 avril qui "pourrait renforcer des amalgames déjà ancrés dans l'esprit de nombreux de nos concitoyens".

     

     

    Ce collectif, qui regroupe notamment les recteurs des mosquées d'Addawa (Paris), Villeurbanne et de Décines (Rhône), de Bordeaux (Gironde) ou le président du collectif des institutions musulmanes de Roubaix (Nord), estime "légitime" le débat sur l'islam, en France".

    Mais ils craignent que le calendrier électoral et les termes de la campagne politique à venir ne lui portent préjudice, en renforçant des amalgames "trop ancrés dans l'esprit de nombre de nos concitoyens au sujet de l'islam, deuxième religion de France".

    "En effet, soulignent-ils, la confusion entre islam, immigration, insécurité, extrêmisme islamiste, est un danger qui guetterait ce débat".

    "Le débat sur la place de l'islam en France le placerait, de fait, à l'écart des autres religions sous-entendant qu'il y aurait une incompatibgilité entre notre religion et les valeurs de la République et la laïcité, notamment"
    .


    "Or, soulignent les signataires, parmi lesquels Miktar Ahmed, président de l'associations Imams du Nord et Najah Mohamed, imam de la mosquée de Vigneux (Essonne), les musulmans de France n'ont jamais demandé jusqu'alors un quelconque traitement d'exception à la loi de 1905".

    "Par conséquent, nous demandons aux politiques de respecter le principe de laïcité et de s'abstenir de dicter aux musulmans la manière dont ils doivent comprendre leur religion".

    "Quant aux problèmes tels que les prières dans les rues, la construction des mosquées, les minarets... ils demandent le plus souvent des solutions techniques dans le cadre juridique déjà en vigueur, à condition que l'on sorte du démagogique et de l'idéologique".

     

    http://www.charentelibre.fr/2011/03/03/laicite-appel-de-responsables-musulmans-contre-le-debat-de-trop-sur-l-islam,1024107.php

     

    Lire aussi :

     

    France : Laïcité : les grandes religions disent stop - Les représentants des grandes religions doutent de la légitimité d'un débat sur la laïcité. - Europe1.fr
    europe1.fr/France/Laicite-les-grandes-religions-disent-st...

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    Lundi 4 avril 2011

    IslamophobieLes participants au séminaire national sur "Le phénomène de l’islamophobie dans la réalité politique mondiale", clôturé lundi à l’université de Guelma, ont appelé à la poursuite des efforts pour un dialogue interculturel et interconfessionnel.

     

    Les intervenants, venus de dix universités du pays, ont également préconisé, au terme de deux jours de travaux, la création d’un organisme islamique qui prendrait en charge la production et la diffusion sur les chaînes satellitaires et le réseau Internet, de programmes et de documentaires présentant la véritable image de l’islam aux autres peuples.

    Ils ont invité les médias occidentaux à adhérer au code déontologique international fondé sur le respect du droit et des chartes internationales, avant d’appeler les intellectuels et les journalistes musulmans résidant dans les pays occidentaux à intégrer la vie publique de leur pays d’accueil et à participer aux débats qui y sont engagés pour défendre l’image de l’islam.

    Ils ont également invité les conseillers médiatiques et culturels des ambassades musulmanes à jouer un rôle plus efficace afin de corriger les clichés véhiculés en Occident contre l’islam et les musulmans.

    Les recommandations ont appelé les acteurs de la société civile des pays musulmans à ouvrir des canaux de dialogue avec les intellectuels et les faiseurs d’opinion dans les pays occidentaux.

    Les communications de la seconde journée du séminaire ont plaidé pour un dialogue "constructif", à même de dissiper l’image négative de l’islam aux yeux de l’opinion publique occidentale, comme en attestent, selon les intervenants, les sondages d’opinion réalisées en Europe.

    Intitulant son intervention "dialectique de l’islamophobie et du dialogue des civilisations", M. Mechri Morsi, de l’université de Chlef, a fustigé l’attitude de certaines parties, dans les pays occidentaux, consistant, sous prétexte de comportements égarés et isolés de certains musulmans, à mener des campagnes médiatiques dénaturant le véritable message de la religion musulmane.

    Il a présenté une lecture du développement des relations internationales après la guerre froide et les évènements du 11 septembre 2001 qui, selon lui, ont ouvert "une nouvelle ère pour le libre flux des idées et des marchandises menaçant la diversité culturelle dans le monde".

    Le séminaire organisé par le département des sciences politiques, marqué par la présentation d’une vingtaine de communications, a réuni des intervenants des universités d’Alger, de Boumerdès, de Tlemcen, de Chlef, de Constantine, de Batna, de Annaba, de Skikda et de Jijel

     

    http://www.radioalgerie.dz/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=3397:appel-a-guelma-pour-la-promotion-du-dialogue-interculturel-et-interconfessionnel&catid=85:actualite-culturelle&Itemid=201

     

     

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    http://www.radioalgerie.dz/fr/images/stories/Islamophobie.jpg

    http://www.radioalgerie.dz/fr

     

    Pourquoi l'Islamophobie aujourd'hui ?

     

    J'accuse les Médias d'être à l'origine de

    la chasse aux sorcières musulmanes.

     

    Voici pourquoi l'islamophobie

    est notre ennemie.

     

    Par eva R-sistons

     

     

     

     

     

    Le débat sur la laïcité, quoiqu'on en dise, n'a qu'un but: Fustiger l'Islam, les Musulmans, les Arabes; Calvi-Krettly, qui se sert du journalisme pour en réalité défendre son clocher sioniste (avec tout ce que cela implique d'esprit partisan et de rejet des Musulmans), ne manque pas une occasion d'attaquer d'une façon ou d'une autre l'Islam ou les Arabes.

     

    Il  ne s'agit pas de stigmatiser les Musulmans, jure Coppé (promoteur des débats sur la laïcité), mais chacun sait qu'au final, les projecteurs seront toujours braqués sur la même cible. Pour être justes, il faudrait dénoncer TOUS les intégrismes: Chrétien,  juif, musulman. Il n'en est rien. Un seul adversaire, car ce que l'Occcident judéo-chrétien prépare, c'est le choc des civilisations qui culminera avec une guerre planétaire contre l'Islam, ennemi juré des Anglo-Saxons et des Israéliens parce qu'éthique, lui, refusant de se prosterner devant le Veau d'Or, rejetant le matérialisme, et partisan d'une finance morale ne cédant pas aux sirènes de la spéculation et du profit à tous prix, même humains. 

     

    Sur sa route de domination planétaire, le Nouvel Ordre Mondial anglo-saxon a plusieurs adversaires : D'abord des pays non-alignés comme la Chine, la Russie ou le Vénézuela, que dans un premier temps il encercle pour le moment venu, plus tard, mieux les attaquer.  Ensuite, un Système, une idéologie, une religion: L'Islam. Pour le détruire, il faut éliminer ses fidèles, ou les soumettre, de gré (conversion, les missionnaires américains implantés partout, même au Maghreb, s'y emploient avec un zèle hautement suspect) ou de force.

     

    Cet Ordre inique, le NOM, a terrassé le Système communiste, désormais il s'en prend aux tenants de l'Islam. Voici deux ans environ, j'avais osé écrire sur mon blog R-sistons.actu, un article intitulé : "Après l'étoile jaune, voici l'étoile verte". Je sentais monter l'Islamophobie. Aujourd'hui, elle fait la Une, mais alors que les citoyens juifs ont un mot - l'antisémitisme - pour dénoncer le racisme à leur égard, les Médias occupés par les amis du CRIF répugnent à utiliser celui qui convient pour les Musulmans, l'Islamophobie. N'y aurait-il donc qu'un seul racisme,  qu'une stigmatisation ? Les autres seraient-ils tolérables ? 

     

    Disons les choses comme elles se passent réellement : Pour détourner la colère sociale des citoyens spoliés par le Capitalisme devenu financier et mondialisé, on a alternativement brandi le Mac Carthysme envers les communistes, et l'antisémitisme qui a dérivé vers les progroms anti-Juifs. L'essentiel, c'est de trouver des boucs-émissaires, des exutoires pour les âmes perdues et déboussolées.  Cela a très bien fonctionné, avec au final la chute du communisme (en particulier via un Vatican plus préoccupé du temporel que du spirituel), et la mise en place des camps de la mort afin d' exterminer les Juifs, les Tsiganes, les handicapés mentaux, les homosexuels, etc, bref tous ceux qui dérangeaient. Et soi-dit en passant pour, aussi, susciter l'élan d'une partie de l'ONU en faveur d'une terre où se retrouveraient les rescapés juifs. Là, on faisait d'une pierre deux coups: On désignait à la vindicte publique les citoyens Juifs, afin que les victimes de la crise, et du capitalisme, s'en prennent à eux plutôt qu'aux vrais auteurs de leurs malheurs, tout en Haut (les Rockefeller, les Rothschild, les Bush etc). Et on instaurait un foyer juif en terre musulmane riche en pétrole. Du beau travail ! Car ce foyer-là devait ensuite servir de relais aux ambitions planétaires de domination des Anglo-Saxons. De tête de pont pour contrôler toute la région...

     

    En attendant d'attaquer les pays non-alignés, les architectes du Nouvel Ordre Mondial doivent se défaire de leur ennemi "idéologique", éthique, lui, insensible, du fait de sa religion et de sa Loi (la Charia), aux sirènes de l'Argent-Roi et du matérialisme. Je parle de l'opinion arabe, évidemment pas de ses dirigeants corrompus par le pétrole et par l'Occident.

     

    Le meilleur allié de l'Occident, c'est la Presse. Fidèle relais de ses diktats, fidèle relais du Nouvel Ordre Mondial. Du beau boulot, là aussi: Conditionnement quotidien contre les Musulmans. Feutré, insidieux, subliminal même, et ravageur. Après avoir été flouées par Zorro-Sarkozy, des victimes du capitalisme se sont trouvées un Sauveur, ou plutôt une "sauveuse", Marine Le Pen. Le FN recrute. Nouveau mirage ! Ceux qui y ont cru se sont cassés la figure dans les villes conquises par lui: Vite rendues aux partis traditionnels ! Quoiqu'il en soit, Marine le Pen a trouvé une cause pour attirer à elle tous les déçus de l'Union pour la Majorité (anti)Populaire, et les victimes du capitalisme financier assassin : l'Islam ! Quand on s'est en réalité spécialisé dans l'anti-social, et qu'on ne peut le dire à tous ceux qui cherchent la justice sociale, on brandit une menace rassembleuse : L'Etranger, un étranger qui aujourd'hui n'est plus Juif (Marine Le Pen veut le pouvoir, elle, et ses ambitions impliquent qu'elle doive ménager les sympathisants du CRIF qui occupent aujourd'hui la France), mais Musulman. Qu'importe la ficelle, du moment qu'elle fonctionne. Et grâce aux Médias, la ficelle est énorme !

     

    La preuve ? La LCP annonce pour le 5 avril un "Pourquoi l'Islam provoque-t-il autant de crispation ?", un sujet qui devrait plaire à tous les  Elkabbach soucieux de fustiger encore et toujours cette Religion, et un sujet qui cristallisera toutes les peurs, les angoisses, les fantasmes des déboussolés en tous genres.  Bien dans l'air du temps, en tous cas, et qui montre que le débat sur la laïcité est, par avance, réduit au débat sur l'Islam.

     

    Et que dire de FR2, chaîne quotidiennement servie par les amis du CRIF, non plus seulement de désinformation et de propagande, mais maintenant principal vecteur, avec Calvi-Krettly, de la stigmatisation des Musulmans, de l'Islam, des Arabes. J'accuse cette Chaîne d'inciter au racisme et à la haine (et donc aux futurs chocs de civilisations), sans cesse, en toutes occasions, sous les prétextes les plus divers, et sinon franchement, au moins indirectement, sournoisement... et hypocritement ! Par exemple, ce 2 avril Delahousse, au 13 h 15, ne manque pas l'occasion de braquer le projecteur de son Journal sur un Pasteur évangélique extrémiste qui provoque les Musulmans en brûlant un Coran, ceci afin de marteler dans la tête des Français que l'Islam  est "dangereux et violent". Deux mots prononcés volontairement pour qu'en définitive ce qui aurait dû être une dénonciation de ce pasteur fou, tourne à l'attaque de l'Islam ! Car ce que les télespectateurs vont retenir de l'information, c'est que l'Islam est "dangereux et violent". Et voilà comment on fabrique des électeurs du FN, des Identitaires si amoureux de la France qu'ils en oublient ses valeurs fondamentales, républicaines (Liberté, Egalité, Fraternité), et puis des racistes, de futurs chasseurs de Musulmans ou des soldats pour les croisades guerrières  juteuses pour les Marchands d'armes, les Multinationales du Pétrole ou de la Reconstruction, et surtout pour les tenants du Nouvel Ordre Mondial qui, eux, sont les VRAIS adversaires des citoyens. 

     

    Autant dire que les racistes en tous genres se trompent d'adversaires : Au lieu de cibler leurs vrais ennemis, tout en Haut, ils s'en prennent à de nouveaux boucs-émissaires, ceux-là mêmes qui, justement, sont des fidèles d'une religion éthique, solidaire, tolérante, de paix. Et cela je le sais parce que j'ai eu la curiosité et l'honnêteté intellectuelle que peu ont, de découvrir ce qu'on présentait comme "violent, dangereux" : Le Coran. Dans ce livre, j'ai trouvé la tolérance (l'Islam est la seule religion qui reconnaisse les Prophètes juifs ou chrétiens), le sens de la solidarité (envers les pauvres notamment), l'amour de la paix, l'éthique: Le Djihad est contre ses mauvais penchants, et la guerre doit être défensive, pas de conquête comme celle de la Torah. Quant à la Finance islamique, tous ceux qui ont le souci de l'éthique, de la rigueur, du bien commun  et de l'efficacité, la choisissent, elle est la plus sûre aujourd'hui.  Cela, les personnes avisées l'ont compris, mais aussi  hélas les financiers de la City ou de Wall-Street, uniquement appâtés par le profit maximum, à n'importe quel prix, quelles qu'en soient ses  conséquences. Ils savent que la Finance islamique est un rival gênant, pouvant en effet faire obstacle à leur désir de prédation totale.

     

    Cet adversaire-là, le Nouvel Ordre Mondial a décidé de l'anéantir. Comment ? En conditionnant les âmes faibles, malléables, contre les Musulmans, et en les préparant jour après jour, via les Médias, le FN, ou des Sarkozy, à accepter ensuite le choc de civilisations puis les guerres impériales qui, elles, achèveront de détruire leur vie : Non seulement en les appauvrissant et en les asservissant, mais même en les sacrifiant dans des guerres nucléaires effroyables.

     

    Citoyens, réveillez-vous. Vos VRAIS ennemis ne sont pas là où le Nouvel Ordre Mondial criminel vous le fait croire, via ses relais, les Médias.

     

    Al Quaïda est la créature de la CIA, les terroristes islamistes (selon un spécialiste français de la lutte anti-terroriste) sont deux mille dans le monde, pas de quoi vous effrayer, les Arabes ne vous prennent pas votre pain (ils acceptent les tâches les plus ingrates dont vous ne voulez plus), et leur religion, l'Islam, est belle, poétique, simple, tolérante, et de paix. Tout le reste est propagande du Nouvel Ordre Mondial anglo-saxon, ennemi de vos vies, lui.

     

    Et si les Musulmans invoquent Dieu dans la rue, c'est qu'ils n'ont pas de lieu où le faire, contrairement aux Chrétiens et aux Juifs qui eux, ont Eglises et Synagogues.  D'ailleurs, entre nous, quel mal y-a-t-il à adorer son Dieu cinq fois par jour ? Cette fidélité, cette constance, cette foi, méritent le respect. N'était-ce pas Malraux qui disait : "Le 20 e siècle sera spirituel, ou il ne sera pas" ?

     

    Il se pourrait bien que le 21 e siècle signe la fin de l'humanité. Parce qu'au lieu de mener une vie simple, solidaire, fraternelle, et de respecter leur Créateur, les citoyens, aujourd'hui, se tournent vers les fausses idoles modernes, et surtout l'Argent. Alors, lorsque les Musulmans se prosternent devant Dieu cinq fois par jour au lieu de s'aplatir devant le Veau d'or,  n'y puisez pas une source d'irritation. Mais de respect.

     

    Le respect, la communion fraternelle, la coopération, le Bien commun, mènent plus sûrement au Bonheur que tous les chocs de civilisation orchestrés pour l'établissement  du Nouvel Ordre Mondial anglo-saxon ennemi des peuples, vraiment ennemi, lui.

     

    Comme je l'ai si souvent dit sur ce blog de combat pour un monde plus juste, plus fraternel, nous ne pourrons vaincre le Nouvel Ordre Mondial totalitaire et génocidaire qu'en étant tous unis. Païens, Chrétiens, Juifs, Musulmans, etc. Et c'est parce que cette union, réellement dangereuse pour eux, sera notre seule chance de salut, que les tenants du Nouvel Ordre Mondial cherchent par tous les moyens à nous diviser. Ne faisons pas leur jeu !

     

    Lorsqu'on l'aura compris, on aura fait la moitié du chemin vers la victoire contre le Nouvel Ordre Mondial qui veut nous anéantir parce que, par notre nombre, nous le gênons : Trop de pollution, pas assez de ressources, trop d'habitants sur terre. Et des habitants de plus en plus conscients de leurs vrais intérêts. 

     

    Seule la fraternité universelle viendra à bout des politiques les plus inhumaines. Pas l'Islamophobie, n'en déplaise aux racistes !

     

    eva R-sistons à l'Islamophobie au service des intérêts militaro-financiers du Nouvel Ordre Mondial.  

     

    http://r-sistons.over-blog.com

     

    Unite-et-paix-copie-1.jpg

     

     

    TAGS : Islamophobie, Nouvel Ordre Mondial, Juifs, Chrétiens, Musulmans, Arabes, FR2, Calvi, Dessous des Cartes, J.L. Victor, LCP, Païens, guerres, chocs de civilisations, FN, UMP, Sarkozy, Marne Le Pen

     

     

    Islamophobie en France: Pourquoi ? - Elle est notre ennemie (eva R-sistons)


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    Lundi 14 mars 2011

    mercredi 9 mars 2011

    Dialogue interculturel - Assises de l'interculturalité

    http://www.belgium.be/fr/actualites/2009/news_appel_a_projets_assises_interculturalite_2009.jsp

     

    Belgique: assises de l'Interculturalité. Pour nourrir le débat en France...

     

    Allocution de la Vice-Première ministre et ministre de l’Egalité des chances de Belgique à l’occasion de la clôture des « Assises de l’Interculturalité »

     Le 8 novembre 2010

     

     

    1.  Introduction : un an d’Assises de l’Interculturalité

     

    Il y a un an, au moment du lancement des Assises de l’Interculturalité obtenues

    dans la déclaration gouvernementale, j’évoquais le visage changeant d’une

    Belgique qui ne sera plus jamais la même. Ce visage n’est pas celui de ses

    institutions certes évolutives mais celui de ses citoyens. Ce visage, c’est celui des

    10 pc de personnes  de nationalité étrangère qui vivent chez nous, c’est celui des

    20 pc de la population principalement belge d’origine étrangère qui sont devenus

    nos compatriotes.

     

    Je parlais aussi de l’audace de la lucidité si nous voulions réussir le pari de

    l’interculturalité ; oui « lucidité », car si nous ne pouvions que constater les

    avancées essentielles des politiques d’insertion de ces dernières années, nous ne

    pouvions taire l’aspect encore inachevé de cette évolution, les débats non

    clôturés, les consensus non atteints, ni occulter certaines difficultés engendrées

    aujourd’hui par la diversité  croissante de la population belge, qu’elles se

    nomment discriminations, inégalités, incompréhensions, stéréotypes, peur de

    l’autre, replis identitaires. Et vu le climat du moment, je tiens à préciser que la

    lucidité face à certaines difficultés ne signifie en rien la simplicité de slogans

    faciles décrétant par démagogie que l’intégration des personnes d’origine

    étrangère est un échec général.  

     

    Aussi, pour moi, la Belgique devait faire le pari de l’« interculturalité réussie », et

    d’une nouvelle forme de pluralisme : le pluralisme interculturel, parallèlement à

    celui du pluralisme politique ; un pluralisme qui mise à la fois sur la citoyenneté

    et les valeurs communes et sur la reconnaissance de différentes identités

    ouvertes. Il y a pour moi urgence, car il s’agit ni plus ni moins de relever

    le défi du métissage que nous adresse le XXIème siècle.

     

    La diversité est un fait et est devenue une caractéristique ontologique de nos

    sociétés occidentales qui ne seront plus jamais basées sur une communauté de

    personnes d’origine, de culture, de convictions philosophiques ou religieuses et

    d’ethnie homogènes. C’est pour cette raison que les Assises ont été demandées et lancées. Il s’agissait, avec des regards innovants, d’imaginer et de dessiner la manière harmonieuse de faire vivre ensemble et de fédérer - dans un même espace

    national ou régional ou local, dans des entités de vie quotidienne, dans des

    milieux éducatifs ou socio-professionnels - des citoyens, jeunes ou moins jeunes,

    aux histoires, aux cultures, aux religions et convictions divergentes et aux

    langues différentes. 

     

    Nous avons voulu jouer, tout d’abord, la carte de la discrétion et de la

    priorité accordée au débat de fond et non à des opérations médiatiques

    tapageuses et coûteuses.  Nous avons voulu jouer la carte de l’authenticité et de la proximité en permettant  aux associations de terrains, sur la base de trois vagues d’appels d’offres de lancer des débats, des conférences, des dialogues dans les différents espaces de vie de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles, soit plus de trois cents activités et projets réalisés à travers tout le pays, auxquels il faut ajouter 50 journées de réflexions, diverses études universitaires, un sondage.

     

    Enfin, nous avons voulu jouer la carte de l’indépendance totale et de la

    confiance accordée à la société civile et un Comité de pilotage a été ainsi mis

    à l’œuvre, composé paritairement de néerlandophones, de francophones et

    germanophones, de personnalités académiques ou venant du terrain et

    représentant des origines culturelles diverses, des sensibilités religieuses et

    philosophiques très différentes et des convictions socio-politiques parfois aux

    antipodes.  Les entités fédérées ont également désigné des experts au sein de ce

    Comité qui les tenaient informées de l’évolution des travaux.

     

    Ce Comité ne se connaissait pas. Nous l’avons laissé travailler dans une totale

    autonomie. J’ai découvert le rapport ficelé à la Toussaint. 

    Ses membres ont choisi leur méthode de travail, leurs thèmes prioritaires, les

    modalités d’arbitrages sur des sujets sensibles. Dès le début, ils ont dû connaître

    le scepticisme extérieur de certains, quelques tentatives infructueuses de

    déstabilisation de certains qui n’ont pas voulu entrer dans une logique de

    compromis, seul gage de réussite. Mais, ils ont tenu et malgré un contexte

    politique fragile, des élections non prévues, une chute du gouvernement, ils ont

    accepté de continuer et de s’investir sans compter pour produire un rapport riche

    à la fois de modestie et de franchise, d’analyse, de propositions, de

    recommandations concrètes et surtout de capacité de compromis, notamment en

    matière de port convictionnel, malgré des visions souvent totalement

    antinomiques.

     

    Je tiens à les remercier tous, profondément, pour cette capacité de concessions

    mutuelles, si difficile à atteindre pourtant dans le domaine institutionnel, les

    remercier pour ce travail de l’ombre, cet investissement, cette ténacité et la

    démonstration que nous pouvions faire confiance à la sagesse et au

    professionnalisme de la société civile malgré la force des pressions et des

    différences. Je tiens à saluer le rôle fondamental joué par les deux présidentes

    des Assises dans la rédaction, l’impulsion et les arbitrages opérés. Elles ont pu,

    avec le sens de l’écoute et du respect qui les caractérise, trouver le chemin, les

    mots, la méthode et les arbitrages qui ont permis la finalisation de ce rapport. 

    Le rapport nous est présenté dans un contexte politique particulier à plusieurs

    titres. Tout d’abord, il est remis notamment à un gouvernement en affaires

    courantes, durant la Présidence belge d’une Union européenne traversée par

    certaines tensions relatives aux problématiques de l’insertion des personnes

     

    d’origine étrangère ou de certains groupes cibles tels que les Roms ou encore par

    le rapport  parfois complexe des populations d’origine européenne à l’Islam. Il  se

    présente hélas en plein débat sur la crise de l’accueil et sur la problématique de

    l’augmentation dans l’ensemble de l’Europe du nombre des demandeurs d’asile,

    alors que ce débat porte sur une toute autre thématique et concerne des

    personnes primo-arrivantes et non des citoyens belges ou apparentés d’origine

    étrangère et vivant chez nous depuis une, deux, voire trois ou quatre

    générations.

     

    Le rapport enfin se présente sur fond de débats politiques soumis pour certains à

    la tentation démagogique voire électoraliste. 

    Or, les débats relatifs à la réussite de l’interculturalité ont besoin de nuances, de

    respect, de sérénité. Ils doivent être abordés positivement avec l’envie de

    construire et de fédérer et non de réduire et de diviser. Ils doivent être initiés

    avec la conscience des dangers qu’ils peuvent susciter, car ils sont parfois utilisés

    à d’autres fins, ils peuvent déboucher consciemment ou inconsciemment sur

    certaines expressions qui peuvent blesser, stigmatiser, simplifier, renforcer les

    distances voire les incompréhensions et les tensions entre groupes de personnes.

    Ils peuvent être utilisés à des fins partisanes peu heureuses. Aussi, je me

    permets de demander à tous les responsables et acteurs de la société d’éviter de

    faire de ce rapport équilibré un élément de discorde, alors qu’il  se veut une offre

    de trait d’union entre citoyens majoritairement Belges ou vivant en Belgique. 

     

    Le bien-être de l’ensemble de nos citoyens belges de souche ou non, étrangers

    ou non et la qualité des relations qu’ils nouent ou doivent nouer entre eux

    méritent à la fois du sérieux, de la retenue, un esprit constructif et des débats à

    la fois lucides et sans tabous.

     

    2. Les conclusions à tirer du rapport des Assises de

    l’Interculturalité 

     

    Plusieurs conclusions s’imposent à la lecture de ce rapport.

     

    1. La promotion d’un modèle interculturel et non d’un modèle

    « d’assimilation », d’un modèle « communautariste » ou encore

    simplement « multiculturel ».

     

    Dans son approche et le choix de ses propositions, le rapport semble clairement

    choisir la voie de l’interculturalité et non celle du communautarisme ou de

    l’assimilation.  Il s’agit dans ce rapport de réussir l’interculturalité, de réussir la mixité et de bannir les communautarismes, de promouvoir les identités ouvertes et de lutter contre les identités fermées. Le terme même de multiculturalité désigne la simple coexistence indifférente de diverses cultures au sein d'un même ensemble, alors que l’interculturalité évoque le lien interpersonnel, le dialogue, l’insertion, le

    projet collectif qui allie unité et diversité, respect des identités et projet collectif.

     

    L’interculturalité, c’est à la fois une politique de citoyenneté forte et d’adhésion à

    des valeurs communes indispensables à la cohésion sociale, une politique de

    respect des différences et des identités plurielles et une politique ferme de lutte

    contre les discriminations sous toutes leurs formes et contre tous les types de

    racisme qui peuvent lui être liés.  L’interculturalité, c’est opter pour une civilisation où les minorités peuvent être elles-mêmes sereinement et ouvertement tout en participant à un projet de citoyenneté commun. C’est le croisement entre le droit au respect de son identité et le devoir d’insertion dans un projet commun et un Etat de droit avec les contraintes que cela comporte.

     

    L’interculturalité, ce n’est pas le communautarisme. Dans un monde

    dominé par les clivages identitaires, nous devrons, en effet, éviter que chacun ne

    s’isole dans ses certitudes et que le débat n’ait plus sa place.

    Le communautarisme est, pour moi, la négation de la citoyenneté. Autant il est

    essentiel de prendre en compte ses différentes composantes de manière implicite

    et souple afin que chacun se sente représenté, autant il est pernicieux, et même

    destructeur, d’instaurer un système fermé qui partage durablement la Nation en

    tribus rivales ou non. 

     

    Contrairement au communautarisme, l’interculturalité prône des normes et

    valeurs communes et exclut le relativisme moral.

    L’interculturalité permet aux citoyens de gérer leurs diversités tout en formulant

    ou respectant des valeurs communes, seules garantes d’un avenir collectif réussi.

    L’interculturalité, ce n’est pas non plus sombrer dans l’aveuglement que

    constituerait une volonté d’assimilation à tout prix qui nierait la richesse

    d’identités plurielles, qui imposerait une pensée unique contraire au pluralisme

    qu’exige la démocratie. 

     

    C’est dans ce cadre que  la problématique trop souvent mal comprise ou dévoyée

    des accommodements raisonnables doit trouver sa place. S’agit-il d’opérer

    demain des règles à géométrie variable selon les publics ? Non ! S’agit-il d’avoir

    des normes légales ou réglementaires différentes par groupes communautaires ?

    Non !  S’agit-il de renoncer à nos principes constitutionnels notamment en ce qui

    concerne l’égalité hommes-femmes ? Jamais ! S’agit-il de renoncer à la mixité de

    nos écoles ou institutions ? De revoir le contenu scientifique de nos cours ? Non !

     

    Les accommodements raisonnables ne sont en fait que des petites pratiques

    quotidiennes existantes depuis longtemps parfois et permettant dans un groupe

    d’individus, une entreprise, une école, un hôpital, d’aménager de manière

    volontaire et consensuelle, souvent à la marge et de manière personnalisée,

    l’organisation du temps ou des lieux ou des activités ou des repas pour permettre

    à tous de s’épanouir et d’être respectés dans leurs convictions. Il ne s’agit en fait

    que d’une simple question de respect de l’identité, respect qui par ailleurs par

    son aspect « raisonnable » ou praticable ne peut entrer en conflit avec la

    sensibilité des autres, ne peut remettre en cause des normes générales, ou

    encore l’efficacité d’une organisation. 

     

    2. Le besoin, au niveau national et pour chaque niveau de pouvoir d’une politique de la diversité transversale, reconnue à part entière.

      

    Le défi de l’interculturalité est, avec le défi démographique, climatique et

    économique, un des enjeux de société fondamentaux du XXIème siècle. Il mérite

    d’être appréhendé avec l’importance et le sérieux nécessaires et surtout via des

    politiques prioritaires officielles spécifiques et transversales reconnues et

    considérées comme telles et non vues comme des accessoires de seconde zone.

    Cela demande, au niveau belge, d’avoir dans chaque gouvernement des

    ministres clairement identifiés aux compétences transversales réelles et d’avoir,

    au niveau national, un Comité ministériel de la diversité efficace composé de

    chaque ministre compétent au sein de chaque niveau de pouvoir et chargé de

    coordonner ou d’impulser des politiques collectives dans le respect des

    autonomies réciproques.

     

    3. L’établissement d’une « stratégie  nationale pour une  diversité

    réussie » qui soit pluriannuelle, et coordonnée, dans chaque niveau de

    pouvoir, et entre les différents niveaux de pouvoirs.

     

    La réussite de l’interculturalité de notre société ne va pas  se décréter par slogan

    incantatoire ou par décisions politiques ponctuelles. Elle ne se réalisera au fil du

    temps que par une stratégie pluriannuelle et multi-dimensionnelle ayant des

    objectifs prioritaires, idéalement chiffrés, dans certains domaines, notamment en

    ce qui concerne l’insertion dans les mondes socio-professionnels, les

    qualifications, le nombre de plaintes pour discriminations objectivées. Cette

    stratégie doit se construire à partir des entités  fédérées et se coordonner sur

    certains aspects avec l’Etat fédéral.

     

    Cette stratégie doit être portée par les responsables publics, mais s’appuyer et

    investir dans les services de proximité et notamment associatifs devrait

    idéalement comprendre, sur base notamment du rapport qui vient de nous être

    présenté.

     

    - A. Un plan d’accès sans entraves à l’emploi et à tous les secteurs

    socio-professionnels en vue d’assurer la participation, la visibilité, la

    représentativité et l’insertion  des personnes d’origine étrangère dans tous

    les milieux de vie (police, fonction publique, entreprises, enseignement,

    médias, professions libérales, etc.) et à tous les niveaux hiérarchiques. Il

    s’agit d’une politique volontariste de lutte contre la discrimination à

    l’embauche (plans de diversités généralisés, quotas momentanés), mais

    aussi et surtout d’investissement dans le capital humain : formation,

    accompagnement, orientation, soutien des groupes cibles, de nouveaux

    pactes interculturels. En ce qui concerne l’emploi, un plan complet de lutte

    contre les discriminations à l’embauche comprenant un grand nombre de

    propositions concrètes importantes est prêt et devait être déposé en avril

    dernier si le gouvernement n’était pas tombé.

     

    -B. Un programme radical de lutte contre les discriminations dans

    l’ensemble des secteurs  (emploi, logement, enseignement, police,

    etc.) : le racisme, la xénophobie moyennant un réel suivi renforcé, des

    inspections sensibilisées et augmentées, des procédures de poursuite plus

    nombreuses et des sanctions plus  fortes dans un nombre de cas étendus

    (injures, etc.). Cette approche de lutte contre les discriminations demande

    aussi des actions spécifiques de discriminations positives adaptées si les

    mesures multiculturelles ne suffisent pas.

     

    -C. Opérer une révolution copernicienne des mentalités.  

    Ce n’est qu’en agissant sur les projections respectives, les stéréotypes, la

    méconnaissance réciproque, les peurs et les replis que l’on fera naître une

    interculturalité harmonieuse. Il s’agit donc de concrétiser des avancées sur

    ce point  en matière de médias, d’enseignement et de formation des

    enseignants, de formation des personnes responsables des ressources

    humaines, de formation et sensibilisation des autorités hiérarchiques, du

    rôle plus conscientisé des médias et des politiques d’information, d’une

    politique de mémoire légitime qui s’impose.  

     

    -D.  Organiser la mix-cité et les rencontres constantes entre personnes

    d’origines différentes, valoriser les activités interculturelles et non

    uniquement monoculturelles, renforcer  les échanges et rencontres, les

    partenariats entre groupes d’origine diverse via l’école, le secteur

    associatif, le secteur de la jeunesse.

     

    -E. Déployer les espaces, rôles et fonctions de conseils, impulsions, 

    médiations et d’arbitrages interculturels via à la fois la

    reconnaissance de nouvelles formations et de nouvelles fonctions

    officiellement reconnues : celles de médiateurs interculturels et ce dans le

    plus grand nombre de milieux de vie (scolaires, hôpitaux, entreprises,

    fonctions publiques, logements sociaux, quartiers, etc.). Eviter les conflits,

    les gérer, trouver les compromis, conseiller, réconcilier et apaiser les

    tensions éventuelles entre personnes d’origines diverses sont des 

    fonctions-clés de la vie en société actuelle et future qui demanderont de

    nouvelles formations et de nouveaux métiers reconnus.

     

    -F. Déployer dans l’ensemble du pays, et notamment à Bruxelles et

    en Wallonie, une politique active et personnalisée

    d’ « inburgering » des nouveaux arrivants.

     

    L’immigration est à la fois un fait actuel et une nécessité pour le futur si l’on veut compenser le choc du vieillissement de la population européenne, le rétrécissement du marché du travail qui y sera lié et donc assumer le poids de nos systèmes

    de sécurité sociale et de pensions. 80 pc des 18 millions d’habitants

    européens nouveaux des 10 dernières années viennent de l’immigration. Il

    s’agit dès lors du facteur-clé de maintien et d’augmentation de la

    population européenne qui se retrouve face aux explosions

    démographiques des autres continents émergents. Aussi, nous devrons,

    aux niveaux européen et belge, définir un politique d’immigration

    maîtrisée certes mais réelle.

     

    Dès lors, et sans attendre, il est indispensable de systématiser une politique d’accueil et d’accompagnement systématique et d’y prévoir notamment dès l’arrivée l’apprentissage de la langue et des modes d’organisation sociale  et institutionnelle du pays et de ses régions. Il s’agira dès lors de mettre en œuvre une politique

    d’ « inburgering » à Bruxelles comme en Wallonie, comme le prévoit

    l’accord de gouvernement. Cette stratégie en 6 points doit,  pour réussir,  se baser sur une méthode nouvelle et efficace et se doter d’outils permanents  d’évaluation externe et indépendante de la concrétisation des objectifs et des problèmes rencontrés. Elle doit aller de pair avec le choix d’une politique migratoire maîtrisée et clairement définie pour l’avenir et la résolution de la crise de  l’accueil et de

    l’asile. En effet, si cette crise n’a rien à voir avec les problèmes vécus par les

    jeunes Belges de la troisième génération de personnes d’origine étrangère et la

    thématique de l’insertion des citoyens établis depuis longtemps chez nous, elle

    crée des amalgames, des raccourcis, des peurs et des projections négatives que

    ressentent les minorités établies chez nous. 

     

    4. La constitution d’un Conseil consultatif interfédéral de la diversité.

    Le rapport du Comité de pilotage est une contribution essentielle pour le futur

    des politiques de diversité.  Ce rapport recommande lui-même d’organiser un

    suivi réel pour s’assurer de la prise en compte du rapport et de la concrétisation

    de ses propositions. Reconnaissons que l’importance et la complexité du sujet exigent  désormais de ne plus vivre au rythme de rapports successifs, entrecoupés de périodes longues ou courtes. Cette thématique a besoin d’une prise en charge constante.  Par ailleurs, un travail, des conseils et études restent nécessaires pour aborder de manière complète, notamment :

     - le rôle-clé des médias classiques et nouveaux afin de promouvoir une

    société interculturelle, réduire les a priori et les projections négatives et

    faire évoluer les mentalités ;

    - la question des cultes, de leur organisation et de leur rapport entre eux et

    à l’Etat ;

    - la précision des ajustements ou accommodements  raisonnables et la part

    des droits de respect de la  diversité  et du devoir de respect des normes et

    règles collectives.

     

    Il me semble dès lors opportun qu’un  Comité de pilotage devienne  permanent

    et que l’on établisse à l’occasion du prochain gouvernement un Conseil

    consultatif interfédéral de la diversité  composé notamment de membres des  Conseils consultatifs de la diversité, à créer ou désigner au niveau des Communautés et Régions, Conseils par ailleurs représentatifs des différentes sensibilités et origines.

    Ce Conseil indépendant pourrait être chargé de donner de sa propre

    initiative ou à la demande des avis, recommandations, conseils

    constants sur des thématiques ponctuelles liées à l’insertion et

    l’interculturalité à destination des gouvernements compétents (chaque

    Conseil régional ou communautaire étant en charge exclusivement des

    recommandations destinées au niveau de pouvoir compétent).   

    Il pourrait également assumer le suivi constant des propositions ou initiatives

    prises en la matière et jouer un rôle d’arbitrage consultatif pour tenter de

    résoudre les problématiques générales ou ponctuelles et pratiques  posées par

    les relations interculturelles. 

     

    3. Conclusions 

     

    En conclusion,  je ne peux que vous remercier pour ce rapport qui sera publié sur

    le site des Assises dès cet après-midi et que je vais transmettre officiellement à

    l’ensemble de mes collègues de l’ensemble des gouvernements du pays. Il me

    semble opportun de l’inscrire à l’ordre du jour d’un prochain Comité de concertation pour analyser ensemble la suite à lui donner et je l’espère mettre sur pied une conférence interministérielle qui puisse, à l’instar de ce qui s’est fait sur le plan de lutte contre les violences conjugales, initier un travail en vue de déposer une stratégie collective.

     

    Je voudrais terminer cette allocution en lançant un appel à l’ensemble de nos

    niveaux de pouvoir, à l’ensemble de nos acteurs socio-économiques,

    éducatifs, académiques et associatifs, un appel à déployer une volonté

    politique forte, voire radicale, à porter le projet d’une interculturalité

    réussie tant au Nord qu’au Sud et à Bruxelles, à oser avancer sans dogme

    ni a priori avec le sentiment d’écrire une page inédite, délicate et irréversible de

    notre histoire, de cette histoire d’une humanité basée sur la tolérance, le respect

    des différences et l’impératif de normes et valeurs collectives, une volonté

    politique forte d’oser bouger malgré les discours populistes ou extrémistes de

    certains, malgré les réticences compréhensibles d’un grand nombre d’habitants

    qui ont besoin de pédagogie et de sensibilisation comme de pain pour

    comprendre l’urgence d’un nouveau lien social, d’un réel respect et insertion des

    personnes d’origine étrangère  et du dialogue à nouer avec elles.

     

    Sur cette base et dans ce cadre, je voudrais lancer également un appel à

    l’ensemble des acteurs représentatifs des communautés étrangères ou

    de leurs religions pour qu’ils partagent parallèlement cette même volonté forte et

    continuent à sensibiliser par ailleurs à la nécessité de déployer les sentiments

    d’appartenance collective, de partager des valeurs démocratiques et

    constitutionnelles communes, de développer des logiques de respect de l’Etat de

    droit, des sensibilités de l’autre et de la mémoire collective du pays.     

     La question du sens et de l’ADN de notre pays se pose de plus en plus

    fréquemment en raison de notre contexte institutionnel pour le moins complexe.

     

    Pour moi, le génie, le talent, la force, le cœur, l’âme et donc le futur de

    notre pays est et devra continuer à être sa capacité à fédérer les

    différences, différences philosophiques, historiques entre religion et

    Etat ; différences politiques et différences linguistiques et

    communautaires.  Et, désormais, différences entre Belges de souche et

    nouveaux Belges, entre nationaux et personnes et citoyens de

    nationalités différentes.

     

    Voilà l’ADN de notre pays : son interculturalité !

    Voilà notre devoir collectif : réussir à la fois un nouveau pacte entre les

    néerlandophones et les francophones, mais aussi un nouveau pacte

    entre les Belges qu’ils soient de souche ou non et entre les Belges et les personnes de nationalité différente.

     

    Comme le dit Kofi Annan, « La diversité est aussi bien le fondement du dialogue

    entre les civilisations que la réalité objective qui rend ce dialogue nécessaire. Il

    est possible d'aimer ce que nous sommes sans haïr ce que nous ne sommes

    pas ».

     

    Barack Obama me permettra de conclure : « Tant que notre relation restera

    définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la

    haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui

    peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle

    de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé. (...) Nous devons consentir un

    effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ;

    de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. »


     

      [Intervention communiquée par Luc Collès]

    Posté par Alaindependant
     
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    http://alainindependant.canalblog.com/archives/2011/03/09/20589413.html

     

     


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  •  
     
    Lundi 14 mars 2011

     

     

    Élections 2012 : De l'islamophobie au choc des civilisations…

    Élections 2012 : De l'islamophobie au choc des civilisations


    On se souvient du débat sur l'identité nationale, voulu par Nicolas Sarkozy et mené à l’échelle nationale par Eric Besson. Très vite, ce débat avait montré son véritable objectif : stigmatiser la communauté musulmane, et la désigner comme bouc émissaire responsable de tous les problèmes que connaissent les Français !  Mais ce « débat » a rapidement tourné court, la ficelle étant un peu grosse. Nombreux ont été les Français de tout bord à s’indigner, et le fameux débat pris fin, faute d’interlocuteurs.

    Mais le mal était fait, et des graines de discorde et de haine avaient été semées, sans parler des dérapages de certains. Ces dérapages, volontaires et calculés, étaient d'ailleurs des ballons d’essai, de petites bombes à retardement en attendant que le débat rebondisse. En réalité, la campagne islamophobe n’a jamais cessé, et a même pris de l’ampleur. Reprise et amplifiée par l’extrême-droite pro-sioniste, celle que l’on reçoit avec tous les égards à Tel Aviv, elle a fini par faire partie de l’air du temps dans la vie politique de notre pays. Ainsi, Marine Le Pen a largement utilisé l’islamophobie dans sa campagne interne contre Bruno Gollnisch pour la présidence du Front National, et pour acquérir un espace médiatique longtemps refusé à son père. Il est vrai que lorsqu'on dénonce le lobby sioniste et le CRIF (Conseil Représentatif d'Israël en France), on est très peu invité sur les plateaux télévisés du système…

    Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy remonte au créneau et veut à nouveau mettre la question de « l’Islam de France » sur le tapis. A sa demande, le groupe parlementaire UMP va lancer un nouveau débat à l’Assemblée nationale. Le cadre a été fixé par avance par le Président lui-même : préciser – et donc stigmatiser – la place de l’Islam en France. Cette campagne poursuit plusieurs objectifs. Tout d’abord, détourner l’attention des Français des vrais problèmes, qui sont eux bien connus : chômage, appauvrissement, précarité face à une grande finance aussi insolente que cosmopolite (et qui porte toute la responsabilité de la crise économique actuelle)… On souhaite également faire de l’Islam l’un des thèmes majeurs de la prochaine élection présidentielle, si elle a bien lieu en 2012 (tout change très vite ces jours-ci !). Mais le véritable objectif va bien au-delà des prochaines élections. On prépare en effet l’opinion publique au « choc des civilisations », c'est-à-dire à une guerre contre les pays musulmans, qui en ce moment tentent de se libérer de la domination américano-sioniste.

    Les révolutions en cours dans tout le monde arabe montrent amplement les liens politico-financiers qui unissent la classe politique française aux dictatures arabes, dont celles de Tunisie et d'Égypte. Les scandales autour du voyage de Michèle Alliot-Marie en Tunisie, le discours de François Fillon en Arabie Saoudite faisant l’éloge de Moubarak, et l’appartenance des deux dictateurs tunisien et égyptien à l’Internationale Socialiste ont suffisamment ouvert les yeux de nos compatriotes (et en particulier des Français musulmans). Ces révolutions, toujours en cours, confirment aussi que la « démocratie » n’est bonne pour les pays arabes que si Israël donne son accord… Et sur ce dernier point, droite et gauche sont parfaitement en phase !

    La défense d’Israël étant la priorité de la France selon Nicolas Sarkozy (et selon également les dirigeants socialistes, ce n’est pas Dominique Strauss-Kahn qui nous démentira !), on veut donc désigner un ennemi intérieur qui servira à la fois de diversion et de conditionnement psychologique pour les événements à venir. Bien entendu, aucun de ces politiciens de l’UMPS ne nous parlera du lobby sioniste, qui est une préoccupation beaucoup plus sérieuse (car située au plus haut niveau de l’État) que quelques prières musulmanes accomplies dans quelques rues françaises. La soumission de la classe politique et médiatique au CRIF et à Israël va de pair avec la montée de l’islamophobie en France. Et l’isolement croissant de l’entité sioniste après la chute des dictateurs à ses ordres, ne peut qu’accentuer l’islamophobie voulue et programmée par le lobby sioniste et les politiciens à ses ordres.

    C’est pourquoi, il est erroné de ne voir dans la campagne contre l'Islam qu’une tactique électorale. Il s’agit d’une stratégie mûrement réfléchie, soigneusement organisée. Elle est directement liée à la situation internationale, à savoir la crise d’un système économique dominé par les lobbies sionistes, et combattu par les peuples et les nations décidés à s’en libérer. Nous nous attendons à une montée en puissance de cette campagne islamophobe, et les pires provocations sont à craindre. Le prévoir permet au moins de s’y préparer, et c’est aussi une des fonctions que s’est données le Parti Anti Sioniste.

     

    Yahia Gouasmi
    Président du Parti Anti Sioniste
     

     

     http://www.partiantisioniste.com/communications/elections-2012-de-l-islamophobie-au-choc-des-civilisations-0623.html
    Voir aussi sur ce site  :
    (..) Tout ceci confirme l'existence d'une ingérence nord-américaine, officielle et ouverte, dans la vie politique française. Son but est de donner une image positive de l’USraël aux musulmans français, et tenter de les opposer au reste de la population. Nous retrouvons le fameux « choc des civilisations », mais cette fois à l’échelle d’un seul pays. (..)
    Les manipulations américaines dans les banlieues françaises
     

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