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    Vendredi 1 janvier 2010

          

     

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                                  Crucifixion de Jésus 

     

     

     

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    Lundi 30 novembre 2009

     

     



    La politique israélienne
    et le "choc des civilisations"

     

     

     


    Le fil conducteur de ma réflexion sur le rôle nouveau de la politique israélienne, en ce qui concerne non plus seulement le Proche Orient, mais la politique de domination mondiale des Etats-Unis, fut le véritable Discours sur l'histoire universelle que constitue l'article - programme de Samuel Huntington sur Le choc des civilisations   (publié dans la revue Commentaire n· 66, à l'été 1994.)

     

     

     

    Jusque-là le Pentagone avait simplement exprimé l'utopie optimiste de son rêve de domination mondiale avec le livre de Fukuyama sur La fin de l'histoire qui consisterait à imposer au monde entier la pire théorie libérale de la domination: le monothéisme du marché

     

     

     

    La thèse de Samuel Huntington est plus subtile: elle montre les obstacles à la  réalisation de ce nouvel ordre mondial.

     

     

     

    Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, c'est-à-dire pendant un demi - siècle, la politique de surarmement américain avait donné pour prétexte: la menace soviétique.

     

     

     

    C'était, au nom de la sécurité américaine, la justification d'agressions en tous les points du monde jusqu'au Viet Nam ou en Corée, de soutien à toutes les dictatures militaires en Amérique latine comme aux Philippines de Marcos, à la protection de l'apartheid dans l'ancienne Afrique du Sud.

     

     

     

    Après l'effondrement de l'URSS il fallait trouver un remplaçant dans le rôle du méchant, de l'Empire du mal, à combattre sur trois continents, et ce fut l'Islam, afin qu'une menace mondiale de terrorisme justifie la continuation et même l'accélération de la course aux armements, et les occasions "d'intervention" économique ou militaire dans tous les points du monde.

     

     

     

    Les thèses d'Huntington sur le Choc des civilisations constituent la base théorique de cette nouvelle orientation stratégique.

     

     

     

    Ses conclusions sont révélatrices:

     

     

     


    "Le choc des civilisations dominera la politique mondiale. Les lignes de fracture entre    civilisations seront les lignes de front de l'avenir...

     

     

     

    Dans ses conclusions il montre clairement les implications de son analyse du point de vue de la politique internationale:

     

     

     

    "Limiter l'accroissement de la force militaire des Etats confucéens et musulmans; ne pas trop réduire les capacités militaires occidentales et conserver une supériorité militaire en Extrême-Orient et dans l'Asie du Sud-Ouest; exploiter les différences et les conflits entre Etats confucéens et Etats musulmans; soutenir, dans les civilisations non occidentales, les groupes favorables aux valeurs et aux intérêts de l'Occident.

     

     

     

    L'Occident devra par conséquent conserver la puissance économique et militaire nécessaire à la protection de ses intérêts dans ses relations avec ces civilisations."

     

     

     

    Voilà qui a au moins le mérite d'être clair.

     

     

     

    Quel peut être le rôle d'Israël
    dans la géopolitique ainsi conçue?

     

     

     

    Israël a une position stratégique déterminante dans cet affrontement des  deux mondes.

     

     

     

    Le père spirituel de l'Etat d'Israël lui avait assigné, avant même qu'il n'existât, sa mission fondamentale. Pour créer l'Etat juif, dans toutes ses démarches auprès des    puissances occidentales alors colonialistes (Angleterre, Allemagne, Italie, Russie) son argument majeur était que si l'une d'elles était la protectrice de cet Etat juif, elle    aurait non seulement un avantage décisif sur toutes ses rivales, mais cet Etat représenterait pour tous un coin enfoncé en Orient, pour la pénétration coloniale de l'Occident. Il écrivait, en 1895, dans son livre: L'Etat juif: "Pour l'Europe nous constituerions là-bas un morceau du rempart contre l'Asie, nous serions la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie."    (L'Etat juif Ed. Lipschutz. Paris 1926. p. 95)

     

     

     

    Eisenhower considérait déjà le Moyen-Orient comme "le lieu stratégique le plus important du monde." (cité par Steven Spiegel: The other Arab-Israeli conflict, Université de Chicago 1985 p.51)

     

     

     

    Israël a l'avantage de trois privilèges majeurs:

     

     

     

    1· - Sa position stratégique au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.

     

     

     

    2 · - Sa position économique au coeur de cette partie du monde qui contient la moitié du pétrole du monde, nerf de la croissance  (au sens occidental du mot.)

     

     

     

    3· - Sa légende théologique de peuple élu de Dieu, servant de couverture aux convoitises occidentales sur la position stratégique et la position économique d'Israël,   en plaçant ses exactions, quelles qu'elles soient, au-dessus de toute loi et de toute sanction humaines, en particulier au-dessus de toute décision de la communauté internationale (par exemple des 192 condamnations de l'ONU prononcées contre elle, et dont le veto des Etats-Unis la protège en dernière instance.)

     

     

     

     

     

    a) -    Sa position stratégique au carrefour de trois continents 

          

     

    La Palestine qu'Israël veut annexer tout entière, comme première  étape de la conquête de ce qu'Hitler appelait déjà son espace vital (Lebensraum), c'est-à-dire tout le Proche et Moyen Orient, de l'Euphrate au Nil, par la désintégration de tous les Etats voisins (Liban, Syrie, Irak, Jordanie, Egypte), est située au carrefour géographique et stratégique de trois continents: l'Europe, dont elle est le front avancé, l'Asie et l'Afrique, et d'abord le passage obligé vers l'Océan Indien et l'Asie du Sud- Ouest: de là sa première ambition déjà réalisée, de s'installer dans le Golfe d'Akaba qui s'ouvre sur la Mer Rouge, à condition que le détroit de Tiran soit en de bonnes mains. Les Etats-Unis et Israël ont obtenu en deux temps cette garantie: d'abord par les accords   de Camp David, le Munich égyptien, signé aux Etats-Unis et sous leur pression le 18 septembre 1977, par lequel était brisé un possible front uni des pays voisins d'Israël et menacés par son expansionnisme.

     

     

     

    Quatrième point du    programme d'aide: Israël reçut, de 1948 à 1952, autant, à lui seul, que cinq pays du Machrek (Egypte, Liban, Jordanie, Syrie, Irak) comptant une population 20 fois supérieure.

     

     

     

    La coopération    militaire, commencée en 1961, prit une ampleur considérable après Camp David: le Protocole d'entente stratégique signé à Washington, le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes par Reagan, plus grande que celle prévue par les accords antérieurs, notamment 75 nouveaux chasseurs F.16, quelques jours avant l'invasion du Liban. Si bien que six semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, se produisait l'invasion du Liban. Ainsi commençait à se réaliser le projet de Grand Israël et d'un véritable empire du Moyen Orient qu'Ariel Sharon avançait déjà en décembre    1981.

     

     

     

    A l'exemple des Etats-Unis chassant les Indiens sans fixer de limites à leur propre   expansion, Moshe Dayan en 1982, ajoutait: "Prenez la Déclaration américaine de l'indépendance. Elle ne contient aucune mention de limites territoriales. Nous ne   sommes pas obligés de fixer les limites de l'Etat."  (Jérusalem-Post du 10 août 1967).

     

     

     

    Tout ceci sous la protection inconditionnelle des Etats-Unis, non seulement opposant leur veto à toute sanction, mais fournissant les armes du crime. L'International Herald Tribune du 22 juillet 1982 nous apprend que "le gouvernement israélien aura dépensé cette année 5 milliards et demi de dollars en armements et équipements militaires. Le tiers de cette somme provient du Trésor américain."

     

     

     

    Cette politique de surarmement est couronnée par un équipement nucléaire sur   lequel, Israël, se plaçant, en ceci comme en tout, au-dessus de toute légalité internationale (192 condamnations de l'ONU sont restées lettres mortes depuis 1972) refuse tout contrôle.

     

     

     

    Le 29 juin 1975, le journal israélien Haaretz écrivait, sous la plume de Shlomo   Aharonson:

     

     

     

    "L'arme nucléaire est l'un des moyens qui peuvent renverser l'espérance des Arabes d'une victoire finale sur Israël... Un nombre suffisant de bombes atomiques pourrait causer des dommages énormes dans toutes les capitales arabes, et provoquer   l'effondrement du barrage d'Assouan. Avec une quantité supplémentaire, nous pourrons toucher les villes moyennes et les installations pétrolières... Il y a, dans le monde arabe, une centaine de cibles dont la destruction... enlèverait aux Arabes tous les avantages qu'ils ont retirés de la guerre du Kippour..."

     

     

     

    L'Etat d'Israël n'est plus seulement le mandataire d'un colonialisme collectif de l'Occident sous hégémonie américaine. Il est devenu, pour les Etats-Unis, une pièce majeure dans le rapport des forces sur l'échiquier planétaire, et ceci bien au-delà du Proche Orient.

     

     

     

     

     

    b) -    Sa surveillance des pays pétroliers du Golfe.


    Dans cette politique mondiale, Israël joue un rôle privilégié comme gendarme des champs pétroliers du Moyen Orient.

     

    Or, plus encore que depuis la chute du Shah d'Iran qui assurait aux Etats-Unis le contrôle du Golfe Persique, et notamment du détroit d'Ormuz où transite la moitié du pétrole mondial, Israël est investi de cette charge.

     

     

     

    C'est pourquoi d'ailleurs, dans son rêve d'expansion du Grand Israël qui coïncide si bienavec les visées des Etats-Unis dans la région, son rôle essentiel, grâce à son   hégémonie dans les médias mondiaux, est de diaboliser le nouvel Iran en lui attribuant la fonction satanique d'être le chef d'orchestre clandestin du terrorisme mondial.

     


    Lorsque les Etats-Unis envoyèrent leurs troupes en Arabie Saoudite en août 1990 "Les Etats-Unis n'envoient pas des troupes dans le golfe uniquement pour aider l'Arabie Saoudite à résister à l'agression mais pour appuyer le pays de I'OPEC qui est le plus à même de servir les intérêts de Washington." ("Wall Street Journal" du 31 août    1989.)

    Il s'agissait là, de faire un exemple pour montrer au Tiers-monde tout entier qu'il n'est permis à aucun peuple, sous peine de destruction, de s'élever au plus haut niveau technique, d'exploiter ses richesses nationales (en l'occurrence: le pétrole) sans le contrôle de leurs prix par les grandes puissances, et surtout d'échapper à la religion qui n'ose pas dire son nom mais qui est imposée au monde entier par les  Etats-Unis: le monothéisme du marché et l'idolâtrie de l'argent.

    Le bombardement de l'Irak coûta, selon la Croix Rouge, plus de 200.000 morts à la population civile, et le maintien arbitraire de l'embargo a ... tué plus encore d'enfants par manque de nourriture et de soins.

     



    c) -    
    Son mythe pseudo-thélogique de peuple élu

     



    La logique biblique du Grand  Israël, avec l'appui inconditionnel de Washington, peut ainsi servir de détonateur à une troisième guerre mondiale, ou, pour reprendre l'expression de Huntington, à la première guerre civilisationnelle...

    La revendication  biblique du grand Israël, de l'Euphrate au Nil, par une lecture intégriste de la Bible, c'est-à-dire une lecture littéraliste, transformant les grandioses paraboles des patriarches et des prophètes, en une histoire nationaliste et même tribale, est l'hérésie nécessaire à la politique sioniste. Elle conduit à ce paradoxe: les statistiques du gouvernement israélien estiment que 15 % seulement des israéliens sont religieux, et pourtant l'on fait croire à la grande majorité du peuple que cette terre lui appartient parce qu'elle lui a été promise par un Dieu... auquel il ne croit pas.

     

     
    La référence aux textes bibliques pour justifier les agressions et les massacres de lapolitique israélienne est une constante de cette politique. Cette utilisation sanglante des textes bibliques pour justifier une politique criminelle ne repose sur aucune base   religieuse, mais sur une lecture intégriste, littéraliste, des textes sacrés, lecture intégriste qui devient une escroquerie raciste sanglante.

     


    L'intégrisme consiste, (comme les talibans le font pour le Coran), en une lecture  littérale, tribale, qui, transformant la parabole en une fausse histoire, transforme par exemple la promesse faite, par leurs dieux, à toutes les tribus nomades du Fertile   Croissant, d'une Terre féconde et d'une postérité nombreuse pour toutes les familles de la terre en une donation inconditionnelle signée par un Dieu tribal excluant tous les peuples pour en privilégier un seul pour l'éternité. Abraham Herschel dans son livre: Israel An Echo Of Eternity (Doubleday. N.Y. 1969, p.115: "L'Etat d'Israël, c'est la réponse de Dieu à Auschwitz.".) Cela dure aujourd'hui: le professeur Moshe   Zimmerman chef du département d'études germaniques  à l'Université hébraïque de   Jérusalem, spécialiste de l'étude du nazisme, déclare dans le journal Yerushalayim du 28 avril 1995: "Il est de bon ton de dire que l'Holocauste est la justification  principale de l'instauration d'Israël.", et il ajoute: "Il y  a un secteur entier de la population juive que je définis sans hésitation comme une copie des nazis allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne.» En 1974 déjà, dans le journal Yediot Ahronot, Menahem Barash exaltait l'enseignement du rabbin Moshe Ben-Zion qui utilisait les textes bibliques pour définir l'attitude israélienne à l'égard des Palestiniens, "cette peste déjà dénoncée dans la    Bible,... pour nous emparer de la terre promise par Dieu à Abraham. Nous devons suivre l'exemple de Josué pour conquérir la terre d'Israël et nous y installer, comme le commande la Bible... Il n'y a pas place, en cette terre, pour d'autres peuples que celui d'Israël. Ce qui signifie que nous devons en expulser tous ceux qui y vivent... C'est une guerre sainte exigée par la Bible."

     



    Deux mois plus tard le rabbin  Elazar Valdman du Gush Emounim écrivait dans le   journal Nekurah des colons de la Cisjordanie: "Nous devons évidement établir l'ordre au Moyen Orient et dans le monde. Si nous n'en prenons pas la responsabilité nous   sommes des pécheurs, non seulement devant nous-mêmes mais devant le monde. Car qui peut rétablir l'ordre dans le monde? Tous les dirigeants occidentaux ont des caractères faibles" (Repris dans Davar, 8 octobre 1982).

     


    L'un des fondateurs du mouvement, Yehuda Ben Meir dénonçait les conséquences d'une telle politique: "D'après Gush Emounim, nous devons conquérir non seulement la Syrie et la Turquie mais le sang de nos enfants doit devenir le gardien du monde entier".

     

     

     


    Ariel Sharon, lors de la convention du Likoud de mai 1993, a proposé ouvertement  
    qu'Israël fonde sa politique officielle sur la notion des frontières bibliques.

     


    Cette hérésie, dont le fondateur est Théodore Herzl, a été dénoncée, dès son apparition, par les rabbins et les juifs fidèles à la foi de leurs prophètes.

     


    Parmi beaucoup d'autres exemples, le rabbin Moshé Menuhin (le père du génial musicien Yéhudi Menuhin) écrit un livre: The decadence of judaism, dans lequel il montre que cette décadence du judaïsme, c'est précisément le nationalisme sioniste. Le titre primitif de son livre était: Le nationalisme juif: un crime et une malédiction historique monstrueuse.

     


    Il établit qu'à l'encontre de l'universalisme des prophètes juifs, l'interprétation tribale et nationaliste de l'alliance et du peuple élu, par ceux qu'il appelle "les barbares tribaux comme Ben Gourion, Moshé Dayan, et tout le gang militaire qui a dévoyé Israël" (p.XIII) ont fait de l'Agence juive et des organisations sionistes, dans le monde  entier "des organes du gouvernement d'Israël" (pp. 350, 429    et 457); avec la même idéologie raciale que les antisémites. (p. 308)

     


    Le rabbin Elmer Berger ne cessait de rappeler que la Promesse était conditionnelle:

     


    Lévitique. XXV, 18: "Mettez mes lois en pratique... et vous habiterez en sécurité dans le pays."

     


    XXVI, 3: "Si vous suivez mes lois, si vous les..mettez en pratique.. 9: Je    maintiendrai mon alliance avec vous... 14...

     


    Deuteronome:    

     

     

     

    XI, 26: "Je mets aujourd'hui devant vous bénédiction et malédiction,       

     

     

     

    27. La bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur, votre Dieu...       

     

     

     

    28. La malédiction si vous n'écoutez pas les commandements du Seigneur votre  Dieu. 

     

     

     

    La tentative, en 1956, d'envahir l'Egypte pour s'emparer du Canal de Suez, avec la   complicité de la France et de l'Angleterre, échoua. Surtout parce que les Etats-Unis n'acceptaient pas, comme le général de Gaulle le montra plus tard dans son discours de Pnom Penh, que le contrôle de la Mer Rouge leur échappe pour leurs entreprises au Viet Nam et en Extrême Orient.

     


    Les dirigeants israéliens retinrent la leçon: leur prochaine entreprise d'expansion devait s'appuyer prioritairement sur les E.U. Le Protocole d'entente stratégique, signé à Washington le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes,... si bien que dix semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, grâce aux accords de Camp David qui l'assuraient de n'avoir pas à combattre sur deux fronts, était engagée l'invasion du Liban: sur 567 avions dont disposait alors Israël, 457 venaient des Etats-Unis subventionnés par les dons et les prêts de Washington.

     

     

     


    Après la guerre des Six jours, Israël, qui avait occupé toutes les frontières de ses voisins, du Liban au Golan et à la Cisjordanie, annexait Jérusalem alors qu'elle n'avait   été admise à l'ONU qu'à trois conditions:

     

     

     


    1. Ne pas toucher au statut de Jérusalem,       

     

     

     

    2 Permettre aux Palestiniens le retour chez eux,       

     

     

     

    3 Respecter les frontières de la partition.       

     


    La loi internationale était ainsi tenue pour un chiffon de papier ainsi que l'avait dit déjà Ben Gourion lors de la première guerre d'expansion de 1948.

     


    En décembre 1981, avant même l'invasion du Liban, Ariel Sharon déclarait: "Dans les années qui viennent la sphère des intérêts stratégiques d'Israël ne s'étend pas seulement aux pays arabes de la Méditerranée, mais à tout le Proche-Orient, et elle doit s'étendre à l'Iran, au Pakistan, au Golfe, à l'Afrique et à la Turquie.»

     


    Ce plan, exposé en clair dans la revue Kivounim (Orientations) publiée à Jérusalem par l'Organisation sioniste mondiale sous le titre: Plan stratégiques d'Israël, exige la   désintégration de tous les Etats voisins d'Israël, du Nil à l'Euphrate. En voici les passages essentiels:

     

     
    "En  tant que corps centralisé, l'Egypte est déjà un cadavre, surtout si l'on tient compte de  l'affrontement de plus en plus dur entre musulmans et chrétiens. Sa division en provinces géographiques  distinctes doit être notre objectif politique pour les années 1980, sur le front occidental. 

     



    Une fois l'Egypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays      comme la Libye, le Soudan, et d'autres plus  éloignés, connaîtront la même dissolution. La formation d'un Etat copte en Haute-Egypte, et      celle de petites entités régionales de faible importance, est la clef d'un développement historique actuellement retardé par l'accord de paix, mais inéluctable à long terme.

    En dépit des apparences, le front Ouest présente moins de problèmes que celui de l'Est. La partition du Liban en cinq provinces... préfigure ce qui se passera dans  l'ensemble du monde arabe. L'éclatement de la Syrie et      de l'Irak en régions déterminées sur la  base de critères ethniques ou religieux, doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces      Etats.

    Les structures ethniques de la Syrie l'exposent à un démantèlement  qui pourrait aboutir à la création d'un Etat chi'ite le long de la côte, d'un Etat sunnite dans la région d'Alep, d'un autre à Damas, et d'une entité druze qui pourrait souhaiter constituer son propre Etat - peut-être sur notre Golan - en tout cas avec l'Houran et le nord de la Jordanie... Un tel Etat serait, à long terme, une garantie de paix et de sécurité pour la région. C'est un objectif qui est déjà à notre portée

    Riche en pétrole, et en proie à des luttes intestines, l'Irak est dans la      ligne de mire israélienne. Sa dissolution serait, pour nous, plus importante que celle de la Syrie, car c'est lui qui  représente, à court terme, la plus      sérieuse menace pour Israël.
    " 
    (Source: Kivounim. Jérusalem. n· 14, n· de février 1982. Pages 49 à 59.)
          
    (Le texte intégral, dans  son original hébreu, est reproduit dans mon livre: Palestine, terre des messages divins Ed. Albatros. Paris 1986 p. 377 à 387, et dans sa traduction française à partir de la page 315.)
       
    Pour la réalisation de  ce vaste programme les dirigeants israéliens disposaient d'une aide américaine sans restriction.

     

     

     

    Ce plan d'embrasement de tout le Moyen Orient (avec les implications mondiales qu'il est aisé de concevoir) n'a cessé, avant même d'être explicité avec tant de cynisme, d'orienter toute la politique de guerre d'Israël et de violer toutes les décisions de la Communauté internationale des Nations Unies, avec l'appui inconditionnel des Etats-Unis.

     

     

     

    Pour ne retenir que l'essentiel rappelons que, sous prétexte de sécurité l'Etat d'Israël occupe, depuis 1968, les frontières de tous ses voisins: le Liban et la Syrie notamment (malgré la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'ONU affirmant "I'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre" et exigeant "le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés"). Il ne cesse d'émietter, par sa colonisation, le territoire palestinien dont il contrôle 96 %.

     

     

     

    Là encore, Natanayou a franchi de nouvelles étapes: pour mieux tenir Jérusalem sous sa griffe (malgré la résolution unanime de l'ONU) il ouvre dans la partie arabe de Jérusalem, à Bar Homa, un chantier pour construire 2000 appartements de plus réservés à des juifs.

     

     

     

    Il refuse d'exécuter les engagements pris à Oslo au nom de l'Etat d'Israël de retirer ses troupes d'une partie des territoires occupés. Il viole délibérément les accords malgré les protestations internationales.

     

     

     

    Le mardi 18 mars 1997, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne ont vivement   critiqué la décision israélienne d'engager les travaux de construction d'une onzième colonie à Jérusalem Est.

     

     

     

    Il maintient, à Hébron, une véritable poudrière: au milieu de 120000 habitants palestiniens, sont installés 500 colons, ceux là mêmes qui fleurissent le tombeau de   l'assassin Baruch Goldstein, qu'ils tiennent pour un Héros et où règne l'esprit du vieux Parti national religieux qui prétend faire une synthèse entre le judaïsme orthodoxe et le nationalisme séculier du sionisme politique en donnant à la colonisation une   légitimation religieuse.

     

     

     

    Même le président d'Israël, chef de l'Etat, Ezer Weitzman, accuse Netanyahou d'être responsable du blocage des négociations de paix et de l'isolement grandissant de l'Etat Hébreu. Parlant de Natanyahou il dit: "Cet homme m'a utilisé et trompé trop souvent. Aujourd'hui, dit-il, la coupe est pleine." (Le Monde du 2 juillet 1998).

     

     

     

    Natanyahou poursuit néanmoins sa politique de nettoyage ethnique, empêchant toute négociation sur le Golan Syrien comme sur Jérusalem et le Liban. M. Théo Klein ancien   dirigeant du CRIF, écrit: "Le slogan de sécurité d'abord , proclamé par M.   Natanyahou, est une manoeuvre criminelle." (Le Monde 2 mai 1998)

     

     

     

    Ce qui est évident. Comment invoquer la sécurité des frontières quand on occupe les frontières de tous les voisins et qu'on viole systématiquement à la fois les accords   internationaux, et la signature donnée aux Palestiniens lors des accords d'Oslo.

     

     

     

    La conclusion est fournie par le professeur Leibowitz (qui dirigea - rappelons le -   l'Encyclopédie judaïque, dans son livre: Israël et judaïsme (13) "Je dis que l'idée du grand Israël est une abomination." (p. 253)

     

     

     

    "Les Américains ne sont intéressés que par l'idée de maintenir ici une armée de mercenaires américains sous l'uniforme de Tsahal qu'ils pourront utiliser à leur gré le   moment voulu." (p. 226)

     

     

     

    Et, il conclut: "la force du poing juif vient du gant d'acier américain qui le recouvre, et des dollars qui le capitonnent." (p. 253)

     

     

     

    Cette réaction de rejet de la politique sioniste, au nom même de la piété juive et de l'universalisme de ses Prophètes, s'exprime de plus en plus fortement: déjà lors de l'invasion du Liban Pierre Mendès France et Nahum Goldmann avaient exprimé leur    réprobation.

     

     

     

    Avec la même indignation contre une telle politique plus de cent intellectuels juifs   français dénonçaient la politique de Jérusalem. Parmi eux, les professeurs Jankélevitch, Minkovski, Rodinson, Pierre Vidal Naquet, dénonçant  "le recours systématique à la force brute et la recherche d'une hégémonie militaire dans cette région du monde." Ils concluaient: "Devant ce déni de justice, devant ce mépris des valeurs auxquelles ont   adhéré des générations de Juifs, nous refusons énergiquement toute solidarité avec la   politique actuelle d'Israël."

     

      

     

    d)    Une éducation    néo-nazie

     

     

     

    Cette politique de guerre, d'expansion coloniale permanente, implique plus encore que des exactions et des ruines matérielles: un conditionnement de l'homme lui-même, visant à lui inculquer le sentiment d'une supériorité raciale, comme tout colonialisme,   mais aussi le ressentiment engendré par une théorie pseudo-théologique, vue à travers le prisme sioniste, fondée sur trois principes destructeurs de l'humanité de l'homme:

     

    1· - Le refus de l'autre,fondée sur l'idée qu'entre les juifs et tout le reste du monde il y a "une barrière de feu", comme l'écrit le rabbin Cohen.

     


    2· Que L'Autre, (tous les autres) est un ennemi en puissance comme si l'histoire   entière était celle de la persécution éternelle d'un "Peuple juif" éternellement   innocent.

     


    3· - Que l'Etat sioniste israélien ne peut être formé qu'à un Bréviaire de la haine comme
    unique motivation de sa jeunesse, de son armée, de son peuple tout entier. Le  militarisme fondé sur ce mépris et cette haine de l'autre étant une fin en soi, le reste du monde, par exemple l'Allemand pour Goldhagen ou le peuple français et sa culture pour Bernard Henri Lévy, étant par essence un peuple de tueurs ou une culture de   l'abjection.

     

     

     

    Ce culte de la haine éternelle peut se résumer dans ce qu'un historien israélien a appelé "le complexe d'Amalec", Le 7 janvier 1952, lors du débat, à la Knesset, sur les   réparations, une banderole gigantesque proclamait sur le fronton de l'édifice: "Souviens-toi de ce qu'Amalec a fait de toi!" Et l'on sait ce que représente Amalec dans  l'histoire de Josué: ce qu'il faut exterminer (cf. Les  Puritains d'Amérique justifiant leur chasse à l'homme en identifiant les Indiens aux Amalècites)

     

     

     


    Politiquement cela s'exprime dans le cri de haine de Begin: "Ce n'est pas un allemand tout seul qui a tué vos pères. Chaque allemand est un nazi. Chaque allemand est un assassin. Adenauer est un assassin. Tous ses collaborateurs sont des assassins."

     

     

     


    Goldhagen n'avait plus, quarante ans après, qu'à délayer en 500 pages ce thème pour que le mouvement sioniste en fasse un best- seller, alors qu'un historien sérieux, comme
    Yehuda Bauer, reconnaissait que son université le refuserait même comme thèse de doctorat d'un étudiant.

     

     

     

    En juillet 1981, la Knesset faisait du Génocide un dogme national, par une loi   interdisant toute critique sous peine d'un an de prison (c'est l'ancêtre et le modèle de ce que la LICRA obtint en France avec la loi Gayssot)

     

     

     


    Ceci à la suite de l'article publié en 1980 par le célèbre éditorialiste, Boaz Evron, sous le
    titre: Le    génocide, un danger pour la nation, faisant observer que le massacre des juifs s'il était en effet, dans l'histoire juive, le plus grand des pogroms n'était pas dans l'histoire universelle ni le premier ni le plus grand, et que même les nazis ne   s'étaient pas seulement acharnés sur les Juifs, mais sur les Slaves, les gitans, et même sur les Allemands, notamment communistes, qui s'opposaient au régime.

     

     
    Boaz Evron montrait la malfaisance de ce mythe de la singularité juive qui dissociait le Juif du reste de l'humanité, le conduisant ainsi à son isolement.

    "Ainsi, concluait-il, les  gouvernants agissent dans un monde peuplé de mythes et de monstres qu'ils ont eux-mêmes crées."
    (Boaz Evron: ITON 77 · 21. Mai- juin 1980 p. 12. cité par Tom Segev op. cit. p467.)

     

     

     

    Ce thème obsessionnel d'une Mémoire qui ne serait que haine, répété chaque jour à l'école, dans l'armée, dans la presse, le cinéma, la télévision, crée cet état d'esprit. Un  jour le rédacteur de Maariv écrit: "Un jour un véritable mouvement de paix s'élèvera dans le monde et assurera la paix en Europe en effaçant l'Allemagne de la face du monde." (Azriel Karlebach. "Amalec", Maariv du 5 octobre 1951, p. 3)

     

     

     

    Comme si les 3/4 des Allemands qui sont nés après la chute d'Hitler étaient   responsables des crimes nazis, de même que Jean Sébastien Bach ou Goethe, ou Kant, sans parler de ces autres grands Allemands que furent le poète Heine ou le physicien Einstein, expressions les plus grandioses de la culture allemande. (Eva: De même que les Juifs d'aujourd'hui ne sont pas responsables de la mort de Jésus). 

     

     

     

    Cette propagande donne ceci chez l'homme de la rue, eût-il été victime des nazis, comme beaucoup de résistants et moi-même (qui écrivis mon principal ouvrage sur la philosophie de Hegel). Un homme par ailleurs respectable en arrive, intoxiqué par   cette propagande funèbre, à déclarer: "Si  vous me demandez ce que je réclamerais au peuple allemand, je dirais: une mère pour une mère, un père pour un père, un enfant pour un enfant. Mon âme serait en paix si l'on me disait que six millions d'Allemands  mourraient pour contrebalancer les six millions de morts Juifs. Si   cela n'est pas en notre pouvoir alors accomplissons au moins une action historique qui leur causera une souffrance similaire à celle du sang versé, crachons-leur au visage." (Mair Dworcezki, au Comité central du Mapaï. 13 décembre 1951)

     

     

     


    Même l'expression du Lévitique (XIX, 16): "Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à
    l'égard des fils de ton peuple: c'est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même
    " est interprété de la manière la plus exclusive: utilisant la formule "à l'égard des fils de ton peuple" l'on conclut: le non-juif n'est pas ton prochain.

     

     

     


    Comme l'écrit le rabbin A. Cohen, dans son livre sur le Talmud. (Ed. Payot 1983. p.    269)
    lorsqu'on dit "Prochain, le Talmud spécifie souvent qu'il s'agit de l'Israélite à l'exclusion du païen."

     

     

     

    Le rabbin A Cohen évoque ce qu'il appelle "une frontière de feu... distinguant et   séparant le Juif de tous les autres." (p. 19) (Eva: N'est-ce pas justement le racisme ? La Licra ne s'en inquiète pas ?)

     

     
    C'est la seule interprétation retenue aujourd'hui comme officielle, celle qu'on inculque aux enfants à l'école, aux soldats dans l'armée et à l'homme de la rue par les    médias.

     


    En voici quelques exemples:

     



    Pour son cinquantième anniversaire, le 14 mai 1998, l'Etat d'Israël a fait publier par son
    ministère de l'Education un Livre du Jubilé, destiné à animer la commémoration de l'événement dans toutes les écoles du pays. Curieusement, nous apprend le très   sérieux quotidien Haaretz, le livre ne fait aucune mention de l'existence d'un peuple palestinien, ni avant l'établissement d'Israël, ni après, pas plus que du plan de partage de 1947 qui avait créé deux Etats l'un juif, l'autre arabe en Palestine. Plus loin la   journaliste Relly Sa'ar ajoute: "Le chapitre concernant les efforts de paix évoque les traités avec l'Egypte et la Jordanie, mais ignore complètement les accords d'Oslo et   l'actuel processus de paix avec les Palestiniens."

     

     

     


    L'étude du livre de Josué figurant au programme des écoles israéliennes, de la classe de 4e à celle de 8e, un professeur de Tel Aviv, Tamarin, distribua un formulaire à    1000
    écoliers, disant:

     


    "Tu connais les extraits suivants du livre de Josué (VI, 20): Le peuple monta vers la ville (Jéricho) et s'en empara. Il tua ceux qui s'y trouvaient, hommes, femmes, enfants,vieillards, sans distinction aucune.

     


    Répondez aux deux questions suivantes:

     


    a) A votre avis, Josué et les israélites ont-ils bien agi ou non?

    b) Supposons que l'armée Israélienne occupe un village arabe pendant la guerre;   devrait
    -elle, oui ou non, faire subir à ses habitants le sort que Josué a réservé aux habitants de Jéricho?".

     

     
    En 1972, pour avoir publié les résultats terrifiants de son enquête sur ce conditionnement des enfants (70 %  répondent: oui), le professeur G. Tamarin fut chassé de l'Université de Tel Aviv. (Cité par le pasteur Claude Raynaud dans son livre: Liban-Palestine. Ed. l'Harmattan, 1987. p. 84-86.)

     

     

     

    Sur le conditionnement des enfants à l'école le journal Haaretz du 15 février 1995 rapporte la réaction suivante d'un pédagogue:

     


    "Dans une étude  récente, le professeur Bar-Tal de l'Université de Tel-Aviv, a montré à quel point le système d'éducation israélien a été mobilisé pour justifier la position d'Israël dans le conflit israelo-arabe. Il a insisté sur la nécessité de modifier la manière dont on parle des Arabes dans les manuels scolaires en même temps que doit changer le jugement que les Israéliens portent sur eux-mêmes... que l'enseignement concernant l'Holocauste et les pogroms a grandement contribué à créer en Israël une mentalité de pays assiégé et alimenté la croyance que les Juifs sont supérieurs et qu'ils ont toujours raison."

     

     

     


    "Bar-Tal a trouvé l'expression de ces " certitudes " dans 107 livres d'histoire et de textes, parmi ceux qui ont été approuvés cette année par le ministre de l'Education. Dans les livres d'histoire (et notamment de l'histoire juive) on ne parle pratiquement pas de la paix, sinon comme "Utopie". L'idée que les Juifs sont toujours les victimes y joue un rôle central. Dans un livre de textes sur "Les premières colonies sionistes" il n'est fait mention de la présence des Arabes dans la région que deux fois - pour dire que, dans leur grande majorité, ce ne sont que des pillards, une minorité étant jugée "positive " parce qu'elle accepte de vendre
    des terres aux Juifs."

     

     

     

    "Dans sa conférence d'ouverture de la session de l'Association israélienne pour la recherche en matière d'éducation, Bar-Tal a rappelé que, dans le conflit israélo-arabe, nous    n'avons pas été seulement des victimes mais aussi des agresseurs... Présenter les Arabes, et en particulier les Palestiniens, d'une manière aussi tendancieuse et   négative, c'est ignorer les souffrances d'un peuple qui subit un sort amer dont nous sommes en partie responsables." Il a montré qu'"Israël a utilisé l'histoire et    les autres disciplines au service de l'idéologie sioniste."

     

     

     

    En 1979 le ministère de l'Education annonça que l'enseignement du génocide était obligatoire pour les lycéens des classes terminales. Un comité rédigea un nouveau programme de travail soulignant la nécessité de l'engagement affectif des élèves. "Le génocide doit avant tout être ressenti, déclara le président de ce comité, il doit être appréhendé en tant que tel, et non comme l'élément d'un contexte historique plus large, ou bien dans la perspective d'une recherche purement scientifique."

     

     
    Le 26 mars 1980, la Knesset vota "la connaissance et le souvenir du Génocide et de l'héroïsme." Depuis, Le génocide est    enseigné dans les écoles primaires et dans les   lycées, et ces questions représentent désormais 20 % du programme d'histoire aux examens de fin d'études.

     

     

     

    Le professeur Zimmerman, spécialiste de l'histoire du nazisme à l'université hébraïque de Jérusalem, porte un témoignage terrifiant sur cette déshumanisation de l'homme:

     

    "Il y a un monstre en chacun de nous et si nous continuons à affirmer que nous sommes toujours justifiés, ce monstre peut grandir...Déjà aujourd'hui je pense à un   phénomène qui prend des proportions toujours plus grandes: il y a un secteur entier de la population juive que je définis, sans hésitation, comme une copie des nazis   allemands. Regardez les enfants des colons juifs d'Hébron, ils ressemblent exactement à la jeunesse hitlérienne. Depuis leur enfance on les imprègne de l'idée que tout Arabe est mauvais, et que tous les non-juifs sont contre nous. On en fait des paranoïaques: ils se considèrent comme une race supérieure, exactement comme les jeunesses hitlériennes."

     

     

     

    Le conditionnement à l'école se poursuit à l'armée. Cela commence avec la Préface de la Bible, écrite par l'Aumônier général des armées, le rabbin Gad Navon. Le journal Haaretz du 22 janvier 96, nous apprend:

     


    "Il est difficile de trouver une expression plus navrante de la tentative de politisation des    textes sacrés "par la falsification de leur message universel" que la préface de la Bible remise actuellement aux jeunes qui entrent dans l'armée.

     

     

     

    L'édition de 1958 était préfacée par le rabbin Shlomo Goren qui présentait le Livre comme un appel à l'héroïsme et au sacrifice, et une source constante d'inspiration. Celle qui est diffusée aujourd'hui comporte une introduction du grand rabbin de l'armée Gad Navon, chargée de connotations ultranationalistes.

     

     

     

    La Bible y est présentée comme un bien réservé aux seuls Juifs, qui leur reconnaît un droit exclusif sur la terre de leurs pères et comme une preuve de la présence continue du peuple Juif dans la région. Elle devient une partie intégrante du système   idéologique du sionisme religieux.

     

     

     

    Le mot de "Paix" a disparu, pour faire place à la mention de l'Ennemi", Abraham devient le père de la nation juive, qui se tient debout seul, face au reste du monde. Le rabbin Gad Navon croit ainsi fortifier l'esprit des soldats et il termine sa Préface par le verset   du Deutéronome (20/4): Car le Seigneur se tient à tes côtés, il lutte pour toi contre les ennemis et te donne la victoire."

     

     

     

    Pour couronner cette introduction ethnocentriste, on a joint à la Bible, en annexe, un atlas où chaque soldat pourra trouver une carte du Grand Israël, qui inclut non seulement la Judée et la Samarie, mais la Jordanie.

     

     

     

    Une autre carte, intitulée: La terre donnée par Dieu aux juifs a pour légende le verset bien connu sur "Le territoire qui s'étend de la rivière d'Egypte au grand fleuve   Euphrate.."

     

     

     

    Cet état d'esprit est répandu à tous les niveaux de la hiérarchie militaire. Le grand rabbin A. Avidan, aumônier de corps d'armée avec le grade de colonel, écrit dans un   livre: La pureté des armes à la lumière de la Halakhah.

     

     
    "Quand au cours d'une guerre, ou lors d'une poursuite armée ou d'un raid, nos forces se trouvent devant des civils dont on ne peut être sûr qu'ils ne nous nuiront pas, ces civils, selon la Halakhah, peuvent et même doivent être tués [...] En    aucun cas l'on ne peut faire confiance à un arabe, même s'il a l'air civilisé [...] En guerre, lorsque nos troupes engagent un assaut final, il leur est permis et ordonné par la Halakhah de tuer même des civils bons, c'est-à-dire les civils qui se présentent comme tels."

     


    Conditionnés par de tels Bréviaires de la haine "trop de soldats se sont mis à croire que le Génocide peut justifier n'importe quelle action déshonorante." dit le colonel Praver, 15 juin 1990, dans un entretien enregistré. (Tom Segev, op. cit., p.473)

     

     
    En voici une illustration  éclatante lors du bombardement de civils à Cana, la   conversation du correspondant de Kol Ha'ir du 10 mai 1996 avec 5 soldats de la batterie responsable de ce tir:

     

     

     

    "Aucun n'a manifesté le moindre trouble... Ils ont raconté qu'ils avaient appris,   quelques minutes plus tard, où étaient tombés les obus. Le commandant les a rassemblés pour leur dire qu'ils avaient bien agi et devaient continuer. "Personne ici n'a parlé d'une erreur". Après tout, ce ne sont que des Arabushes (terme méprisant composé du mot "Arabe" et de "rat" en hébreu. ("Akhabaroshim") Les arabes, il y en a   des millions!

     

     

     


    Q Vous n'avez eu aucun problème de conscience?...

     


    R - Pourquoi? Nous n'avons fait que notre travail. Nous avons obéi aux ordres. D'ailleurs    personne ne nous demande notre avis...

     


    Q Et si on vous l'avait demandé?

     


    R Nous aurions tiré d'avantage d'obus et tue d'avantages d'Arabes...

     


    Q Et la " pureté des armes " (dont se prévalait un temps l'armée sioniste)?

     


    R- Je ne sais pas de quoi vous parlez...
    Nous autres, artilleurs, n'avons pas de temps à perdre à discuter de pareilles stupidités. Ce qu'on nous apprend, c'est à nous comporter comme des soldats professionnels."

     

     

     


    Roger Garaudy
    ,
    Le procès du sionisme israélien, Al Fihrist, pp 125 à 147(extraits)

     
    http://alainindependant.canalblog.com/archives/2009/11/29/15963381.html



    Roger


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    Vendredi 20 novembre 2009

    Dom Helder Camara
    Avocat des pauvres, apôtre de la Théologie de la libération et de la non-violence, Dom Helder Camara est de ceux qui ont incarné l'image du Sauveur


    http://www.devp.org/bulletin/solidaritesv24n1.htm#Dom Helder Camara

    La théologie de la libération est vivante
    et bien portante Par Walter Altmann



    Après la chute du mur de Berlin, il y a vingt ans, de nombreux observateurs se sont empressés de signer l'arrêt de mort de la théologie de la libération. La plupart d'entre eux l'ont fait car ils la voyaient comme une apologie du socialisme soviétique d'autrefois. Il semble cependant que ces observateurs soient allés un peu vite en besogne.


    Il est vrai que les théologiens de la libération - certains plus que d'autres - ont utilisé les catégories marxistes pour faire l'analyse socioéconomique et pour critiquer les méfaits du capitalisme. Cependant, la base de la théologie de la libération n'a jamais été le marxisme.


    C'est plutôt la compassion avec les pauvres et leur lutte pour la justice, inspirée par la vie et les enseignements de Jésus lui-même, qui se trouve en son coeur. A la place de l'analyse sociale, qui était considérée comme un outil méthodologique, la théologie de la libération a mis dès le début l'accent sur le rôle fondamental de la praxis engagée du peuple de Dieu, c'est-à-dire l'action des communautés chrétiennes inspirée par la foi et fondée sur la réflexion théologique.


    La théologie de la libération puise son inspiration - et sa motivation - dans la rencontre avec le Christ en tant que libérateur, et avec nos voisins dans le besoin, une rencontre qui change la vie. Leur souffrance n'est pas due au destin, mais aux injustices et à l'oppression systémiques, qui peuvent être surmontées grâce à l'action transformatrice.


    La réalité actuelle nous rappelle que la pauvreté n'a encore aucunement été anéantie dans le monde. Au contraire, la récente crise financière internationale - provoquée par des forces capitalistes décomplexées portées par la cupidité et les intérêts d'individus et d'entreprises - a entraîné une augmentation du nombre de pauvres, ou plus précisément, d'appauvris, de l'ordre de centaines de millions dans le monde.


    La théologie de la libération est née à la fin des années 1960 en Amérique latine. Le terrain avait été préparé dans les années 1950 par des mouvements de communautés chrétiennes de base cherchant à obtenir des réformes sociales, politiques et économiques dans la société, et la participation active des laïcs à des activités pastorales au sein de l'Eglise.


    L'Amérique latine étant un continent principalement "catholique", la nouvelle approche théologique était essentiellement liée aux évolutions pastorales et théologiques au sein de l'Eglise catholique romaine, même s'il s'agissait dès le début d'un effort oecuménique. Le terme même de "théologie de la libération" a été proposé presque simultanément par le prêtre catholique romain du Pérou Gustavo Gutiérrez et le théologien presbytérien du Brésil Rubem Alves.


    Il n'est donc pas surprenant que, dans les années 1970 et 1980, la théologie de la libération ait eu une forte influence sur le mouvement oecuménique, y compris sur le Conseil oecuménique des Eglises (COE). L'importance de ses actions visant à soutenir les combats en faveur des droits de la personne dans les dictatures militaires d'Amérique latine, à élaborer des méthodes efficaces de lutte contre l'analphabétisme (comme l'a fait le pédagogue brésilien et conseiller en matière d'éducation auprès du COE Paulo Freire), et à s'attaquer au problème du racisme, en particulier en Afrique du Sud, a été largement reconnue.


    En tant qu'approche contextuelle permettant de porter un regard critique sur la praxis du peuple de Dieu, la théologie de la libération n'a jamais été vouée à devenir une construction théorique statique et dogmatique. Son objectif n'était pas de mettre en lumière un thème théologique négligé, mais plutôt de proposer une nouvelle façon de faire de la théologie. Elle a naturellement connu quelques changements au cours des décennies. Au début, elle mettait l'accent sur les conditions de vie des pauvres, puis elle a incorporé d'autres questions, comme les peuples autochtones, le racisme, les inégalités hommes-femmes et l'écologie.


    De nos jours, la théologie de la libération s'intéresse également à l'interprétation des cultures et aux questions anthropologiques, comme la tentation du pouvoir. L'objectif d'une société plus juste où il y a "de la place pour tous" demeure, néanmoins la
    responsabilité de sa réalisation s'est déplacée vers l'action de la société civile.

    L'influence de la théologie de la libération va bien au-delà du domaine des Eglises. On a déjà évoqué sa contribution au renversement des dictatures militaires en Amérique du Sud et à la fin de l'apartheid en Afrique australe. Aujourd'hui, elle contribue à façonner les efforts politiques de l'Amérique latine pour établir un modèle de démocratie réduisant à néant la pauvreté et les injustices sociales. Plusieurs présidents latino-américains - Luis Inácio Lula da Silva au Brésil, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Equateur, Daniel Ortega au Nicaragua et Fernando Lugo au Paraguay - ont tous eu de diverses façons des contacts étroits avec des communautés de base chrétiennes et des théologiens et théologiennes de la libération.


    Mais par-dessus tout, la théologie de la libération reste bien en vie et bien intégrée aux mouvements de la société civile et aux communautés chrétiennes de base.


     

    Le pasteur Walter Altmann est le président de l'Eglise évangélique de la confession luthérienne au Brésil et du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises.


    http://alainindependant.canalblog.com/archives/2009/11/20/15836166.html


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    Mercredi 18 novembre 2009




    http://r-sistons.over-blog.com/article-du-mur-de-berlin-au-mur-de-l-argent-le-vrai-communisme-mediamensonges-38715238.html

    mardi 10 novembre 2009

    Un mur porteur


    Il est effectivement porteur, ce mur, en cette période où tout vacille. Quelle plus belle fête que celle-ci, nous rappelant opportunément que jadis, il y avait des méchants, qui construisaient des murs pour entraver la liberté, et des gentils, qui devaient subir gentiment les mauvaises actions des méchants.


    Or, il y a 20 ans, les gentils gagnèrent. Parce qu’ils étaient gentils. Et depuis, la liberté triomphe. La liberté - c’est-à-dire le capitalisme, la chose va de soi -, connaît certes de nouvelles aventures (dans l’enthousiasme de la fête nous paraphrasons BHL) avec la menace mahométane. Mais la liberté conquiert des marchés. La liberté va même se moraliser. La liberté a gagné deux points hier à la Bourse.


    ON A GA-GNE ! ON A GA-GNE ! ON A GA-GNE ! L’
    Europe - c’est-à-dire la paix et la prospérité, ça va de soi -, l’Europe, enfin réunifiée, scande sa victoire historique sur les forces totalitaires. Saviez-vous que les femmes communistes étaient forcées de porter la burqa ?


    Cette victoire, c’est celle de la démocratie – c’est-à-dire le Capital européen, évidemment – qui a pu, depuis 20 ans, s’offrir une main d’œuvre à prix soldés, étant entendu que la baisse du coût du travail est désormais, puisqu’il n’y a plus de mur, le seul horizon pour une humanité enfin débarrassée de l’hydre bolchevique.


    En ce jour de Fête Mondiale de l’Anti-Communisme, nous voyons affluer, sur les ruines de la Guerre Froide, les vaillants pionniers du Monde Libre, Bush le Père, Gorby le Fils, Sarkozy le Saint-Esprit, décidément partout avec sa petite pioche, qui concasse les derniers vestiges de ses cauchemars d’enfant de Neuilly. On devine derrière tout ce beau monde l’ombre des Berlusconi et Haider, les milices fascistes qui relèvent la tête, à l’Est comme à l’Ouest, des identités nationales qui reprennent du poil de la bête dont le ventre est encore fécond, on devine Abou Ghraïb et Guantanamo, des blocus et des bombardements chirurgicaux, des famines et des guerres, le pillage généralisé – c’est-à-dire, bien entendu, la Civilisation.


    La Grande Caravane Publicitaire qui nous Informe a, quant à elle, convoqué la fine équipe des experts, philosophes, historiens, journalistes, commentateurs sportifs, astrologues et autres bateleurs, pour animer la grande fête. Grâce à eux, nous nous apercevons que la Guerre Froide n’est pas terminée. Simplement, il n’y a plus qu’un seul camp qui la livre.


    Ils nous racontent le Conte de Fées qui leur tient lieu de catéchisme – c’est-à-dire la Vérité, vous l’aurez deviné – et selon lequel le Bien ne se discute pas : il va de soi.


    Donc il n’y a plus d’Histoire. Plus de mur. Sauf celui qui sépare le Centre de ses périphéries, la métropole de ses colonies, visible sur plusieurs milliers de kilomètres à la frontière entre Etats-Unis et Mexique, invisible mais bien réel tout autour de l’
    Europe, de Gibraltar à Calais - mais celui-là il fait joli au fond du jardin. Il y a le mur qui serpente en Palestine, mais là esthétiquement, c’est la classe… Il y a enfin le Mur de l’Argent qui, protégé par le Mur Médiatique, permet de dissimuler aux exploités et misérables du monde entier toute perspective de libération. Son tracé passe par nos têtes. Mais c’est nos « valeurs », elles vont de soi.


    Vous l’aurez compris, ce mercredi, nous causerons gros œuvre et maçonnerie.


    Y compris dans notre « ¼ d’heure en Palestine », consacré à la Marche pour Gaza.

    "l’heure de l’mettre"

    radio campus lille 106,6


    en direct sur www.campuslille.com

     

    A lire également:

    D'un mur à l'autre, par J lefebvre

    et

    Derrière le mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme


    http://unisavecbove46.blogspot.com/2009/11/un-mur-porteur.html



    Sur ce même blog,




    Matthieu Monceau, adhérent aux Amis de la Terre Midi-Pyrénées et un cycliste militant,est parti de Toulouse le 9 novembre rejoindre le sommet de Copenhague...sur deux roues !
    voir son itinéraire



    L'avenir du climat planétaire se jouera à Copenhague ce mois de décembre 2009. C'est là que se réuniront les chefs d'états de tous les pays pour décider des mesures qu'ils sont prêts à prendre face au réchauffement (suite de Kyoto en 1997). Or les objectifs qu'ils annoncent actuellement ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux (par exemple, les Etats-Unis d’Amérique proposent une réduction de 7% des rejets de CO2 alors qu’il faudrait réduire d’au moins 40%).

    Aujourd'hui déjà, tous les indicateurs sont au rouge. Le GIEC (groupement international d'expert climatique, regroupement de plus de 2500 scientifiques de tous les pays) n'exclue pas un réchauffement de plus de 5°C d'ici la fin du siècle. 5°C au niveau de la planète, c'est la différence entre la dernière ère glaciaire et aujourd'hui.

    Laisser faire le réchauffement, c'est aller droit vers plus d'inondations, de tempêtes, de sécheresses, de pénuries d'eau, d'augmentation du prix des aliments, de famines dues aux mauvaises récoltes, de déplacements massifs de populations, de guerres, perte de biodiversité, etc. Ce serait un crime contre l'humanité.

    Partout sur la planète, les citoyens doivent se mobiliser pour faire comprendre à leurs décideurs que la seule alternative possible sera d'adopter les mesures recommandées par les scientifiques et les ONG.

    Les négociations se dérouleront du 7 au 18 décembre 2009 et un rassemblement devant le parlement de Copenhague est prévu le 12 décembre. Des personnes des quatre coins de la planète se rendront à ce rassemblement. (...)



    Matthieu Monceau

    source

    http://unisavecbove46.blogspot.com/2009/11/copenhague-sur-deux-roues.html




    " Pendant que l’élite poursuit son voyage vers une destination imaginaire,
    quelque part au sommet du monde, les pauvres sont pris dans la spirale du crime et du chaos " Zygmunt Bauman




     




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    Mercredi 18 novembre 2009

     

     



    lundi 16 novembre 2009

     

    Pour un dialogue des cultures

     

     

     

    Dans l’univers de l’après-guerre froide, après la chute du Mur de Berlin, de larges pans de l’opinion occidentale, comme de ses intelligentsias, ainsi que certains de ses gouvernements trouvent opportunément dans le « péril vert » islamique un ennemi de substitution au « péril rouge » du communisme, suite à la désintégration de l’Union soviétique, car, certains en Occident ne conçoivent pas un monde de désarmement et de dialogue.

     

    En quelques années, l’Islam est devenu la bête noire de l’Occident. Le phénomène de l’extrémisme religieux, qui est apparu dans certains pays islamiques, a eu pour conséquence de faire accréditer les violences comme étant des pratiques islamiques alors que l’Islam en est totalement innocent. C’est pourquoi, on ne saurait insister assez sur la nécessité de convier le monde islamique, eu égard à son importance quantitative et qualitative, à contribuer à l’édification de l’ordre nouveau et à le consolider afin de lui assurer crédibilité et durée. Il faut souligner que cette méfiance à l’égard de l’Islam n’est certes pas nouvelle. Les musulmans sont confrontés depuis longtemps en Occident, de la façon la plus directe et la plus brutale, à l’image dépréciée, négative, hostile que leur renvoient de très larges secteurs de l’opinion, des médias et de l’establishment politique, intellectuel ou religieux de ces sociétés. Cette hostilité hésite de moins en moins à s’exprimer de la façon la plus violente et où « incontestablement », le 11 septembre 2001 a libéré la parole sur l’Islam (et où) on dit désormais ce qu’on n’osait même pas penser il y a quelques années » (Alain Gresh 2004, page 29).

     

     

     

    Enfin, lorsque des stratégies militaires, maintenant que l’URSS a disparu, s’interrogent sur le risque que constituerait un Islam doté d’engins nucléaires pour la sécurité de l’Europe au XXIe siècle, presque tout le monde s’accorde à dire que l’accès de l’Iran au nucléaire militaire n’est pas acceptable. Mais en quoi le nucléaire iranien est-il menaçant ? Il y a en fait deux réponses qui n’induisent pas la même politique. La première consiste à dire que le problème, c’est le régime : une République islamique serait tentée de se servir de la bombe contre Israël ou bien d’utiliser la sanctuarisation induite par la possession de l’arme pour protéger des groupes terroristes sur son territoire. La seconde considère que la dissuasion fonctionnera quel que soit le régime et que le problème est plutôt l’effet de la prolifération qu’entraînera l’achèvement du programme nucléaire iranien, car l’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Turquie seront amenées à se nucléariser. L’Iran a été signataire (contrairement à l’Inde, au Pakistan et à Israël) : son retrait signifiera la mort du traité. Le régime en ce cas importe peu.

     

    Or, selon l’hypothèse retenue, la stratégie à suivre est très différente : dans le premier cas, il faut pousser à un changement de régime, dans le second, c’est l’Iran en tant que puissance régionale nucléaire qui pose problème. De là, un choix s’impose : faut-il viser d’abord le régime ou bien le programme ? Durant la guerre froide (1947-1991) l’« ennemi total » était une idéologie : le communisme, qui avait pris corps dans un Etat concret, l’URSS. L’adversaire était circonscrit, cerné, enfermé derrière le rideau de fer ou le Mur de Berlin qui rendaient son accès à l’Occident presque impossible. Certes, ce régime soviétique a créé également les camps de concentration du Goulag, aboli les libertés collectives telles qu’elles sont reconnues dans le monde libre est adopté la bureaucratie administrative…

     

    En dépit d’un demi-siècle environ de guerre froide entre les deux superpuissances et ce qu’elle a entraîné de différends idéologiques parmi les peuples du tiers-monde, allant parfois jusqu’aux conflits armés, cette expérience d’un certain équilibre entre les deux super grands demeurera néanmoins parmi les plus importantes phases de l’histoire de l’humanité grâce à des critères mondialement reconnus. Durant cette phase, l’Est et l’Ouest s’imposaient le respect mutuel grâce à une sorte de parité en moyens destructifs de dissuasion pour la maîtrise et le développement desquels ils poursuivaient une course sans merci. Parallèlement, les pays du tiers-monde tiraient avantage de l’affrontement des deux blocs en balançant tantôt vers l’un ou l’autre, tantôt vers le non-alignement.

     

    L’entrée de l’économie mondiale dans une phase de dépression, la régression de l’influence des organisations politiques à caractère régional et le recul de la solidarité Nord-Sud n’ont pas entamé la pertinence des critères qui ont gouverné le monde durant la guerre froide et qui sont restés les mêmes, à savoir le recours obligé à l’aune de l’équilibre des forces en présence entre l’Est et l’Ouest pour l’évaluation de tout événement en perspective. La situation dans laquelle se trouvait le monde islamique durant les trois dernières décennies se caractérise donc par une nouvelle conscience anti-islamique qui s’est indiscutablement forgée.

     

    Par ailleurs, le soutien massif des médias occidentaux à Israël a fait apparaître les causes politiques arabes, même les plus légitimes (en particulier la lutte des Palestiniens) comme dévoyées par le terrorisme. Enfin, l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990 et la découverte du programme nucléaire de Baghdad ont renforcé l’image de l’Arabe qui trahit l’Occident. Dans de nombreux documents officiels occidentaux, les problèmes se mêlent sans méthode pour montrer une région méditerranéenne en croissante instabilité. L’absence de démocratie dans certains Etats de la rive sud est parfois désignée comme l’une des causes de cette instabilité, mais il n’est jamais fait mention de politiques économiques excluantes du Nord, du système de Bretton-Woods ou de la suprématie militaire occidentale.

     

    Voici par exemple, comment une résolution du Parlement européen explique l’aggravation de l’instabilité en Méditerranée : « L’expansion du fondamentalisme islamique, la nature endémique du conflit arabo-palestinien, l’affrontement entre les différentes nationalités et groupes, l’effet cumulé des problèmes écologiques, la dépendance économique, la dette, l’existence persistante des régimes politiques opposés au développement de la démocratie et des droits de l’homme, le chômage, l’explosion démographique et les migrations ont aggravé grandement la déstabilisation du sud et du sud-est de la Méditerranée. » Toutes ces spéculations désordonnées pour expliquer le « grand chaos du Sud » et mettre l’Occident hors de cause ont soudain trouvé une sorte de corps de doctrine lorsque, au cours de l’été 1993, le prestigieux professeur américain Samuel Huntington a publié un retentissant article. « Mon hypothèse, écrit-il, c’est que la source fondamentale du conflit dans le monde à venir ne sera pas principalement idéologique ou économique.

     

    La grande division de l’humanité aura pour source dominante la culture. L’Etat-nation demeurera l’acteur le plus puissant des affaires mondiales, mais les conflits principaux de la politique globale auront bien entre nations et groupes de différentes civilisations. » Le Pr Huntington prétend qu’une civilisation est « le plus grand rassemblement de personnes d’une même culture ». Et il en définit huit : occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, hindoue, slavo-orthodoxe, latino-américaine et « probablement » africaine. Il publia en 1996, un livre ayant pour titre Le choc des civilisations. Dans l’après-guerre froide, expliquait Hungtington, une guerre des cultures est en train de prendre la place des conflits interétatiques classiques.

     

    La civilisation occidentale sera, pour sa part, prise en otage, gravement menacée par des civilisations hostiles. Les intégrismes religieux et les différences culturelles découperont le monde en plusieurs aires culturelles, en conflits entre elles. Les thèses de Hungtington ont été en général fort durablement contestées en raison de leurs simplifications et de l’appel de l’auteur à un sursaut politique et militaire de l’occident pour résister en particulier à l’islam et au confucianisme. Selon l’éminent professeur, une alliance islamico-confucéenne est en train de se constituer à travers les réseaux de commerce des armes entre des pays comme l’Iran et la Corée du Nord. Dans la recherche de paradigmes pour expliquer les relations internationales en cette après-guerre-froide, Francis Fukuyama et sa désormais célèbre « fin de l’histoire » avait précédé Hungtington dans le Star System intellectuel américain. L’islam en particulier pose un problème à l’Occident, ce n’est pas nouveau. Le contentieux est ancien.

     

    Comme l’explique Joseph Maïla : « Il tient, au départ, dans cette proximité-rivalité entre Europe et Islam, qui fut guerrière comme à l’époque des croisades, de grande richesse intellectuelle et d’échanges, comme en Andalousie à l’époque de l’Espagne musulmane, mais qui a été entièrement dominée par la pénétration occidentale à partir du XIXe et surtout au XXe siècle après la chute de l’Empire ottoman. Depuis lors, la culture musulmane n’en finit pas de jeter ce regard mitigé, où se mêlent une attraction forte pour la société d’idées, de progrès et de consommation qu’est devenu l’occident et une méfiance grandissante à l’égard d’une civilisation suspectée de domination. La toute-puissance des Etats-Unis, leur manière de traiter la question palestinienne, les séquelles de la guerre d’Afghanistan et celle d’Irak rappellent que, dans le nouvel état des relations internationales, les pays musulmans font l’objet d’une attention suspecte et qu’ils sont perçus comme une source principale de menaces. »

     

    Quel impact provoquent toutes ces théories et spéculations paranoïaques qui, au lieu d’en appeler au dialogue, à la coopération, à la réforme du système international et à l’exploration du consensus entre Etats, cultures et peuples proposent de se préparer à la confrontation ? En ces années 1990, une course aux armements a commencé, après qu’on eut annoncé solennellement la fin de la guerre froide et promis, non moins solennellement, les dividendes de la paix. La course effrénée, pour plus d’accumulation, a asservi l’homme à la matière au lieu de mettre la matière au service de l’homme. L’excessif attachement au positivisme laïque a dépouillé l’homme occidental de sa dimension spirituelle et, partant, de son espérance. La civilisation matérialiste qui gouverne l’ordre actuel tend à devenir gravement hédoniste, elle a favorisé la satisfaction des désirs, des pulsions et des instincts.

     

    Plutôt que de se laisser entraîner dans une escalade de la terreur nucléaire, que tous les lobbies des industries d’armement réclament à grands cris, l’Europe ne devrait-elle pas refuser la vision xénophobe et simplificatrice du « choc des civilisations » et proposer comme modèle politique le « dialogue des cultures ».

       

    Références bibliographiques :

     

    - Le Croissant et le Chaos d’Olivier Roy
    - Entre violence et paix de Jean-Yves Calvez
    - L’Islam en débat d’Alain Roussillon

                      

        

    M. Mourad Zouaoui

     

    http://dz-controverses.blogspot.com/

     

     

    Posté par Alaindependant

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