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    Jeudi 22 juillet 2010

    Depuis le haut à droite : Panorama de Jérusalem vu depuis Givat ha'Arba, Mamilla, la vieille ville et le dôme du Rocher, un souk de la vieille ville, le bâtiment de la Knesset, le Mur occidental, la Tour de David et les murs de la vieille ville

     

    Quoi ? Jérusalem, parcelle par parcelle, est grignotée par Israël ? Ici on creuse sous la Mosquée sacrée des Musulmans, là on expulse des Palestiniens manu-militari, et tant pis s'ils sont dépossédés de tout et ne savent pas où aller, et tant pis si on viole les traités internationaux ! Et quoi encore ?

     

    Voilà ce qu'on lit sur Wikipedia (d'où sont extraites les images):

    La ville (..)  est très hétérogène : s’y mêlent de nombreuses religions, peuples, groupes socio-économiques. La partie nommée « vieille ville », entourée de remparts, est constituée de deux quartiers à dominante arabe, dits quartier chrétien et quartier musulman, ainsi que d’un quartier à dominante arménienne et d’un quartier à dominante juive.

     

    Va-t-on mettre la ville à feu et à sang pour se l'approprier ?

     

     




    Jérusalem n'appartient pas aux Juifs ! Pas plus qu'aux Chrétiens ou aux Musulmans ! Les croyants du monde entier en ont assez de voir la ville défigurée par  le ressentiment, la haine ! Les croyants du monde entier en ont assez de voir la ville symbole annexée par une seule religion ! Jérusalem appartent à tous, au Dieu des religions monothéistes, et à tous les fidèles de toutes confessions !

    Bibliquement, Jérusalem préfigure la cité céleste, elle doit devenir la capitale de TOUTES les religions monothéistes, leur vitrine, chaque religion monothéiste y a ses principaux symboles (juif, chrétien, musulman). Elle doit être fréquentée par tous les croyants, et devenir lieu de communion des peuples, des religions, des cultures, lieu de paix et de fraternité !

    Voilà un message universel auquel nous devons tous souscrire !

    Et nul ne doit le contester, sous peine d'être infidèle à la destination de cette ville, sous peine de piétiner le message d'unité inscrit dans l'Histoire même de la cité !

    Jérusalem, oh Jérusalem, proclame haut et fort ta vocation universelle !

    Eva R-sistons aux communautarismes et à la défense égoïste de son clocher !

     

    http://r-sistons-actu.skynetblogs.be/

     

    Lire absolument ce magnifique article :

    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14341#14341


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    Samedi 17 juillet 2010

     

     

    Juifs et catholiques vers un témoignage commun

     

    Benoît XVI_synagogue_Rome

    Dimanche 17 janvier 2010, le pape Benoît XVI s'est rendu à la synagogue de Rome. Dans son discours, il a souligné "l'impulsion decisive" du Concile Vatican II pour le dialogue avec le judaïsme et invité les deux commuautés à une "amitié grandissante".
    suite ici :
    http://www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/actualites/juifs-et-catholiques-vers-un-temoignage-commun-5952.html
    psaume en hébreu

    Paroles du pape Benoît XVI à la synagogue de Rome le 17 janvier 2010

    Le Président de la communauté juive de Rome, M. Riccardo Pacifici, le Président des communautés juives italiennes, M. Renzo Gattegna et le Grand Rabbin de Rome, M. Riccardo Di Segni ont accueilli le pape Benoît XVI à la synagogue de Rome, dimanche 17 janvier 2010. Cette visite a eu lieu 24 ans après celle du pape Jean-Paul II.
     
    http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/relations-avec-le-judaisme/relations-avec-le-judaisme.html
    Juifs_Chrétiens

    Un service national pour les relations avec le judaïsme pour tracer des chemins de rencontre

    Le Service national pour les relations avec le judaïsme est né après le concile Vatican II. Son actuel directeur en est le P. Patrick Desbois, qui travaille sous la responsabilité du Conseil pour l'unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, présidé par Mgr Maurice Gardès, archevêque d'Auch.
     
    http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/relations-avec-le-judaisme/relations-avec-le-judaisme.html

     

    COMMISSION POUR LES RELATIONS RELIGIEUSES AVEC LE JUDAÏSME

     

    COMITÉ DE LIAISON INTERNATIONAL CATHOLIQUE-JUIF 

     17e réunion, avril 30 - mai 4, 2001

     

    La 17e réunion du Comité de liaison international catholique-juif s’est tenue à New York, du 30 avril au 3 mai 2001. Le thème principal de la discussion était “ Repentir et réconciliation”

    Outre le communiqué commun publié à la fin de la rencontre, les participants ont aussi rédigé une “ Déclaration sur la protection de la liberté religieuse et des lieux saints ” ainsi qu’une “ Recommandation sur l’éducation dans les séminaires catholiques et juifs et dans les écoles de théologie ”. Nous publions, ci-dessous, ces documents ainsi que le discours d’inauguration du Cardinal Walter Kasper, Président de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme.

    ***  

    DISCOURS DU CARDINAL WALTER KASPER

     

    Mesdames et Messieurs,

    C'est un plaisir pour moi, ce matin, de vous adresser à tous mon salut. Avec beaucoup d'entre vous il s'agit d'une première rencontre, mais je dirais que l'opportunité de rencontrer de “ nouvelles ” personnes comporte également l'occasion de découvrir des manières toujours nouvelles de développer ultérieurement un rapport né bien longtemps avant notre temps, mais qui est devenu notre héritage et notre tâche. Je me suis consacré à cette tâche. Je me suis engagé à travailler avec vous pour la réconciliation de nos deux communautés de foi, sur la base du plein respect mutuel de nos traditions et de nos convictions respectives. Malheureusement, ce respect mutuel a souvent fait défaut dans le passé. Aussi la Teshouva est-elle devenue une étape indispensable sur notre chemin. Nous, catholiques, avons reçu l’exemple du Pape Jean-Paul II.

    Le 12 mars 1979, encore au début de son pontificat, le Pape Jean-Paul II recevait en audience les représentants de différentes organisations juives venues à Rome pour saluer le nouveau Pape et rencontrer la Commission pour les relations religieuses avec les juifs. Dans son discours, Jean-Paul II a dit qu’il voyait dans cette réunion la capacité “ de  renouveler et de donner un nouvel élan au dialogue que vous [les responsables juifs] avez eu avec des représentants autorisés de l’Église catholique. Aussi est-ce là, en vérité, un moment important dans l’histoire de nos relations ”[1]. Et, de façon très significative, il ajoutait: “ Je suis heureux d’avoir l’occasion de dire moi-même un mot à ce propos ”. En fait, depuis lors, le Pape a dit beaucoup de choses sur ce sujet.

    Sept ans plus tard, le dimanche 13 avril 1986, le Pape faisait sa visite historique à la Synagogue de Rome. Dans son discours de bienvenue, le Grand Rabbin Elio Toaff a dit :

    Sainteté,

    en tant que Grand Rabbin de cette communauté, je voudrais vous exprimer notre satisfaction devant le geste que vous avez voulu réaliser aujourd'hui, celui de venir pour la première fois dans l'histoire de l'Église visiter une synagogue, geste destiné à passer dans l'histoire. Un tel geste se rattache à l'enseignement éclairé de votre illustre prédécesseur, Jean XXIII, le premier Pape qui, un matin de sabbat, s'arrêta pour bénir les juifs de Rome sortant de ce lieu de culte après la prière, et s'inscrit dans le sillage du Concile Vatican II qui, avec la Déclaration Nostra Aetate, a introduit dans les rapports de l'Église avec le judaïsme une révolution qui a rendu possible votre visite aujourd'hui.

    Dans sa réponse le Pape a également évoqué le passé et a dit :

    Je sais que le Grand Rabbin, dans la nuit qui a précédé la mort du Pape Jean XXIII, n'a pas hésité à aller place Saint-Pierre, accompagné d'un groupe de fidèles juifs, pour prier et veiller, mêlé à la foule des catholiques et des autres chrétiens, comme pour rendre témoignage, de manière silencieuse mais efficace, à la grandeur d'âme de ce Pontife, ouvert à tous sans distinction, et en particulier aux frères juifs. L'héritage que je voudrais recueillir en ce moment est précisément celui du Pape Jean.

    C'est un héritage caractérisé principalement par la chaleur humaine, la foi, la sincérité et la sensibilité; des qualités qui, je crois, appellent la réciprocité. En fait, au cours des ans, un nombre croissant de juifs bien informés, surtout - mais sans aucun doute non exclusivement - des spécialistes et des rabbins, ont voulu répondre de la même façon; et je pense également à la récente Déclaration juive sur les chrétiens et le christianisme, Dabru Emet, “ Dire la vérité ”.

    Du côté catholique, je voudrais rendre hommage à deux personnalités qui, pendant de longues années, ont apporté une contribution décisive au développement de relations positives entre nos deux communautés et qui ont récemment pris leur retraite : mon honoré prédécesseur, Son Éminence le Cardinal Edward Idris Cassidy, et le Révérend Dr Remi E. Hoeckman, O.P., respectivement Président et Secrétaire de la Commission pour les Relations religieuses avec les juifs. Ils ont servi le processus de réconciliation catholique-juif en faisant preuve des mêmes qualités avec lesquelles le Pape Jean-Paul II avait entrepris cette tâche : chaleur humaine, foi, sincérité et sensibilité.

    En ce qui me concerne, j’espère et j’entends continuer sur un chemin que juifs et chrétiens, en tant que personnes de foi, peuvent suivre ensemble. Je partage l'opinion du Cardinal Cassidy qui, durant un symposium qui s'est tenu à l'Institut Van Leer à Jérusalem le 10 février 1997, disait que, d'un examen continuel des difficultés dans nos relations, nous devons passer à une action commune en faveur des valeurs morales que nous partageons en tant que communautés de foi[2]. À ce point de l'histoire de nos relations, notre Commission est effectivement convaincue de la nécessité d'un dialogue qui dépasse le débat sur les problèmes et va au cœur même de ce qui constitue nos identités en tant que communautés de foi, pour nous permettre - sur cette base - d'avancer sur la voie d'une action commune dans la société d'aujourd'hui[3].

    Cet agenda a déjà été adopté par ce même organisme - le Comité international de liaison catholique-juif - lors de sa 13e réunion qui s'est tenue à Prague en septembre 1990. Toutefois, comme vous le savez, d'autres agendas ont parfois essayé de “ détourner ” le nôtre, au point que notre Commission a estimé qu'elle devait revoir les conditions de sa future participation. Entre-temps nous avons continué de travailler avec de nombreux amis juifs qui croyaient, eux aussi, à la possibilité, et même à la nécessité d'entreprendre un authentique dialogue inter-religieux et d'aborder réellement ensemble le programme fixé. Le Rabbin Irving Greenberg l'a très bien exprimé de la façon suivante :

    Si des chrétiens et des juifs croyants et engagés peuvent découvrir les uns dans les autres l’image de Dieu, s’ils parviennent à découvrir et à affirmer le rôle spécifique de chacun d’eux dans la stratégie divine globale de rédemption, sans aucun doute l’inspiration venant de leur exemple rapprochera d’autant le Royaume de Dieu de tous[4].

    Nous parlons ici de juifs et de chrétiens de foi, de croyants, de personnes qui - fidèles à leurs traditions de foi respectives - se sont engagés à faire la volonté de Dieu. Nous savons que de nombreux amis juifs partagent cette vision. Ils sont les bienvenus. Nous sommes heureux d'entreprendre avec eux - sur une base religieuse - une expérience de dialogue très enrichissante, quelle que soit la tradition religieuse à laquelle ils appartiennent au sein du judaïsme. Nous souhaitons accueillir avec eux un programme qui, je le crois, est donné par Dieu à nos deux communautés. C'est là, en ce qui nous concerne, la base de notre partenariat, car (et j'emprunte les mots prononcés par le Pape Jean-Paul II à Assise en octobre 1986), c'est, en fait, notre conviction de foi qui nous a fait nous tourner vers vous.

    Chers amis, comme Marcus Braybrooke l'a écrit dans son livre Time to Meet, “ les religions devraient se rencontrer en leur point de départ, en Dieu ”[5]. Nous sommes des personnes qui croient en Dieu et veulent faire sa volonté. Nous connaissons notre propre tradition de foi religieuse et nous lui sommes dévoués. Nous sommes nourris par elle et nous nous y sentons en sécurité. C’est pourquoi nous ne devrions pas craindre de nous rapprocher avec respect de l'expérience de foi les uns des autres et de voir avec le même respect la face des uns et des autres “ comme on voit la face de Dieu ” (cf. Gn 33, 10), en considérant cela comme une bénédiction. Nous sommes partenaires, nous sommes “ autres ”, mais nous sommes également “ frères ”[6].

    Le mandat donné au deuxième Concile du Vatican d'étudier à fond les rapports de l'Église avec les juifs, émanait du Pape Jean XXIII. Il traduisait plus qu'un simple geste de bonne volonté et de sympathie. Il y avait là un concept théologique que le Pape a exprimé lorsque, recevant en audience un groupe de juifs américains en octobre 1960, il les salua avec les paroles bibliques, “ Je suis Joseph, votre frère ”. D'une certaine manière, il répétait ce que le Pape Pie XI avait dit à un groupe de pèlerins belges le 6 septembre 1938, et précisément que nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites; et il anticipait ce que le Pape Jean-Paul II dira aux juifs de Rome lors de sa visite à leur synagogue: “ Vous êtes nos frères préférés et, d'une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés ”.

    Nos rapports découlent de nos identités respectives, liées l'une et l'autre à la Promesse faite par Dieu à “ son peuple ”, que “ l'olivier franc sur lequel [selon saint Paul dans son Epître aux Romains] ont été greffés les rameaux de l'olivier sauvage que sont les Gentils ”[7]. Je crois que la découverte, ou la redécouverte de ce lien essentiel entre nos deux traditions religieuses, est la base du programme de notre dialogue. Comme l'a dit jadis un de mes prédécesseurs, le Cardinal Johannes Willebrands, “ nous sommes unis à jamais ”.



    Notes

     

    [1]Les principaux discours du Pape ont été publiés dans Pope John Paul II, Spiritual Pilgrimage – Texts on Jews and Judaism 1979-1995, par Eugene J. Fisher et Leon Klenicki, Crossroad/New York, 1995.

    [2]Cf. également un discours du Cardinal Edward Idris Cassidy à Baltimore le 18 février 1999, sur le thème “ Catholic-Jewish Relations – The Unfinished Agenda ”. 

    [3]Cf. le discours prononcé par Remi Hoeckman au Centre pour les relations judéo-chrétiennes, Cambridge/UK, 5-7 septembre 1999, sur “ Setting the Agenda : the Future of Jewish-Christian Relations ”.

    [4]Judaism and Christianity: Their Respective Roles in the Strategy of Redemption,in Visions of the Other – Jewish and Christian Theologians Assess the Dialogue, par Eugene J. Fisher, Mahwah/N.J, 1994, p. 27.

    [5]London/Philadelphia, 1990, p. 152.

    [6]Cf. Remi Hoeckman dans son discours d’ouverture aux participants à un colloque théologique entre des spécialistes catholiques et le Centre Rabbinique pour le Dialogue interreligieux, à la Faculté de droit Colombus, Université catholique d’Amérique, Washington DC, 19 juillet 2000.

    [7] Nostra Aetate, 4.

    *** 

     

    PROTECTION DE LA LIBERTÉ RELIGIEUSES
    ET DES LIEUX SAINTS

    DÉCLARATION DU COMITÉ INTERNATIONAL
    DE LIAISON CATHOLIQUE-JUIF 


    La liberté religieuse attaquée

    Depuis les dernières années, la violence interreligieuse et antireligieuse est en augmentation. Dans certains endroits, des milliers de personnes ont été tuées et des milliers d'autres ont perdu leur foyer et sont même devenues des réfugiés. L'assassinat de leaders religieux et de travailleurs laïcs est à présent un fait courant. Des sanctuaires, des monuments et des lieux de culte ont été attaqués, endommagés ou détruits. Les droits de plusieurs centaines de milliers de croyants ont été violés. Les coupables sont parfois des individus isolés. Plus souvent, il s'agit de groupes, soit de bandes, d’organisations terroristes ou de personnes revêtues d'une autorité: policiers, personnel militaire ou même appartenant aux gouvernements.

    Nous sommes préoccupés par les attaques à la liberté religieuse, où qu'elles se produisent. Nous sommes d'autant plus troublés lorsque les coupables sont des membres de nos propres communautés religieuses. Réunis en cette session du Comité international de liaison catholique-juif, nous réaffirmons devant Dieu et devant la communauté mondiale notre engagement commun pour la protection de la liberté religieuse et de la sécurité des lieux saints.

     

    Respect des lieux saints

    Dès l'éveil de la conscience humaine, les hommes et les femmes ont fait l'expérience du sacré en des lieux qu'ils ont désignés comme saints. Tout au long de l'histoire connue, des groupes ont éprouvé un attachement spécial pour des lieux qui étaient saints à leurs yeux. Les textes sacrés des grandes religions historiques contiennent des récits se rapportant à des lieux particuliers où des individus ou des groupes ont fait l'expérience de rencontres significatives avec Dieu.

    Les lieux saints consacrés à la mémoire de ces rencontres avec le divin font partie du caractère de toutes les traditions religieuses. Les fidèles y sont attirés par leur vénération pour les grands événements ou les personnalités qu’on y commémore et parce que ce sont des lieux de prières particulièrement ferventes. Chacune des grandes traditions religieuses de l’humanité a des lieux qu’elles considèrent comme détenant une sainteté distinctive. Les lieux saints sont un élément commun des traditions religieuses de l’humanité, comme le sont le temps sacré ou la prière. 

    Paradoxalement, une des conséquences de la sanctification de certains lieux est qu’ils peuvent devenir un motif de tensions entre les membres de différentes communautés religieuses. Il se peut qu’un lieu considéré comme saint par un groupe soit revendiqué par les adeptes d’une autre tradition. Les lieux saints peuvent donc être une source de conflit autant que d’expression spirituelle.

    Tragiquement, lorsque des communautés religieuses se séparent ou s’opposent, les lieux saints de chacune d’elles deviennent souvent l’objet de violences ou de représailles, au lieu de vénération et de respect. Le mépris et la colère se manifestent à travers diverses formes de violations : occupation, profanation et jusqu’à la destruction des lieux. De même, lorsqu’ils sont utilisés à des fins militaires, leur caractère sacré est profané. Un groupe peut s’emparer physiquement d’un lieu saint appartenant à un autre groupe et y supprimer toute trace de son identité précédente. Des objets de vénération peuvent être dégradés. Certains lieux saints ont été réduits en ruines.

    En tant que croyants, nous sommes conscients de l’importance de nos lieux saints pour notre vie religieuse et communautaire. Chacune de nos communautés de foi a aussi connu la profanation de sites pour nous sacrés. Nous connaissons la profonde douleur que cause une telle expérience. C’est en raison de ce passé que nous condamnons toute violence contre des lieux saints, commise parfois même par des membres de nos propres communautés.

     

    Protéger la liberté religieuse

    La liberté de religion et de conscience, y compris les droits des communautés religieuses dans la société, découlent de la liberté des individus devant Dieu, dans laquelle ils ont leurs racines. En tant que chrétiens et juifs, nous trouvons les racines religieuses de ce respect dans la dignité de toutes les personnes créées “ à l’image et à la ressemblance de Dieu ” (Genèse 1, 26). La liberté religieuse se réalise par l’exercice de droits spécifiques. Citons parmi ceux-ci: la liberté de culte, la liberté pour chacun de manifester publiquement sa foi et de pratiquer sa religion, la liberté pour les communautés religieuses de s’organiser et de mener leurs activités sans interférences, le droit de montrer les implications des propres croyances pour la vie sociale, la liberté de réunion et la liberté de créer des organisations éducationnelles, caritatives, culturelles et sociales en conformité avec l’orientation de la tradition religieuse de chacun.

    La protection de la liberté religieuse requiert les efforts combinés de nombreux éléments. En ce qui nous concerne, nous devons faire davantage, en tant que responsables religieux, pour apprendre à nos frères dans la foi le respect des personnes appartenant à d’autres traditions religieuses. Les responsables religieux devraient en outre prendre des initiatives pour instaurer un climat de respect. Ils doivent être prêts à se prononcer contre toute violation de la liberté religieuse commise contre des personnes d’autres religions.

    Nous encourageons les organisations religieuses à créer des programmes réguliers de formation, de dialogue et d’échanges interreligieux. Lorsque des membres d’autres religions, en particulier de religions minoritaires, sont l’objet d’agressions, nous exhortons les personnes de bonne volonté à faire entendre leur voix en défense de la liberté religieuse et des droits de la minorité, d’offrir leur soutien à celle-ci et de donner publiquement avec elle des signes de solidarité. Les responsables religieux ne devraient jamais utiliser leurs déclarations pour inciter à la violence ni faire de leurs sanctuaires et lieux de culte des centres d’action politique hostile.

    Nous invitons tous les croyants à agir amicalement par-dessus les frontières religieuses pour résoudre les conflits religieux, et à suivre ensemble les chemins de la paix. Les plaintes contre les violations de la liberté religieuse, de la liberté de conscience ou de la sacralité des lieux saints devraient faire l’objet d’un examen approfondi et ne jamais être une occasion de récrimination ni de diffamation. Au contraire, nous devons toujours nous efforcer de créer un climat d’ouverture et d’équité qui permette de résoudre les conflits.

    Les autorités gouvernementales et politiques ont une responsabilité particulière pour la protection des droits de l’homme et des droits religieux. Les personnes responsables du respect de la loi, de l’ordre et de la sécurité publique devraient se sentir tenus d’assurer la défense des minorités religieuses et d’employer les moyens légaux dont ils disposent envers ceux qui se rendent coupables de délits contre la liberté religieuse et la sacralité des lieux saints. De même qu’il leur est interdit d’entreprendre des actions antireligieuses, les gouvernements doivent également veiller à ce que, par leur inaction, ils ne tolèrent en fait la haine religieuse ou n’offrent l’impunité aux auteurs d’actes antireligieux.

    Les forces armées devraient veiller à éviter tout acte de violence contre les minorités religieuses et toute attaque contre les lieux de culte et les sites sacrés. Dans le but d’assurer la liberté religieuse en périodes de conflits, le personnel militaire devrait être formé dans le respect des droits des minorités religieuses et des lieux saints, et être tenu responsable de ses actions. En cas de conflit entre les exigences d’une légitime défense et l’immunité religieuse, il est nécessaire de trouver les moyens d’éviter, ou tout au moins de réduire au minimum les infractions aux droits religieux.

     

    Conclusion

    Ensemble, en tant que représentants des communautés religieuses catholique et juive, nous demandons aux hommes et aux femmes de toutes les religions de respecter la liberté religieuse et de traiter avec respect les lieux saints des autres. Nous invitons toutes les personnes à rejeter les attaques à la liberté religieuse et la violence contre les lieux saints comme formes légitimes d’expression politique.

    Nous espérons, dans la prière, que viendra le temps où tous jouiront du droit de vivre leur vie religieuse sereinement et en paix. Nous aspirons à voir le jour où les lieux saints de toutes les traditions religieuses seront en sécurité et où tous traiteront les lieux saints des uns et des autres avec respect.

    New York, N.Y. 
    4 mai 2001

    ***

     

    RECOMMANDATION CONCERNANT LA FORMATION
    DANS LES SÉMINAIRES ET LES FACULTÉS
    DE THÉOLOGIE CATHOLIQUES ET JUIFS
     

    Les relations entre l'Église catholique et les juifs se sont considérablement améliorées au cours du dernier demi-siècle. La formation du futur clergé et des responsables laïcs dans nos deux communautés revêt une importance capitale si nous voulons que les générations à venir soient en mesure de soutenir et de faire avancer ce progrès.

    En particulier, les programmes d'études des séminaires et des facultés de théologie catholiques devraient refléter l'importance primordiale de la nouvelle compréhension de l'Église concernant ses rapports avec les juifs. A cet effet, nous recommandons ce qui suit:

    Les cours sur la Bible, la patristique, l'histoire et la liturgie de l'Église primitive devraient inclure les récentes acquisitions de la recherche sur les origines du christianisme. Le fait d'éclairer les développements complexes grâce auxquels le judaïsme, tant ecclésial que rabbinique, a émergé du judaïsme primitif, établira une base solide pour remédier à “ une pénible ignorance de l'histoire et des traditions du judaïsme dont seuls les aspects négatifs et souvent caricaturaux semblent faire partie du bagage commun de beaucoup de chrétiens ” (Notes pour une correcte présentation des juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse de l’Église catholique, VII, Conclusion, 1985). Les facultés devraient avoir la possibilité de poursuivre leurs études sur les relations judéo-chrétiennes afin que leurs cours puissent refléter la richesse des connaissances acquises à ce jour.

    Des cours traitant les aspects bibliques, historiques et théologiques des relations entre juifs et chrétiens devraient être une partie intégrante, et non seulement facultative, des programmes d'études des séminaires et des facultés de théologie. Tous les diplômés des séminaires et des facultés de théologie catholiques devraient avoir étudié la révolution qui a eu lieu dans l'enseignement catholique sur les juifs et le judaïsme, depuis Nostra Aetate jusqu'à la prière du Pape Jean-Paul II devant le Mur occidental de Jérusalem le 26 mars 2000.

    La communauté juive doit encore entreprendre le même genre d'effort pour promouvoir une compréhension de base du christianisme. Pour des raisons historiques, de nombreux juifs ont des difficultés à surmonter la mémoire générationnelle de l'oppression antisémite. C'est pourquoi:

    Les responsables religieux et laïcs juifs doivent recommander et promouvoir un programme de formation dans nos écoles et séminaires juifs sur l'histoire des relations catholiques-juives et sur la connaissance du christianisme et de ses relations avec le judaïsme. Une telle connaissance ne signifie pas l'acceptation de la doctrine chrétienne par les juifs. L'encouragement au dialogue entre les deux fois implique effectivement la reconnaissance, la compréhension et le respect des convictions respectives, sans l'obligation de les accepter. Il est particulièrement important que les écoles juives incluent dans leur enseignement des cours sur le deuxième Concile du Vatican, sur les documents publiés par la suite et sur les changements d'attitude qui ont ouvert des perspectives et des possibilités nouvelles pour les deux fois.

    Les établissements d'enseignement de nos communautés devraient faire tous les efforts appropriés à leurs contextes particuliers pour exposer les étudiants aux communautés des uns et des autres, par des conférenciers, des voyages d’étude, la participation à des groupes de dialogue et à des conférences au niveau local, national et international. On devrait utiliser les ressources d’Internet, surtout les sites tels que www.jcrelations.net et ceux des différents centres pour la compréhension mutuelle entre juifs et chrétiens.

      

    ***

     

    COMMUNIQUÉ COMMUN

    Après le deuxième Concile du Vatican de 1965, l'Église catholique et plusieurs groupes internationaux représentant la communauté juive tant en Israël que dans la diaspora, décidèrent de créer ensemble un mécanisme permettant de prolonger l'extraordinaire moment de l'histoire que représentait la Déclaration conciliaire Nostra Aetate ("En notre temps"). Faisant suite à près de deux millénaires de rapports polémiques, une fenêtre a été ouverte pour permettre au dialogue de remplacer les controverses du passé‚. Le résultat a été la création du Comité international de liaison catholique-juif ("ILC") entre la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec les juifs et le Comité juif international pour les consultations interreligieuses ("IJCIC"). L'IJCIC comprend l’American Jewish Committee, l’Anti-Defamation League, B’nai Brith International, la Conférence centrale des Rabbins américains, le Conseil juif pour les relations interreligieuses en Israël, l’Assemblée rabbinique d’Amérique, l’Union des Congrégations hébraïques américaines, l’Union des Congrégations juives orthodoxes d’Amérique, la Synagogue unie d’Amérique et le Congrès mondial juif. La 17ème réunion a eu lieu du 1er au 3 mai 2001 à New York City :

    Dans les années qui ont suivi la 16ème réunion (Cité du Vatican, mars 1998), des tensions avaient surgi entre la Commission du Saint-Siège et l’IJCIC. Du côté catholique on était déçu par l’absence de dialogue théologique. Du côté juif, on répondait que l’on souhaitait approfondir le dialogue de façon à permettre aux juifs et aux catholiques d’apprendre à se connaître les uns les autres et à présenter une image exacte de nos communautés, sans risquer de s’engager dans des controverses théologiques. 

    Nous affirmons que notre partenariat a une base solide et que l’action vitale de l’ILC continue et promet de prospérer aujourd’hui et dans les années à venir. En tant que représentants officiels de nos communautés religieuses constituées, nous sommes résolus à engager nos responsables et nos laïcs dans le dialogue et la coopération.

    Au printemps 2000, l’IJCIC et le Saint-Siège se sont accordés pour chercher à élargir le dialogue : A présent, au terme de notre réunion de New York, nous affirmons que notre objectif est atteint. Nous avons entrepris une phase préliminaire de dialogue qui a permis de mieux préciser notre compréhension des différences et des similarités de nos fois religieuses.

    Le thème central de notre rencontre, Pénitence et Réconciliation, s'inspirait du désir de passer en revue les onze dernières années, depuis le remarquable discours du Cardinal Edward I. Cassidy sur la Teshouva à Prague en 1990. C'était une courageuse déclaration sur la nécessité du remords et de la contrition, qui a servi de base à l'appel novateur de l'ILC au renoncement, par les catholiques, à l'antisémitisme en tant que "péché contre Dieu et contre l'humanité‚". Par la suite, ce thème a été porté à l'attention du monde entier par le Pape Jean-Paul II. Bien des choses se sont passées depuis la rencontre de Prague: la normalisation diplomatique entre le Saint-Siège et l'État d'Israël en 1994, la publication de "Nous nous souvenons" en 1998, la visite du Pape Jean-Paul II en Israël en 2000, et l'examen, par des spécialistes catholiques et juifs, des documents d'archives publiés par le Vatican en 2000 concernant certains événements de la Deuxième Guerre mondiale. Toutefois, il y a eu également des moments de tension, entre autres la canonisation d'Edith Stein, la béatification de Pie IX et l'éventuelle béatification de Pie XII, ainsi que la publication de "Dominus Iesus". Ces questions ont provoqué d'intenses débats.

    Notre réunion a commencé par une lecture en hébreu du Livre des Psaumes (Ps 85) par Mgr Pier Francesco Fumagalli, de Milan, avec une traduction anglaise lue par le Prof. Jean Halperin, du Congrès mondial juif de Genève. Le Président du Programme de l'IJCIC, le Rabbin Gary M. Bretton-Granatoor, a brièvement exposé le thème de notre réunion et a présenté le Cardinal Walter Kasper, récemment nommé Président de la Commission du Saint-Siège, et M. Seymour D. Reich, Président de l'IJCIC.

    Dans son allocution, le Cardinal Kasper a salué tous les présents et a déclaré : “ Je me suis engagé à travailler avec vous pour la réconciliation de nos deux communautés de foi, sur la base du plein respect mutuel de nos traditions et de nos convictions respectives. Malheureusement ce respect mutuel a souvent fait défaut dans le passé. Aussi la Teshouva est-elle une étape indispensable sur notre chemin. Pour nous catholiques, le Pape Jean-Paul II a donné l'exemple ”. Il a continué en disant : “ À ce point de l'histoire de nos relations, notre Commission est effectivement convaincue de la nécessité d'un dialogue qui dépasse le débat sur les problèmes et va au coeur même de ce qui constitue nos identités en tant que communautés de foi, pour nous permettre d'avancer - sur cette base - sur la voie d'une action commune dans la société d'aujourd'hui ”. Il a conclu ses remarques par ces mots: “ Je crois que la découverte, ou la redécouverte de ce lien essentiel entre nos deux traditions religieuses, est fondamentalement le programme de notre dialogue. Comme l'a dit jadis un de mes prédécesseurs, le Cardinal Johannes Willebrands, "nous sommes unis à jamais" ”.

    M. Reich a déclaré que “ l'aspect très remarquable du partenariat catholique-juif est que malgré les différences et les désaccords, les rapports fondamentaux ont connu un profond changement, transformant la haine et la méfiance séculaires en un dialogue positif entre deux fois unies entre elles par des liens historiques ”. Il a évoqué l'effet négatif de la béatification du Pape Pie IX sur les relations catholiques-juives, surtout en Italie en raison de l'affaire Edgardo Mortara, l'enfant juif soustrait de force à ses parents pour être élevé dans la religion catholique à l'intérieur du Vatican. L'ILC affirme que cet épisode est un exemple du problème historique que Nostra Aetate et d'ultérieurs documents du Saint-Siège ont résolu “ en notre temps ”.  

    Le Rabbin Joel Zaiman, Président du Conseil national des synagogues, a présenté le Cardinal Cassidy et le Rabbin Léon Klenicki, ancien Directeur pour les Affaires interreligieuses de l'ADL. Le Cardinal Cassidy, dans une réflexion sur les onze dernières années, a dit: “ Le dialogue est l'échange de dons ”. A son avis, il reste encore beaucoup à faire dans notre dialogue; nous devons “ persévérer ... il n'y aura pas de retour en arrière ”. Mais il a estimé qu'à moins d'être vigilants, notre dialogue pourrait connaître une baisse d'intérêt. Il a rappelé la réunion de l'ILC de 1990 à Prague comme un “ jalon qui a donné une nouvelle vie à nos relations et a été à l'origine d'un important travail dans les domaines de l'éducation et de la formation. Plusieurs vieux problèmes ”, a-t-il dit, “ ont plus tard été résolus et un nouvel élan a été donné aux rapports catholique-juifs lorsque le Saint-Siège et Israël ont établi des relations diplomatiques officielles. En dépit de nouvelles questions qui ont causé quelque tension, le progrès a continué et, en 1998, la Commission a publié un document catholique sur l'Holocauste, Nous nous souvenons: une réflexion sur la Shoah. Cette période a atteint son point culminant avec la visite du Pape Jean-Paul II en Israël en mars 2000, qui a eu un écho considérable ”.

    Introduisant le thème principal, Pénitence et Réconciliation, le Rabbin Klenicki a montré qu'il est nécessaire pour chacune de nos communautés de dépasser sa propre forme de triomphalisme. “ Le christianisme doit se défaire de son triomphalisme théologique: la conviction qu'il est la seule voie de salut et qu'il doit être imposé à tous. De notre côté, le judaïsme doit se défaire du triomphalisme de la douleur et de la mémoire. Nous sommes tenus de répondre à l'histoire avec de nouvelles affirmations de l'alliance de Dieu et avec de nouvelles dimensions de foi en l'humanité malgré le potentiel de mal de l'être humain ”. Il a indiqué la Déclaration juive Dabru Emet (Dire la vérité), souscrite l'an dernier par quelque 200 Rabbins et studieux américains, comme un exemple de cette réponse juive à l'offre chrétienne de réconciliation.

    Nous nous sommes ensuite occupés des importants documents indiqués dans le thème principal. Le Cardinal Kasper a présidé la séance de l'après-midi, qui comprenait des exposés du Père Lawrence Frizzell, Professeur à l'Institut d'études judéo-chrétiennes de l'Université Seton Hall, et du Rabbin Dr Michael Signer, Professeur au Département de théologie de l'Université Notre-Dame. Le Père Frizzell nous a rappelé que “ le Pape Jean-Paul II a appelé les catholiques "à progresser dans la conversion quotidienne du coeur, ou Teshouva, dans la pénitence, le jeûne et les oeuvres de miséricorde" (Discours aux représentants de la communauté juive à Budapest, le 18 août 1991) ”. L'expérience de la pénitence chrétienne et du retour au projet de Dieu pour l'humanité a ses racines dans la liturgie du Temple de Jérusalem, en particulier dans celle de la Journée de l'expiation. “ Dans la foi, les chrétiens sont encouragés à devenir des instruments ou des ambassadeurs de réconciliation entre les êtres humains et entre ceux-ci et Dieu. Comment chrétiens et juifs peuvent-ils devenir un bienfait les uns pour les autres de façon à devenir un bienfait pour le monde? ”.

    Le Prof. Signer a illustré sa perspective du Darke Shalom (les voies de paix). Il y a beaucoup à apprendre sur une société dans ses salutations rituelles. Lorsque nous saluons quelqu'un nous l'accueillons en notre présence et nous pouvons nous-mêmes être accueillis par lui. La salutation juive “ Shalom ” indique que nous mettons l'autre en notre présence, en lui souhaitant un sens de bien-être et de plénitude. Dans la tradition rabbinique, le concept de paix fait partie de la nature de Dieu. C'est un don unique de miséricorde et de grâce divines. Il est également vrai que les juifs ont le devoir de remplir leur vie quotidienne avec la recherche de la paix en créant un solide réseau de paix et de concorde :

    Une des questions délicates dont s’est occupée cette 17ème réunion de l’ILC a été la publication de Dominus Iesus. “ Dominus Iesus ”, a dit le Cardinal Kasper, “ est un document intracatholique sur le dialogue interreligieux ; il s’adresse aux théologiens catholiques et concerne des problèmes de relativisme, de syncrétisme, d’universalisme et d’indifférentisme. Il n’intervient pas dans le dialogue catholique-juif. Il faut dire tout d’abord que le rapport entre l’Église et les juifs est unique. Deuxièmement, Dominus Iesus ne met pas en question le salut des juifs. Troisièmement, l’alliance juive n’a pas été révoquée et reste donc efficace du point de vue salvifique pour les juifs. Quatrièmement, Dominus Iesus doit être correctement interprété dans le contexte de Nostra Aetate, des encycliques papales et des autres documents officiels de l’Église concernant le judaïsme. Cinquièmement, l’Église ne déploie aucune activité missionnaire visant à convertir les juifs. Dominus Iesus n’est pas le point final de notre dialogue. C’est un défi pour notre dialogue ”.

    Le Prof. David Berger, à propos de Dominus Iesus, a signalé les préoccupations de certains membres de la communauté juive qui voient dans ce document l'allégation que les adeptes d’autres religions sont dans une situation de grave carence en ce qui concerne leur salut, que le dialogue interreligieux fait partie de la “ mission ” de l’Église auprès des nations et que l’égalité dans le dialogue se réfère à la dignité des participants et non au contenu doctrinal. Le Prof. Berger a montré que l’assertion selon laquelle les juifs sont exclus de ces affirmations contestables semble incompatible tant avec la Déclaration elle-même qu’avec d’autres écrits du Cardinal Joseph Ratzinger, chef de la Congrégation pour la Doctrine de la foi qui a publié cette Déclaration. Berger a toutefois soutenu que les objections juives aux passages de Dominus Iesus sur le salut et l’égalité n’ont pas de fondement légitime. Avancer de telles objections, c’est inviter à de réciproques revendications de révision de la théologie juive et transformer le dialogue en un instrument d’intimidation religieuse. Il estimait, d’autre part, que le passage sur la mission crée un gros problème pour le dialogue, surtout sur les questions doctrinales, et justifie les préoccupations des juifs orthodoxes qui ont en général évité de telles discussions.

    Un débat a suivi. Selon le Père John Pawlowski, OSM, le document ne parle pas du judaïsme postbiblique. Le Cardinal Kasper a fait remarquer que le document ne reflète pleinement ni la doctrine de l’Église catholique ni d’autres importantes déclarations pontificales concernant les relations avec la religion juive. Le Cardinal Cassidy a observé que Dominus Iesus n’était pas le dernier mot sur cette question. 

    La soirée du 1er mai a été l‘occasion d’une expérience de fraternité très sentie lorsque l’ILC a rendu hommage au Cardinal Cassidy et au regretté Cardinal John O’Connor, aux Rabbins Mordecai Waxman, Léon Klenicki et A. James Rudin, à sœur Rose Thering, OP, et à Mgr George G. Higgins, pour leur exemple, leur témoignage et leur amour envers le dialogue catholique-juif. L’ILC est profondément reconnaissant au Rabbin Gary Bretton-Granatoor et à la Libre Synagogue Stephen Wise pour avoir accueilli cette manifestation.

    Le jour suivant (mercredi 2 mai), le Père James Loughran, S.A., récemment nommé Secrétaire de la Commission pontificale pour les relations religieuses avec les juifs, a illustré la tradition catholique du repentir telle qu’elle est pratiquée au niveau pastoral à travers le sacrement de pénitence et la vie liturgique de l’Église. Son thème principal était la metanoia, le “ retournement ” complet du cœur loin du péché et vers Dieu. La raison de cette conversion du cœur est l’amour, et non pas la crainte de la condamnation. Le débat qui a suivi a permis de préciser ultérieurement la distinction, dans la théologie catholique, entre l’Église instituée par le Christ, qui est sans péché, et l’assemblée humaine de l’Église, qui est pécheresse.

    Le Prof. David Novak, de l’Université de Toronto, a présenté un document sur “ L’évolution des attitudes juives envers les non-juifs ”. La Torah, a-t-il dit, prescrit aux juifs de respecter les personnes de religion différente qui reconnaissent Dieu comme le Créateur et qui n’adorent pas d’idoles. Ces personnes doivent être respectées en vertu de “ Darke Shalom ” (les voies de paix) pour autant qu’elles ne sont pas une menace pour les juifs ou pour le judaïsme.

    Le Père Gerald P. Fogarty, de l’Université de Virginie, et le Dr Michael R. Marrus, de l’Université de Toronto, tous deux membres du groupe de spécialistes chargé par le Saint-Siège et par l’IJCIC (et précédemment mandaté à cet effet lors de la réunion de l’ILC en 1998 à Rome) de passer en revue les documents publiés par le Vatican concernant la période de la Deuxième Guerre mondiale, ont présenté un rapport préliminaire.À la suite de la lecture des onze volumes des Actes et Documents du Saint-Siège durant la Deuxième Guerre mondiale, les spécialistes ont soumis une première évaluation des documents en question et ont exprimé leur appréciation pour l’effort d’objectivité des éditeurs. Le groupe avait conclu que le matériel examiné constituait une précieuse contribution au dossier historique. Avec leur évaluation, les spécialistes ont présenté quarante-sept questions spécifiques qui illustrent la nécessité de poursuivre l’examen de cette matière complexe et ardue. En dépit de points de vue différents, chose normale entre spécialistes, ils ont été d’accord pour dire que la question du rôle de la papauté pendant la guerre n’est toujours pas résolue. S’il est vrai que l’ouverture des archives du Vatican ne permettra pas de classer définitivement cette affaire, elle contribuera à dissiper le climat de suspicion et à établir un degré de compréhension plus avancé. L’ILC prend note de l’importance du problème pour nos deux communautés et recommande un débat sur la question, qui soit caractérisé par le respect et la considération, de part et d’autre, des positions légitimement soutenues.

    Une discussion a ensuite eu lieu. Pour le Père Pawlikowski, tandis que le problème n’est pas résolu, l’allusion au “ silence ” de Pie XII est une caractérisation indue et devrait être exclue du débat. Le Doyen Marrus a déclaré que nous devons donner une réponse positive au rapport provisoire et qu’à présent “ c’est au Vatican de jouer ”. Il a ajouté qu’il faut bouger sur le problème des archives et que “ l’accès aux archives serait salutaire ”. 

    Notre attention s’est ensuite portée sur un premier projet de déclaration conjointe sur la Protection de la liberté religieuse et des lieux saints. Après deux jours de débats et de discussions animées, l’ILC a adopté la résolution jointe au présent rapport. L’ILC a également publié une “ Recommandation sur la formation dans les séminaires et les Facultés de théologie catholiques et juifs ”, également jointe au présent communiqué.

    La troisième journée de la rencontre a commencé par une brève commémoration du Cardinal John J. O’Connor, à l’occasion du premier anniversaire de sa mort. Le Rabbin Bretton-Granattor a lu les paroles du poète hébreu Hannah Seneh, intitulées Yesh Kochavim (Il y a des étoiles). Nous avons ensuite abordé la troisième session consacrée à l’examen des documents.

    Le Dr Eugene Fisher, de la Conférence épiscopale catholique des États-Unis, a passé en revue la vaste collection de Déclarations épiscopales, de programmes éducatifs, de perfectionnements du matériel d’enseignement, d’institutions académiques d’études juives et chrétiennes attachées aux Université catholiques, de dialogues et d’actions sociales communes à tous les niveaux, qui ont fait progresser la vision prophétique de Nostra Aetate et ont profondément et inextricablement gravé son esprit dans la vie de l’Église catholique à travers le monde. “ Le défi théologique lancé par le Concile Vatican II et développé avec tant de soin dans des déclarations successives ”, a-t-il dit, “ est devenu une construction en roche doctrinale qui durera des siècles ”.

    Seymour Reich a parlé des remarquables changements qui ont eu lieu au cours de notre dialogue. Il a fait d’importantes suggestions sur la formation dans les écoles juives, qui ont été incorporées dans la Résolution précitée sur la Formation dans les Séminaires catholiques et juifs. Il a en outre attiré l’attention des responsables ecclésiastiques sur la nécessité de comprendre que pour les juifs en général, la survie et le bien de l’État d’Israël sont un test décisif qui reflète l’image qu’il a de lui-même et son sens de survie comme peuple. Il est important, a-t-il dit, que les catholiques comprennent les liens affectifs qui unissent la communauté juive à l’État d’Israël et qu’ils conviennent que, dans les questions qui affectent cette nation, le sens et le ton sont presque aussi importants que le contenu.

    Plusieurs rapports intéressants ont été présentés lors de la discussion sur les projets en cours dans les communautés locales. Pour la première fois, l’Ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège, M. Neville Lamdam, accompagné par le Ministre pour les Affaires interreligieuses à l’Ambassade israélienne à Washington, M. Moshe Fox, ont participé à la réunion en qualité d’observateurs. L’Ambassadeur Lamdam a parlé des efforts entrepris par son Ambassade, de concert avec le Saint-Siège, pour faire progresser les relations catholiques-juives, comme par exemple les activités éducatives dans les Universités pontificales, les expériences de contacts personnels tels que les pèlerinages, les échanges d’étudiants, la coopération internationale pour le développement et les initiatives culturelles.

    Le Rabbin Ron Kronish, d’Israël, a parlé de projets par Israël et par l’Autorité palestinienne, qui réunissent des juifs, des chrétiens et des musulmans. Le Prof. Georges Schneck., de Bruxelles, a illustré le travail en cours dans son pays, et le Rabbin Henry Sobel (Brésil), a fait part de ses expériences vécues en Amérique latine.

    En ce qui concerne Jedwabne, lieu d’un massacre de juifs par des Polonais durant la Deuxième Guerre mondiale, l’évêque Mgr Stanislaw Gadecki (Pologne) a indiqué trois points. “ Premièrement, je dois souligner la responsabilité polonaise dans le crime commis à Jedwabne. Je ne justifie d’aucune façon le comportement polonais. Deuxièmement, pendant la guerre, de nombreuses personnes ont cherché un bouc émissaire pour leurs propres malheurs. Trop d’entre elles l’ont trouvé dans le stéréotype selon lequel les juifs avaient collaboré avec le régime communiste. Nous savons que les juifs furent utilisés et maltraités – comme d’autres minorités – par les Soviétiques, comme les Polonais l’avaient été par les Allemands. La démonisation des juifs et l’antisémitisme traditionnel basé sur des stéréotypes chrétiens ont également influencé les pogroms antijuifs. Troisièmement, ce que nous voulons, nous Polonais, c’est reconnaître nos fautes et nous repentir ”.

    Une proposition pour une représentation féminine plus importante lors du planning et de la programmation des réunions de l’ILC a été adoptée par consensus.

    La réunion s’est terminée par la lecture du Psaume 133 en hébreu, en latin et en anglais, par Betty Ehrenberg, de l’Union orthodoxe, par le Dr Hermann Henrix (Allemagne) et par Lisa Palmieri-Billig, de l’ADL (Italie). Les réflexions finales ont été dites par le Cardinal Cassidy et par M. Seymour Reich. Le Cardinal Edward Egan, de New York, a reçu l’ILC chez lui le 3 mai. Son amabilité et son chaleureux accueil ont été vivement appréciés.

    Le Comité international de liaison catholique-juif a exprimé sa reconnaissance pour le dur travail et le dévouement du staff de l’Union des Congrégations juives d’Amérique dont les locaux et les moyens mis à notre disposition ont contribué à créer un milieu agréable et productif.

    Nous remercions le Secrétaire de l’ILC, le Rabbin Dr Leon Feldman, et Reva Kaiser, Zeesy et Joel Schnur, de Schnur Associates, pour leur travail de coordination de la conférence.

    ***

     

    PARTICIPANTS

     

    Participants catholiques 

    CardinalWalter Kasper
    Président
    Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme
    Cité du Vatican

    Cardinal Edward Idris Cassidy
    Président émérite
    Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme
    Cité du Vatican

    S. Exc. Mgr Marc Ouellet
    Vice-président
    Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme
    Cité du Vatican

    Sœur Mary Boys, SNJM
    Union Theological Seminary
    New York, NY 10027, USA

    Révérend Drew Christiansen, SJ
    Woodstock Theological Center
    Washington, DC, USA

    Dr Philip A. Cunningham
    Directeur
    Center for Christian-Jewish Learning at Boston College
    Pelham, NH, USA

    Révérend Patrick Desbois
    Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme
    Paris, France

    Sœur Celia Deutsch, N.D.S.
    Brooklyn, NY, USA

    Sœur Audrey Doetzel, N.D.S.
    Relation and Encounter
    Brookly, NY, USA

    Dr Eugene Fisher
    Directeur associé
    Secrétariat pour les relations judéo-chrétiennes
    Conférence des évêques catholiques des États-Unis
    Washington, DC, USA

    S.Exc. Mgr Michael L. Fitzgerald, M. Afr.
    Secrétaire
    Conseil Pontifical pour le dialogue inter-religieux
    Cité du Vatican

    Révérend Lawrence Frizzell
    Institut d’études judéo-chrétiennes
    Seton Hall University
    South Orange, NJ, USA

    Mgr Pier Francesco Fumagalli
    Biblioteca Ambrosiana
    Milan, Italie

    S.Exc. Mgr Stanislaw Gadecki
    Évêque auxiliaire de Gniezno
    Gniezno, Pologne

    Sœur Donna Geerneart, S.C.
    Directeur – Relations œcuméniques et inter-religieuses
    Conférence des évêques catholiques du Canada
    Ottawa, Canada 

     

    Participants juifs 

    Dr Avi Beker
    Directeur des affaires internationales
    Congrès juif mondial, Bureau d’Israël 
    Jérusalem, Israël 

    Dr David Berger
    Conseil rabbinique d’Amérique
    Professeur d’histoire
    Brooklyn College and Graduate Center of CUNY
    Flushing, NY, USA 

    Rabbin Alvin Berkun
    Assemblée rabbinique
    Tree of Life Congregation
    Pittsburgh, PA, USA 

    Rabbin Pynchas Brener
    Chef Rabbin 
    Union israélite de Caracas
    Caracas, Venezuela

    Rabbin Gary M. Bretton-Granatoor
    Directeur de programme
    Comité juif international sur les consultations inter-religieuses (IJCIC)
    Central Conference of American Rabbis
    Premier Rabbin, Stephen Wise Free Synagogue
    New York, NY, USA

    Rabbin Dr Alan Brill
    Conseil rabbinique des USA
    Professeur
    Yeshiva University
    , Bernard Revel Graduate School
    Teaneck, NJ, USA

    Mme Sarrae G. Crane
    Directeur
    Département d’action et de politique sociales
    United Synagogue of Conservative Judaism
    New York, NY, USA

    Rabbin Steven Dworken
    Vice-président
    Conseil rabbinique d’Amérique
    New York, NY, USA

    Rabbin Lawrence H. Edwards
    Directeur national associé pour les affaires inter-religieuses
    Americain Jewish Committee
    Chicago, IL, USA

    Mme Betty Ehrenberg
    Directeur
    Affaires internationales et communautaires
    Union orthodoxe
    New York, NY, USA

    Prof. Dr Ernst Ludwig Ehrlich
    Directeur
    European B’nai B’rith
    Riehen-Basel, Suisse

    Rabbin Jerome M. Epstein
    Vice-président
    United Synagogue of Conservative Judaism
    New York, NY, USA

    Rabbin Prof. Leon A. Feldman
    Secrétaire
    Comité juif international pour les consultations inter-religieuses (IJCIC)
    New York, NY, USA

    Moshe Fox
    Ministre pour les affaires publiques et inter-religieuses
    Ambassade d’Israël à Washington
    Washington, DC, USA

    Juge Mayer Gabay
    Président
    Israel Concil on Interreligious Relations
    Jérusalem, Israël

    Prof. Jean Halperin
    Conseiller inter-religieux
    Congrès juif mondial
    Genève, Suisse

    Mme Judith M. Hertz
    Directeur des affaires inter-religieuses
    Union des congrégations juives américaines
    New York, NY, USA 

    Rabbin Philip Hiat
    Professeur, Synagogue centrale
    Union des congrégations juives américaines
    New York, NY, USA

    Kenneth Jacobson
    Assistant du Directeur national
    Division des affaires internationales
    Anti-Defamation League
    New York, NY, USA

    Rabbin Joseph Karasick
    Président honoraire
    Union orthodoxe
    Time Instrument Enterprises
    New York, NY, USA

    Rabbin Leon Klenicki
    Directeur
    Département des affaires inter-religieuses
    Anti-Defamation League
    New York, NY, USA

    Rabbin Dr Ron Kronish
    Directeur
    Israel Council on Interreligious Relations
    Jérusalem, Israël

    Ambassadeur Neville Lamdan
    Ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège
    Rome, Italie

    M. Daniel S. Mariaschin
    Vice-président
    B’nai B’rith international
    Washington, DC, USA

    Dr Michael Marrus
    Doyen de la School of Graduate Studies
    Chancellor Rose and Ray Wolfe Professor of Holocaust Studies
    Université de Toronto
    Toronto, Ontario, Canada

    Rabbin Paul Menitoff
    Vice-président
    Conférence centrale des rabbins américains
    New York, NY, USA

    Rabbin Joel H. Meyers
    Vice-président
    Assemblée rabbinique
    New York, NY, USA

    Prof. Sergio Itzhak Minerbi
    Israel Council on Interreligious Relations
    Ben-Gurion University
    Jérusalem, Israël

    Mme Isabella Nespoli
    Congrès juif mondial
    Bruxelles, Belgique

    Rabbin Dr David Novak
    Directeur
    Jewish Studies Program
    Université de Toronto
    Toronto, Ontario, Canada

    Mme Lisa Palmieri-Billig
    Représentante de la Anti-Defamation Ligue en Italie
    Rome, Italie

    Rabbin Jordan Pearlson
    Congrès juif canadien
    Toronto, Ontario, Canada

    Rabbin Daniel Polish
    Directeur de la Commission mixte sur l’action sociale
    Union des congrégations juives américaines
    New York, NY, USA

    M. Seymour D. Reich, Esq.
    Président
    Comité juif international sur les consultations inter-religieuses (IJCIC)
    New York, NY, USA

    Rabbin Prof. David Rosen
    Directeur des Relations inter-religieuses et liaison avec le Vatican
    Comité juif américain
    Jérusalem, Israël

    Rabbin Gilbert Rosenthal
    United Synagogue of Conservative Judaism
    Directeur
    Conseil national des synagogues
    Brookline, MA, USA

    Rabbin A. James Rudin
    Directeur national des Affaires inter-religieuses
    Comité juif américain
    New York, NY, USA

    Prof. Lawrence H. Schiffman
    Université de New York
    New York, NY, USA

    Prof. Dr Georges Schneck
    Président honoraire
    Consistoire central israélite de Belgique
    Bruxelles, Belgique

    Rabbin Marc Schneier
    Président, Commission Intergroup Relations
    Congrès juif mondial
    New York, NY, USA

    Rabbin Fabian Schonfeld
    Conseil rabbinique d’Amérique
    Young Israel o fKew Gardens Hills
    Flushing, NY, USA

    Rabbin Dr Michael A. Signer
    Conférence centrale des rabbins d’Amérique
    Commission mixte pour les affaires inter-religieuses
    Département de théologie, Université de Notre Dame
    Notre Dame, IN, USA

    Rabbin Alan Silverstein
    Assemblée rabbinique
    Congrégation Agudath Israel
    Caldwell, NJ, USA

    Dr Israel Singer
    Secrétaire général
    Congrès juif mondial
    New York, NY, USA

    Rabbin Henry I. Sobel
    Affaires inter-religieuses, Congrès juif d’Amérique Latine
    Congregacao Israelita Paulista
    Sao Paulo, Brésil

    M. George Spectre
    B’nai B’rith International
    Washington, DC, USA

    M. Jacob Stein
    United Synagogue of Conservative Judaism
    Hicksville, NY, USA

    M. Elan Steinberg
    Directeur
    Congrès juif mondial
    New York, NY, USA

    Rabbin Jonathan Waxman
    Assemblée rabbinique
    Elberon, NJ, USA

    Rabbin Walter S. Wurzburger
    Conseil rabbinique d’Amérique
    Professeur de philosophie, Yeshiva University
    Lawrence, NY, USA

    Rabbin Joel H. Zaiman
    Président
    Assemblée rabbinique
    Congrégation Chizuk Amuno
    Baltimore, MD, USA

    Prof. Tullia C. Zevi
    Ancien Président
    Union italienne des communautés juives
    Rome, Italie

     

    *** 

    LE CARDINAL KASPER MET CLAIREMENT
    EN RELIEF LES CONDITIONS NÉCESSAIRES
    À UNE RECHERCHE COMMUNE

     

    Après la suspension en 2001 des travaux du groupe d'experts catholiques et juifs nommé en 1999 par la Commission pour les relations religieuses avec le Judaïsme et le Comité juif international pour les consultations interreligieuses dans le but d'étudier les onze volumes des Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre Mondiale, le Cardinal Kasper a fait la déclaration suivante: 

    Les relations entre l'Église catholique et le Judaïsme ont enregistré un tournant positif à partir de la Déclaration Nostra aetate (n. 4) du Deuxième Concile du Vatican (1965). Le dialogue remplaça ainsi les anciennes disputes.

    Dans ce nouveau climat, la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le Judaïsme et le Comité juif international pour les Consultations interreligieuses prenaient l'initiative, en octobre 1999, de constituer un groupe d'experts composé de trois représentants juifs et autant de catholiques ayant comme mission d'examiner et de présenter des questions importantes relatives aux onze volumes de la collection Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, édités entre 1965 et 1981 par un certain nombre d'historiens connus. En effet, jusqu'à cette date, on avait tenu compte seulement de manière marginale dans le débat public relatif au Saint-Siège et à l'Holocauste de l'importante documentation contenue dans ces volumes.

    La Commission pour les relations religieuses avec le Judaïsme a appris avec regret la décision du groupe d'experts de suspendre ses recherches en juillet dernier (cf. ORF n. 32 du 7 août 2001). Dans le même temps, elle est reconnaissante aux membres de ce groupe, et en particulier aux représentants catholiques, de leur contribution et de la disponibilité dont ils ont fait preuve.

    Depuis le début, il est apparu clairement que, dans les limites de la mission confiée au groupe, il n'aurait pas été possible de répondre à toutes les questions. Cela n'aurait été possible que par le biais de la consultation de sources non encore disponibles ou d'une étude complémentaire. On considérait toutefois que les résultats potentiels auraient pu encourager un débat objectif.

    Les experts du groupe ont accepté d'assumer leur mission difficile. À aucun moment, il ne leur a été dit qu'ils pourraient avoir accès aux documents des Archives secrètes du Vatican datant des années postérieures à 1922.

    En octobre 2000, le groupe d'experts a présenté un Rapport préliminaire, qui comportait 47 questions, un document qui a fait 1'objet de polémiques de la part d'autres historiens. La poursuite de la recherche de la part du groupe susmentionné a été amplement examinée au cours de la rencontre du Comité international de liaison catholique-juif, lors de sa réunion qui s'est tenue à New York du 1er au 4 mai 2001. À l'issue de cet examen émanait la volonté des deux parties de poursuivre la recherche et de parvenir à la présentation d'un Rapport final!.

    Mais, de fait, on a dû constater l'impossibilité de surmonter les différences d'interprétations données aux missions et à 1'objectif du groupe. En outre, des indiscrétions et des écrits polémiques, provenant de la partie juive, ont contribué à susciter un sentiment de méfiance. Tout cela rendait pratiquement im­possible la poursuite d'une recherche commune.

    Un tel travail scientifique ne peut être réalisé que sur la base d'une attitude correcte, dans le respect et dans la confiance réciproque de ceux qui les entreprennent. Cette condition indispensable n'a pu être remplie du fait de la polémique intervenue après la suspension du travail de recherche et les soupçons injurieux qui ont accompagné cette suspension. Les membres catholiques du groupe se sont publiquement dissociés de pareilles interprétations et évaluations polémiques. En l'état actuel des choses, et sur ces fondements, il ne semble donc pas possible de prévoir la reprise du travail en commun.

    La Commission pour les relations religieuses avec le Judaïsme souhaite que tout doute soit levé en ce qui concerne le caractère irréversible du processus entrepris en vue de la bonne compréhension entre juifs et chrétiens, chemin qui doit être parcouru dans l’intérêt réciproque des deux parties. Un tel processus, lancé avec le Concile, a été poursuivi par le Pape Jean-Paul II. Des représentants de haut niveau du Judaïsme nous ont fait savoir également ne pas désirer une telle polémique ouverte, rappelant leur volonté de continuer à approfondir le dialogue sur les questions religieuses.

    Certes, la compréhension entre les juifs et les chrétiens requiert également une enquête historique. L’accès à toutes les sources historiques relatives à cette enquête constitue donc un besoin naturel de cette recherche. Le désir des historiens de disposer également du fonds d'archives concernant les pontificats de Pie XI (1922-1939) et de Pie XII (1939-1958) est compréhensible et légitime. Dans le respect de la vérité, le Saint-Siège est prêt à permettre l'accès aux Archives du Vatican dès lors que seront achevés les travaux de réorganisation et de classement des fonds en question.

    La Commission pour les relations religieuses avec le Judaïsme mettra tout en œuvre au cours des prochains mois afin de trouver les moyens de reprendre la recherche sur de nouvelles bases, dans l'espoir qu'il soit possible de parvenir à l'éclaircissement commun des questions soulevées. La Commission accomplit tout cela dans la certitude que l'Église catholique ne craint pas la vérité historique. 

    Cité du Vatican, le 24 août 2001

     

    Cardinal Walter KASPER
    Président de la Commission
    pour les relations religieuses avec le Judaïsme

     

    http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/relations-jews-docs/rc_pc_chrstuni_doc_20010504_new-york-meeting_fr.html

     


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    Vendredi 16 juillet 2010

     

     

    Dialogue des cultures : Pour que cesse le choc des civilisations

     

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    La conférence Internationale de Tunis consacrée au thème: “Les politiques de développement culturel, quelle dynamique des arts?” qui a démarré vendredi à Tunis et qui prend fin aujourd’hui a été marquée par la participation massive de scientifiques et d’hommes de culture tunisiens et étrangers qui ont débattu d’une multitude de sujets relatives à la diversité culturelle et à la place de la culture dans le développement.

     

    Comment promouvoir la diversité culturelle et faire des arts un levier de développement culturel dans un monde où la culture est reléguée souvent au second rang? A cette question et à bien d’autres, une palette d’intellectuels tunisiens et étrangers a tenté de répondre durant la première journée de cette conférence. Inaugurée par M. Ridha Methani, chef de Cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur qui a assuré la lecture de l’allocution du Pr. Lazhar Bououni, ministre de l’Enseignement Supérieur, cette conférence a été une occasion pour dresser une chronologie des politiques culturelles ayant abouti à la mise en place de la Déclaration universelle, puis à la convention internationale sur la diversité culturelle de l’UNESCO, en 2000. Rapportant les propos du ministre de l’Enseignement supérieur, Ridha Methani a noté que: “Le monde est de plus en plus tumultueux: les partisans de la thèse du choc des civilisations s’évertuent à trouver les illustrations et les confirmations dans les symboles, voire même dans le vécu des peuples”. Et d’ajouter: “d’autres, comme par réaction, répliquent par le rejet systématique de l’Autre et se replient sur les référents identitaires les plus fanatiques et sectaires”.
    Sans se réduire à ces faux clichés, les politiques de développement culturel et les arts dans leur dynamique ont aujourd’hui un rôle pionnier dans le rapprochement des cultures et les civilisations. C’est en tout cas l’idée commune qui revient comme un leitmotiv à travers les différentes interventions au cours de cette conférence. Dans son allocution, François de Bernard, professeur, président du groupe d’études et de recherches sur les mondialisations a précisé que les politiques de développement culturel impliquent une réflexion transdisciplinaire. “Elles impliquent le dialogue interculturel et la question de la dynamique des arts et leur contribution au dialogue”.

     

     

     

    Un défi pour la société du savoir

     


    Pour sa part, Mohamed Zinelabidine, directeur de l’Institut supérieur de Musique de Tunis, organisateur de cette manifestation, a explicité les différents mystères liés à la culture et aux politiques du développement. “Les sens de “culture” contradictoires et parfois antinomiques, sans cesse revisités, suscitent à présent un questionnement et facilitent son instrumentalisation”, a noté d’emblée le conférencier. Et d’ajouter: “La culture reste aussi le défi de la “Société du savoir”, acceptation réinventée du droit au civisme, édification du mérite, de la reconnaissance des talents, du plus être, du mieux être. On la conçoit comme vecteur d’avenir, selon les définitions”. Sans se limiter à ces différentes acceptions, cette différence internationale a été une occasion pour établir un forum de discussion entre les différents participants. Une dizaine d’interventions ont permis aux participants de débattre de plusieurs sujets relatifs à l’identification culturelle, à la diversité et au développement culturel.

    Ousmane WAGUE

     

     

     

    http://www.tunisia-today.com/archives/33659

     

     

     

     

     

    Bon à savoir !

     

     

     

    C'est Roger GARAUDY qui  a fondé à Genève, en 1974, L'Institut international pour le dialogue des civilisations

     

     

    http://alainindependant.canalblog.com/archives/2010/07/15/18451716.html


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    Jeudi 8 juillet 2010

     

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    Mosquée d'Iran

     

    Preuve que la tolérance n’est pas un vain mot pour les israéliens, un millionnaire israélien a décidé de construire une mosquée en France .

     

    L’homme d’affaire juif sioniste Robert Harush, qui a grandi à Ashkelon va dépenser une partie de sa fortune personnelle à la construction d’une mosquée à Montereau (77), une ville de banlieue parisienne. Son but: promouvoir la co-existence.

     

    Considéré comme un “ultra-sioniste” par ses voisins, cet homme a fait fortune dans le secteur immobilier européen . Il a décidé de payer une mosquée en France et la construction d’une extension pour cette dernière.

     

    «Je me suis dit voici une occasion de rassembler les gens et j’ai décidé de faire don de l’argent nécessaire », a déclaré Harush.

     

    «Les gens étaient abasourdis. Que vient faire un homme juif-sioniste et israélien dans la rénovation d’une mosquée? La réponse est simple: je suis malade et fatigué de la haine. Une voix saine doit émerger. » ajoute t-il.

     

    Harush a expliqué avoir accepter le financement de ce lieu de culte musulman afin de promouvoir la co-existence. « Ce n’est pas une entreprise à bas prix et j’y mets tout mon coeur. »

     

    Les dirigeants de la communauté musulmane de cette banlieue française en Seine et Marne ont remercié vivement Harush pour ce qu’il fait.

     

    En 2009 à Ashkelon, Harush avait financé une synagogue à la mémoire de son père et il travaille actuellement à mettre en place un mikvé (bain rituel juif) dans cette même ville.

     

    “Je ne suis moi-même pas une personne religieuse, mais je pense que, en l’absence d’hommes politiques respectables, c’est aux hommes d’affaires de rassembler juifs, arabes laïcs et religieux”.

     

    Ce millionnaire israélien, qui se dit sioniste, et construit des mosquées en France est la preuve que la tolérance n’est pas un vain mot pour les israéliens. Comme toujours, aucun média arabe n’a fait Echoc de cette nouvelle (1).Pour eux les sionistes sont forcément méchants.

     

    Aujourd’hui je peux dire que je suis sioniste.

     

    Ftouh Souhail, Tunis

    (1) Source : www.ynet.co.il/english/articles/0,7340,L-3907600,00.html

     

    http://www.juif.org/blogs/26191,un-milliardaire-juif-sioniste-israelien-paye-les-travaux-pour-une.php

     

     

     


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    Lundi 14 juin 2010
     

     

    La trahison des clercs
    Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy, deux propagandistes du « choc des civilisations »
      

    Jadis, la France se flattait de produire de grands intellectuels qui apportaient au monde de nouveaux éléments de réflexion. Aujourd’hui, elle est sous la coupe de prescripteurs d’opinions, qui se donnent la réplique pour mieux imposer un prêt-à-penser, donc pour empêcher toute pensée critique. Parmi eux, Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy, deux figures hautes en couleur qui s’efforcent de monopoliser la parole publique pour promouvoir sans contradicteur la politique de MM. Bush et Sharon. La présidence du festival de Cannes par une de leurs « bêtes noires », Emir Kusturica, devrait être l’occasion d’observer leurs méthodes et leurs relais.

     

    Le festival de Cannes sera-t-il le cadre d’un nouveau règlement de compte médiatique ? Et, si oui, en quoi cela peut-il bien intéresser une revue d’analyse politique internationale ?

    Le 11 mai, s’est ouvert à Cannes le festival international du film. Cette année, le jury sera présidé par le cinéaste bosniaque Emir Kusturica, double vainqueur de la compétition. Or, en France, ce réalisateur baroque a deux adversaires médiatiques de taille : Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy. Ces deux hommes sont connus aussi bien pour leurs prises de positions dans le champ culturel que dans le champ politique et peuvent s’appuyer sur leurs relais médiatiques pour diffuser largement leurs opinions. Or, leurs analyses reflètent de façon récurrentes les politiques du gouvernement Sharon, de l’administration Bush ou, au minimum, un appui aux problématiques du choc des civilisations.
    Il est fort probable que les deux hommes ne laisseront pas passer l’occasion de s’attaquer à leur vieil adversaire et il sera intéressant d’observer sur quels médias ils peuvent s’appuyer. En effet, ce sont ces mêmes médias qui, demain, véhiculeront leur soutien plus ou moins franc à une attaque contre l’Iran, la Syrie où tout autre adversaire désigné. En observant la polémique qui surgira probablement, il sera possible de faire une estimation de l’influence des deux analystes atlantistes et de l’écho de leurs thèses.

    Aux sources de la polémique : la guerre en Yougoslavie

    Le conflit entre Emir Kusturica, Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut a commencé lors de l’éclatement de la Yougoslavie. Les trois hommes ont développé des positions inconciliables entre elles.
    Alain Finkielkraut a pris, dès 1991, position en faveur des nationalistes croates et il sera le principal porte-parole des séparatistes en France [1]. Il rédigera en 1992 un livre intitulé Comment peut-on être croate ? où il fera l’apologie des petites nations qu’il présentera comme garantes de liberté face à des uniformités oppressives. Il se fera alors l’avocat des racines historiques des peuples et des divisions communautaires et religieuses : « Si je n’avais pas été juif moi-même, peut-être n’aurais-je pas mis autant d’ardeur et d’insistance à défendre la Croatie. Mais comme le dit admirablement Péguy dans "Notre jeunesse" : plus nous avons du passé derrière nous, plus justement il faut le défendre, le garder pur » [2]. Bernard Henri Lévy prendra pour sa part fait et cause pour l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine et se fera le porte parole du président musulman bosniaque Alija Izetbegovic [3]. Bien que son engagement soit légèrement plus tardif que celui de Finkielkraut, il aura une retentissement médiatique bien plus important. Sur la Bosnie-Herzégovine, il écrira un livre [4], réalisera un documentaire télévisée [5] et un documentaire pour le cinéma [6]. Il consacrera à la Bosnie-Herzégovine un grand nombre de ses éditoriaux du Point, mènera temporairement une liste « Sarajevo » aux élections européennes de 1994 en France et organisera des tournées en Europe pour Alija Izetbegovic. Contrairement à Alain Finkielkraut, il ne fera pas l’apologie des nationalismes, mais vantera dans la Bosnie d’Izetbegovic un idéal républicain, une « petite Yougoslavie » pluriethnique tandis que les Serbes seront présentés comme peuple coupable de tentative génocidaire.
    Si la base du raisonnement des deux hommes diffère, leur action politique dans ce domaine ira de pair. Les deux intellectuels appelleront à une levée de l’embargo sur les armes en direction des mouvements séparatistes, présenteront leurs adversaires comme des fascistes ou des « Munichois » et brocarderont la « serbophilie » des institutions françaises. Ils populariseront l’image manichéenne de Croates et Musulmans bosniaques démocrates face au fascisme serbe. Pour cela, ils n’hésiteront pas à blanchir les références fascistes du camp qu’ils ont choisi de défendre. Ainsi, Bernard Henri Lévy oubliera consciencieusement le passé pro-nazi et milicien de M. Izetbegovic durant la Seconde Guerre mondiale, tout comme il oubliera ses appels en faveur d’une Bosnie peuplée des seuls musulmans. Il le présentera par contre comme le « De Gaulle bosniaque » et, avec Massoud, comme un modèle de « l’islam modéré ». Alain Finkielkraut pour sa part prendra la défense de l’ancien archevêque croate, Mgr Stepinac [7], malgré ses positions pro-nazis et son soutien au régime oustachi d’Ante Pavelic [8].

    Emir Kusturica avait pour sa part une approche totalement différente de la question. Né à Sarajevo en 1954 dans une famille bosniaque « musulmane », mais agnostique et titiste (son père travaillait au ministère de l’Information de Bosnie Herzégovine), il s’est toujours considéré comme Yougoslave. Il a dénoncé les nationalistes croates et slovènes séparatistes qu’il n’a pas hésité à présenter comme les descendants idéologiques des collaborateurs nazis. En plusieurs occasion, il a sous-entendu une responsabilité des puissances étrangères dans l’éclatement de son pays. Ainsi, en 1992, il écrivit dans Le Monde : « Europe, l’affrontement des musulmans de Bosnie et des Serbes de Bosnie n’est pas authentique, il a été fabriqué, il est apparu sur les décombres des empires déchus laissant derrière eux les cendre. Il est entretenu par les mouvements nationalistes dépourvus de toute raison, c’est TON incendie, c’est à TOI de l’éteindre. » [9]
    Cette vision ne pouvait pas plaire aux deux intellectuels français et ce d’autant plus qu’elle émanait d’un artiste reconnu internationalement et avait donc un certain écho. De même, les positions des deux hommes avaient ulcéré le réalisateur qui les avait pris violemment à partie. Après plusieurs passes d’armes, la polémique éclata véritablement avec l’attribution d’une seconde Palme d’Or [10] au film Underground, hommage mortuaire baroque et onirique à la défunte Yougoslavie. Le réalisateur fait terminer son film par ces mots « C’est avec peine, avec tristesse et joie que nous nous souviendrons de notre pays, lorsque nous raconterons à nos enfants des histoires qui commencent comme tous les contes de fées : il était une fois un pays... ».

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    Alain Finkielkraut en compagnie de l’ambassadeur de Croatie en France

    C’est Alain Finkielkraut qui réagira le premier à cette Palme d’Or dans Le Monde en accusant le jury du Festival d’avoir récompensé un propagandiste nationaliste pan-serbe [11]. Kusturica lui répondit bien plus tard, le 26 octobre 1995, dans le même quotidien pour parodier les excès du philosophe [12]. Peu après, Finkielkraut contre-attaquait, dans Libération cette fois. Obligé d’admettre qu’il n’avait pas vu le film avant d’en faire la critique dans Le Monde, il tentait de se justifier par une nécessité d’urgence : « Le collabo a ainsi empoché la palme du martyr : cette mystification insultante et stupide exigeait d’être dénoncée séance tenante. Ce que j’ai fait. » [13]. Ce que l’opinion retint de cette passe d’arme, c’était que Finkielkraut avait critiqué un film qu’il n’avait pas vu. Un film satirique fut même tourné en se fondant sur cette anecdote peu valorisante comme point de départ [14].
    Cet échange fit passer au second plan l’affrontement BHL-Kusturica. Plus subtil, Bernard Henri Lévy insista régulièrement dans ses Bloc-Notes sur le fait qu’il ne jugerait le film qu’après l’avoir vu tout en présentant régulièrement le réalisateur bosniaque comme un auteur fasciste [15]. Cette appréciation ne se démentit pas une fois le film visionné puisque alors il se mit à comparer Kusturica à Céline : un génie raciste [16].

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    Emir Kusturica

    Blessé par cette polémique, Emir Kusturica prétendra vouloir arrêter le cinéma, mais il reviendra trois ans plus tard à la réalisation avec Chat Noir, Chat blanc. Son retour sera marqué par une nouvelle attaque contre Bernard Henri Lévy puisqu’il affirmera que c’est après avoir vu le film Le Jour et la nuit, réalisé par son adversaire, qu’il s’était décidé à revenir au cinéma, ne pouvant pas laisser cet art à de tels incapables.

    Les rancœurs passées risquent fort de se réveiller à l’occasion de l’actuel festival de Cannes. Reste à savoir, si c’est le cas, quels réseaux médiatiques seront mobilisés.

    Les réseaux médiatiques

    Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut existent principalement grâce à leur capacité à se faire entendre dans les médias. Bien que philosophes de formation et se présentant comme tels, ni l’un ni l’autre ne sont étudiés dans les universités ou n’ont conçu des concepts philosophiques qui leur survivront. Leur légitimité vient de leur omniprésence médiatique et de leur capacité à mobiliser les médias autour de chacune de leurs prises de position, quel que soit le sujet.

    Toutefois, les réseaux médiatiques des deux hommes sont changeants et évoluent avec le temps. Il est difficile de savoir où chacun en est dans ses relations avec tel organe de presse, tel éditorialiste ou tel patron de groupe de presse.

    Les réseaux de Bernard Henri Lévy ont fait l’objet de plusieurs ouvrages récents qui ont permis de recenser ses amitiés et ses liens dans la presse. Parmi les livres sortis sur « le plus grand intellectuel français », c’est l’ouvrage de Jade Lindgaard et Xavier de La Porte, le B.A. BA du BHL [17], qui fournit les meilleurs informations sur ce point. Les auteurs analysent ce qui représente pour eux une illustration parfaite du bon usage des réseaux : l’écho fait autour de la sortie du film de BHL, Le jour et la nuit [18].

    Avant même sa sortie, le film donnera lieu à quantité d’articles et fera même la une de Paris Match [19], du Figaro Magazine [20], du Point [21] et de L’Évènement du Jeudi [22]. Jade Lindgaard et Xavier de La Porte notent qu’à l’époque BHL est lié à Roger Théron patron de Paris Match qu’il a défendu dans l’affaire des photos de Mitterrand sur son lit de mort et il est ami de Jean-Luc Lagardère (dont il prononcera l’éloge funèbre) qui possède alors en partie Paris Match. Les auteurs prétendent que les dirigeants de L’Évènement du jeudi auraient pu décider de donner un grand retentissement à la sortie du film afin de séduire le même Lagardère alors qu’ils espéraient une recapitalisation de leur hebdomadaire. Le journal fera sa « une » sur le film, présentera un carnet de tournage, une interview du réalisateur, une autre de Maurice Jarre, auteur de la Bande originale, et publiera un « Pour/Contre ».

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    Bernard Henri Levy
    réalisateur

    La partie « Pour » est assuré par Yann Moix, auteur Grasset (où M. Lévy est éditeur depuis 1973) qui fera par la suite part de ses carnet de tournage du film Podium dans la Revue la règle du jeu de BHL. En ce qui concerne Le Point, Lévy y est éditorialiste, il a co-scénarisé le film avec Jean-Paul Enthoven (conseiller à la direction de la rédaction de l’hebdomadaire) et le critique de cinéma du journal, Pierre Billard, a rédigé le dossier de presse du film.
    Ces « unes » s’accompagneront des carnets de voyage de Françoise Giroud dans Le Nouvel Observateur [23], du producteur Daniel Toscan du Plantier dans le Figaro Magazine [24], de l’animateur de Canal + Karl Zéro [25] dans le Journal du dimanche [26]. Quant à Bernard-Henri Lévy lui même il en publiera deux, dans L’Express [27] et dans Télé 7 jours. Ces deux journaux appartiennent au groupe Hachette de Jean-Luc Lagardère, lui même propriétaire des Éditions Grasset. À la télévision, le pilonnage fut également important [28]. La FNAC du milliardaire François Pinault, dont il est l’ami, sera co-producteur du film et fera une opération promotionnelle d’ordinaire réservée aux grands concerts sur les ventes de billets.
    Quand, à la sortie du film, les critiques seront, à l’instar du long métrage, très mauvaises, certains de ces amis parleront alors de « cabale » contre le réalisateur.

    Cette étude montre l’étendue des moyens déployables par Bernard Henri Lévy grâce à ses amitiés personnelles dans les milieux médiatiques ou politiques [29], à ses échanges de bons procédés (Le « Bloc Note » du Point est l’occasion de vanter ou d’attaquer le travail d’autres auteurs ou de journalistes) ou à sa position personnelle (Son poste d’éditeur chez Grasset qui lui permet d’éditer ou non certains journalistes ou écrivains [30], il est également membre du conseil de surveillance de la chaîne franco-allemande Arte). Toutefois, ces relations peuvent fluctuer. Néanmoins, on compte ces dernières années un certain nombre de journaux fidèles. Le Point, propriété de François Pinault, est le premier d’entre eux. Il a des liens historiques avec Grasset, BHL y écrit et depuis 1998. Le Monde est également un soutien de longue date, surtout depuis la reprise en main de 1994 par l’équipe Colombani-Plenel-Minc. L’auteur signera treize interventions entre 1998 et 2000 et, compte tenu de la place du quotidien auprès des élites française, il jouera un rôle essentiel dans le processus de re-légitimation de l’intellectuel après l’échec du Jour et la Nuit. Par ailleurs, Jean-Marie Colombani, animant l’émission La rumeur du Monde sur France Culture, et l’ancien directeur délégué, Edwy Plenel, Le Monde des idées sur la chaîne LCI, la proximité avec ce journal permet de disposer d’un grand écho auprès de l’intelligentsia. Bernard Henri Lévy profitera pleinement de ce dispositif lors de la sortie de son livre Qui a tué Daniel Pearl ? [31].

    Les réseaux d’Alain Finkielkraut, moins importants, n’ont pas suscités d’études récentes. Notons qu’il a fréquenté la Fondation Saint-Simon [32] et qu’il dispose d’une émission hebdomadaire sur France Culture, Répliques.
    Entre 1987 et 2003, Alain Finkielkraut a signé, souvent seul et parfois avec d’autres auteurs, 81 articles dans la presse nationale française [33]. Toutefois, aujourd’hui, il semble privilégier l’outil audio-visuel. Il n’a plus signé une seule tribune seul dans la presse depuis 2003, mais il est devenu un habitué des plateaux de télévision [34].

    Ces réseaux servent régulièrement aux deux hommes à valider les orientations et les politiques d’Israël et de Washington. Les deux auteurs participent donc à la diffusion des problématiques sionistes et atlantistes dans l’opinion publique française.

    Diffuser l’atlantisme

    Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut n’ont pas travaillé ensemble ailleurs que dans le création de l’Institut d’études lévinassiennes de Jérusalem, mais leurs interventions ou leur travaux concordent bien souvent.
    Les deux auteurs se sont tous deux illustrés dans la défense de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Il s’agit d’un thème récurrent chez Alain Finkielkraut qui a toujours légitimé les actions de Tsahal contre les populations palestiniennes [35]. Comme souvent, Bernard Henri Lévy s’est montré bien plus subtil que son collègue, mais l’optique défendue est à peu près la même. Il est parvenu à s’immiscer dans les célébrations qui ont entouré la signature de l’Initiative de Genève entre Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo pour en donner la lecture la plus favorable possible à Israël, prétendant que les Palestiniens avaient formellement reconnu leur renoncement au droit au retour alors que cette question est exposé de façon complexe et ménageant tout le monde sur huit pages dans l’accord signé.
    Concernant la guerre d’Irak, Alain Finkielkraut s’est prononcé fortement en faveur de cette guerre, brocardant « l’impuissance européenne » face au « dictateur Saddam Hussein ». Bernard Henri Lévy eut, là encore, une position plus ambiguë, se contredisant de Bloc-Note en Bloc-Note sur son soutien ou non au conflit pour finir par se déclarer opposé à cette guerre pour des raisons tactiques tout en minimisant le crime qu’elle représentait. Le 16 août 2002, Bernard Henri Lévy ne faisait pas dans la nuance : «  Attaquer Saddam Hussein ? Oui, bien sûr. Ce n’est pas ici que l’on défendra ce massacreur de Kurdes et de chiites, ce terroriste, ce mégalomane suicidaire, ce fou, ce Néron actionniste dont, en 1998 déjà, Massoud me confiait qu’il était en possession d’armes chimiques et bactériologiques massives auxquelles il ne manquait que des vecteurs fiables. Reste que cette attaque sera une tragique erreur si elle n’est précédée par deux opérations décisives. Une opération diplomatique, d’abord, assurant les États-Unis, comme avant la guerre du Golfe, de la neutralité, voire du soutien logistique et tactique, d’un ou plusieurs États arabes modérés. Une action proprement politique ensuite, renforçant, comme en Afghanistan, les opposants intérieurs à Saddam, la relève possible, l’alternative, bref l’équivalent irakien de cette Alliance du Nord sans qui l’ordre taliban régnerait toujours sur Kaboul. » [36]. Aucun mot n’était trop fort pour dénoncer l’Irak. Pourtant, cet appel à la guerre avait disparu deux mois plus tard : «  Je maintiens que l’Irak est un leurre. Je maintiens qu’en faisant la guerre à l’Irak l’Amérique se tromperait de cible. » [37], affirmer « je maintiens » dans ces conditions ne manque pas de piquant. Par la suite, l’auteur désigna la Guerre d’Irak comme une guerre « moralement juste », mais étant une « erreur politique » [38] et sa principale inquiétude sera la montée de l’antiaméricanisme que suscite cette guerre [39].
    En ce qui concerne les futurs aventures coloniales de l’administration Bush, notons qu’Alain Finkielkraut est membre du comité de soutien aux étudiants iraniens [40] et qu’il est signataire, avec Bernard Henri Lévy, d’un appel en faveur de la « Révolution du Cèdre » au Liban [41]. Les deux hommes avaient, auparavant, défendu la « révolution » orange en Ukraine

    Cependant les deux auteurs s’illustrent surtout dans la vulgarisation du « Choc des civilisations » pour la société française.
    Dans son livre Qui a tué Daniel Pearl ?, « romanquête » mêlant pseudo-enquête de terrain, commentaires « philosophiques » personnels et invention littéraire (il n’hésite pas à expliquer ce qui est passé par la tête de Daniel Pearl avant sa décapitation, faisant ainsi parler un mort), Bernard Henri Lévy livre une lecture essentialiste de l’islam. Il oppose un islam moderne et occidentalisé à un islam fondamentaliste menaçant, accréditant ainsi la thèse de la conspiration islamiste mondiale. Il affirme dans cette « enquête » que le journaliste du Wall Street Journal Daniel Pearl, assassiné en 2002 à Karachi, a été tué par les services secrets pakistanais car il aurait enquêté sur les liens entre l’ISI et Al Qaïda et une possible vente d’armes nucléaires du Pakistan à l’organisation de Ben Laden. Cette version des faits a été démentie par la rédaction du journal de Daniel Pearl et par le père du journaliste. En outre, bien des éléments factuels de l’enquête apparaissent au mieux comme douteux à la lecture de la contre-enquête que fit William Dalrymple dans la New York Review of Book [42]. Cela n’empêcha pas l’immense majorité de la presse française de rendre hommage à l’ouvrage et de le présenter comme une œuvre incontournable.
    Ce livre n’est pas une œuvre isolée, tout au long d’articles et d’éditoriaux, BHL s’efforce de présenter une opinion arabe regroupant des fanatiques et qu’il convient de vaincre militairement [43]. Plus grave encore, ce point de vue fut développé dans un rapport officiel commandé par le président de la République française Jacques Chirac et le Premier ministre de l’époque Lionel Jospin à l’intellectuel médiatique en février 2002. Selon un membre anonyme du cabinet d’Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères à l’époque, cité par Jade Lindgaard et Xavier de la Porte [44], ce rapport avait été demandé à l’auteur pour qu’il cesse de fustiger l’action de la France en Afghanistan. L’ex-membre du Quai d’Orsay confiait aux auteurs : « Il faut être en lien avec ce petit monde qui a un pouvoir de nuisance et d’agitation. Il faut faire attention, parce qu’il y a un penchant naturel de la presse pour ces discours. On est obligé de composer avec eux ». Ainsi, grâce à ses réseaux, M. Lévy se voyait confier la rédaction d’un document officiel et voyait conférer une légitimité supplémentaire à ses opinions.
    Par la suite, il s’illustrera dans les attaques contre l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Ce dernier sera taxé d’antisémitisme, de double langage voire de liens avec le financement d’Al Qaïda [45].

    De son côté, Alain Finkielkraut a été consulté par la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale lors de la table ronde sur la laïcité à l’école, organisée le 22 mai 2003. Partisan résolu de l’interdiction du voile dans les écoles, il prendra régulièrement position contre les Français d’origine arabe en France. Il déclarera ainsi que la France n’a pas participé à la Guerre d’Irak de l’administration Bush pour calmer cette frange de la population. Ce sont ces mêmes Français d’origine arabe qui se verront présenté comme la cause d’un « nouvel antisémitisme » [46] en France [47] voire d’un « racisme anti-blanc » [48], une expression autrefois réservé au seul Front national.

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    Bernard Henri Levy

    Illustration parfaite de cette optique défendue par les deux auteurs, l’hebdomadaire Le Point dans son dernier numéro (12 mai 2005) propose dans ses pages un débat dans lequel Alain Finkielkraut dénonce à nouveau le « nouvel antisémitisme » et le « racisme anti-blanc » des populations arabes françaises tandis que Bernard Henri Lévy dans son Bloc-Note dénonce la collusion du Pakistan et d’Al Qaïda [49].

    Faites vos jeux

    Dans la probable future cabale contre Emir Kusturica, nous ne savons pas qui dira quoi et quels seront les médias utilisés. Les jeux d’alliance du monde médiatique et culturel parisien sont par trop changeants pour se livrer à des pronostics. Toutefois, pour le citoyen, l’observation de ces alliances offre de précieux renseignements sur les prochaines campagnes médiatiques qui influenceront sans aucun doute bien plus sa vie qu’une querelle mondaine. C’est l’intérêt de l’observation de l’affrontement à venir.

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     Cédric Housez

    Spécialiste français en communication politique, rédacteur en chef de la rubrique « Tribunes et décryptages ».


    Les articles de cet auteur

     


     

    [1] Sur 30 articles recensés par l’ambassade de Croatie sur le soutien des intellectuels français à l’indépendance croate, Alain Finkielkraut est signataire ou co-signataire de 12.

    [2] Alain Finkielkraut, Comment peut-on être croate ? Gallimard, Paris, 1992. P. 51-52

    [3] M. Itzetbegovic, qui avait soutenu le reich nazi durant sa jeunesse, était curieusement devenu la coqueluche des israéliens. Il s’entoura alors de Richard Perle.

    [4] Le Lys et la cendre, journal d’un écrivain en temps de guerre en Bosnie, Grasset, 1996

    [5] Un jour dans la mort de Sarajevo, 1992

    [6] Bosna !, 1994

    [7] « Mgr Stepinac et les deux douleurs de l’Europe », Le Monde, 7 octobre 1998

    [8] « Jean-Paul II béatifiera prochainement le criminel contre l’humanité, Alojzije Stepinac », Note d’information du Réseau Voltaire, juin 1998

    [9] « Europe, ma ville flambe ! », Le Monde, 24 avril 1992.

    [10] Il a obtenu la première en 1985 pour le film Papa est en voyage d’affaire

    [11] « Ce que Kusturica a mis en musique et en images, c’est le discours même que tiennent les assassins pour convaincre et pour se convaincre qu’ils sont en état de légitime défense car ils ont affaire à un ennemi tout-puissant. Ce cinéaste dit de la démesure a donc capitalisé la souffrance de Sarajevo alors qu’il reprend intégralement à son compte l’argumentaire stéréotypé de ses affameurs et de ses assiégeants. Il a symbolisé la Bosnie suppliciée alors qu’il refuse de se dire Bosniaque et qu’il entre dans une sainte colère quand on ose traiter Slobodan Milosevic de fasciste ou les Serbes d’agresseurs.
    En récompensant Undergroud, le jury de Cannes a cru distinguer un créateur à l’imagination foisonnante. En fait, il a honoré un illustrateur servile et tape-à-l’oeil de clichés criminels ; il a porté aux nues la version rock, postmoderne, décoiffante, branchée, américanisée, et tournée à Belgrade, de la propagande serbe la plus radoteuse et la plus mensongère. Le diable lui-même n’aurait pu concevoir un aussi cruel outrage à la Bosnie, ni un épilogue aussi grotesque à la frivolité et à l’incompétence occidentales.
     » ; Alain Finkielkraut, « L’imposture Kusturica », Le Monde, 02 juin 1995

    [12] « Mon imposture », Le Monde, 26 octobre 1995

    [13] « La propagande onirique d’Émir Kusturica », Libération, 30 octobre 1995

    [14] « Rien sur Robert », de Pascal Bonitzer, 1999 avec Patrice Luchini, Sandrine Kiberlain et Michel Piccoli

    [15] Le Point, Bloc Note du 10 juin 1995 et du 21 octobre 1995.

    [16] Le Point, Bloc Note du 4 novembre 1995.

    [17] Édition La Découverte, 2004

    [18] « Le cas d’école du film de BHL, le jour et la nuit », op. cité, p. 92.

    [19] 30 janvier-5 février 1997

    [20] 1er-7 février 1997

    [21] 1er-7 février 1997

    [22] 13-19 février 1997

    [23] 20 juin 1996

    [24] 1er février 1996

    [25] Par ailleurs acteur dans le film

    [26] 15 février 1996

    [27] 13 février 1996

    [28] Alain Delon (acteur principal du film) est le 2 février 1996 à l’émission 7/7 de TF1. Le 9 février, Bernard-Henri Lévy est l’invité du 19/20 de France 3. Quelques minutes plus tard, Arielle Dombasle (actrice principale du film et compagne du réalisateur) est sur France 2 dans Déjà le retour. Le mardi 11, Bernard-Henri Lévy est l’invité de Nulle part ailleurs sur Canal +. Le même soir, Arielle Dombasle participe sur France 2 au Cercle de minuit. Le lendemain matin, Bernard-Henri Lévy est, sur France Inter avant d’être, quelques jours plus tard à nouveau sur France 3 dans l’émission Ligne de mire.

    [29] La constitution de réseaux peut commencer tôt. Dès ses études préparatoires au concours de l’École Normale Supérieure à Louis-le-Grand, il a pour camarade de classe Alexandre Adler (chroniqueur à France Culture et au Figaro), Olivier Cohen (directeur d’édition au Seuil), Roger-Pol Droit (journaliste au monde), Jean-Marie Guéhenno (secrétaire général adjoint des Nations Unies). À la même époque, il rencontre Alain Minc qui est en Math’ sup dans le même établissement.

    [30] Parmi les auteurs publiés, on compte Nicolas Sarkozy qui a publié une biographie de George Mandel dans la prestigieuse maison

    [31] Bernard-Henri Lévy faisait la une du Monde des livres le 25 avril 2004, puis était l’invité le lendemain de La rumeur du Monde à 12 h 45 sur France Culture et du Monde des idées à 17 h 10 sur LCI

    [32] cf. La face cachée de la Fondation Saint-Simon, par Denis Boneau, Voltaire, 10 février 2004

    [33] Ce décompte a été fait par Mathias Reymond, « Les prédications d’Alain Finkielkraut (2) : « Mes opinions sur papier journal » », Acrimed, 12 janvier 2005. L’article recense 61 articles dans Le Monde, 11 dans Libération, 5 dans Le Figaro, 2 dans Le Point, un dans La Croix et un dans L’Express.

    [34] Il est invité régulier de Serge Moati, pour l’émission Ripostes (2 novembre 2003, 30 mai 2004, 7 novembre 2004 et 19 décembre 2004), de Guillaume Durand pour l’émission Campus (12 octobre 2003 et 14 octobre 2004), de Franz-Olivier Giesbert dans Cultures et dépendances (13 mars 2002, 10 septembre 2003, 10 décembre 2003, 4 mai 2005). Source Acrimed, article cité, réactualisé par nous

    [35] « Israël n’avait pas d’autre choix que de tenter de juguler lui-même le terrorisme. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de solution militaire qu’une réaction militaire est frappée d’illégitimité. [...] On ne peut à la fois terrifier les gens et leur demander d’obéir scrupuleusement aux conventions de Genève » La Croix, (17 avril 2002)

    [36] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 16 août 2002

    [37] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 25 octobre 2002 (il ne s’agit pas d’une citation hors contexte, ceux qui connaissent le style décousu des Bloc-Note de BHL dans Le Point savent qu’il lui arrive de mettre une idée de ce type entre deux pensées sur d’autres sujets n’ayant rien à voir. Le passage que nous citons, ne s’appuie sur aucun autre raisonnement, contrairement à sa justification de la guerre en août).

    [38] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 14 février 2003

    [39] « Chirac et Villepin auront-ils le courage de désavouer l’antiaméricanisme qui déferle ?, Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 18 avril 2003

    [40] Les bonnes raisons d’intervenir en Iran, Voltaire, 12 février 2004

    [41] « Vive la Révolution du Cèdre », Le Figaro, 14 mars 2005, traité dans Tribunes Libres Internationales, Voltaire, 15 mars 2005

    [42] « Murder in Karachi », 4 décembre 2003. Ce texte a été traduit en Français par le Monde diplomatique dans le cadre d’un dossier contestant les thèses de l’auteur : « « Romanquête » ou mauvaise enquête », dossier réalisé sous la direction de Serge Halimi, 11 décembre 2003.

    [43] « Les talibans n’ont pas été seulement vaincus. Ils l’ont été sans combattre. Ils l’ont été piteusement, sans même un baroud d’honneur. Et l’image de ces combattants défaits, que, de Damas à Tunis, la rue arabe avait auréolés de tous les prestiges, l’image de ces Saladins qui étaient censés mettre l’Amérique à genoux et qui, au premier coup de feu, ont détalé comme des poulets, n’a pu que stupéfier ceux qui se reconnaissaient en eux. », tiré de Ce que nous avons appris depuis le 11 septembre, par Bernard-Henri Lévy, Le Monde, 21 décembre 2001.

    [44] Le B.A. BA du BHL, op. cité, p. 119

    [45] « L’autre visage de Tariq Ramadan », Le Monde, 1er novembre 2003. Traité dans Tribunes Libres Internationales n°223, 3 novembre 2003.

    [46] cf. « Daniel Pipes, expert de la haine », Voltaire, 5 mai 2004

    [47] « Ce ne sont pas seulement des voyous déstructurés qui transposent le conflit du Moyen-Orient en France : l’élite est, une nouvelle fois, au diapason de la racaille. », Alain Finkielkraut, L’Arche, mai-juin 2002

    [48] C’est la thèse qu’il soutenait face à Tariq Ramadan dans l’émission de télévision Culture et dépendance sur France 3 le 4 mai 2005.

    [49] Chose rare, cet éditorial a été repris le lendemain par le Los Angeles Times : « Pakistan’s Chips in a Shady Game », Los Angeles Times, 13 mai 2005.

     

     

    http://www.voltairenet.org/article17043.html#article17043


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